Carole Vermette

La passion de lire à transmettre

Elle dévore des romans. Elle est retraitée du milieu de l'éducation. Elle aime les enfants. Pour Carole Vermette, la lecture, c'est bien plus que l'action de lire, c'est le développement, l'enrichissement et le divertissement. C'est pourquoi elle a mis sur pied le projet chocolecture à l'école primaire Jacques-Buteux, à La Tuque, il y a déjà 7 ans.
Carole Vermette a adopté la lecture dès son plus jeune âge. Elle se souvient même de certains livres de Tintin qu'elle lisait en première année. Elle est passionnée, mais elle était loin de se douter que son projet connaîtrait un succès semblable lorsqu'elle l'a mis sur pied.
«Je suis à ma deuxième année de retraite et j'ai quand même décidé de continuer chocolecture. C'est mon bébé! Ce projet-là me tient vraiment à coeur», lançait d'entrée de jeu Mme Vermette.
La structure est simple, comme quoi, il n'est pas obligatoire de faire compliqué pour avoir du succès. Une fois par semaine, le mercredi, les élèves de tous les niveaux qui le désirent, parce qu'il s'agit d'une activité volontaire à la fin des classes, se réunissent à la bibliothèque de l'école pour faire de la lecture. «C'est très informel. Ils entrent, ils s'assoient et ils lisent. Je n'ai aucune discipline à faire. Bien sûr, je leur sers un chocolat chaud», explique-t-elle.
Sur place, on est à même de constater que le chocolat chaud est presque devenu secondaire au rendez-vous chocolecture tellement les jeunes sont absorbés par leur lecture. La boisson, garnie de guimauves, devient donc un petit ajout pour faire plaisir aux jeunes. «C'est bon qu'ils disent, mais de temps à autre, ils sont tellement plongés dans leur lecture, qu'ils oublient le chocolat chaud. La lecture ce n'est pas une corvée», se plaît à dire Mme Vermette.
Après la séance, le groupe, qu'ils soient formés de 20, 30 ou même 50 enfants, échange volontairement sur les lectures avec celle qui dirige bénévolement l'activité depuis plusieurs années. «On va, entre autres, regarder s'il y a des mots nouveaux et leur signification. On se donne des trucs, parce que les enfants aussi développent des trucs. C'est aussi simple que ça», souligne-t-elle.
La lecture a des répercussions dans toutes les matières, selon notre Tête d'affiche. Elle soutient que ça donne plus de vocabulaire aux jeunes, que ça en aide certains au niveau de la compréhension, et que ça améliore leur fluidité, c'est-à-dire la vitesse de lecture.
«J'aime lire et je trouvais que les enfants avaient beaucoup de difficulté en lecture. Ça se propage dans toutes les matières. Si tu as de la difficulté en lecture, tu as de la difficulté en mathématiques, en science, parce que tu ne comprends pas tes questions. Pour moi, la lecture c'est la base fondamentale de toutes les matières. Ce n'est pas juste pour transmettre ma passion», affirme Carole Vermette.
Même si l'enseignante à la retraite avoue être une fervente amatrice de roman fantastique, comme en témoigne sa bibliothèque remplie de dizaines de livres, les enfants peuvent lire ce que bon leur semble. «Ils vont dans plusieurs sphères de lecture. J'ai même des jeunes qui lisent du documentaire, mais en général, c'est du merveilleux et du fantastique. Ils ont besoin de ça. Il y a des enfants qui ont beaucoup de problèmes et ça stimule leur imagination. Ils se créent des univers et ça développe leur créativité», affirme Mme Vermette.
Au-delà de tous ces aspects, le projet de chocolecture permet aux jeunes de pouvoir se détendre et de passer du bon temps.
«Je dis toujours à mes jeunes lecteurs que lire, c'est de ne jamais être seul, parce que les enfants aujourd'hui vivent beaucoup d'isolement. Il y en a beaucoup qui viennent parce qu'ils n'ont pas de coin tranquille à la maison. Ils disent qu'ils ont la paix ici», a fait savoir l'enseignante à la retraite.
Enfin, l'instigatrice du projet ne manque pas d'imagination pour plaire aux jeunes lecteurs et les divertir lors des occasions spéciales.
«À l'Halloween par exemple, on lit à la noirceur avec des lampes de poche ou des lampes frontales».