Jonathan Desbiens est un passionné de l'image. Il fait son chemin dans le domaine de la réalisation de publicité et de vidéoclips.

La passion de l'image, pour Jonathan Desbiens

Cette fin de semaine, Jonathan Desbiens est à Toronto pour le tournage d'un vidéoclip pour le groupe américain Deftones. Il y avait fait un aller-retour jeudi pour du repérage de lieux, entre le tournage et le montage d'une publicité de voiture à Montréal. Jonathan Desbiens a 24 ans et trace son chemin dans le monde de la réalisation.
«C'est un jeu pour moi. Quand j'étais petit, je jouais aux Lego. Là, je transpose ce jeu de Lego version adulte! Je construis des mondes. J'ai toujours eu cette motivation à créer», commence le jeune homme originaire de Shawinigan-Sud pour décrire son cheminement.
À peine un an après l'obtention de son baccalauréat en arts plastiques de l'UQTR, Jonathan Desbiens peut inscrire dans son curriculum vitae la réalisation de publicités pour Ford, Bell et la Régie du cinéma, ainsi que la signature de deux clips pour The New Cities et celui du duo de Marie-Mai et David Usher. Entre autres.
Mais quand on mentionne son bacc en arts plastiques, ce n'est pas pour nommer la formation qui lui a enseigné son métier dans ses aspects techniques. Il l'a davantage choisie pour y puiser des références théoriques et de la profondeur qu'il pourrait intégrer à son approche de l'image.
Même principe avec son diplôme d'études collégiales en Communications, arts et littérature au Collège Laflèche.
«Au départ, je voulais étudier en Arts et technologies des médias à Jonquière, pour la technique. Mais le programme du collège Laflèche avec la littérature et tout, était plus théorique, amenait plus de réflexion dans la recherche du contenu et de la forme», raconte celui qui avait déjà découvert au secondaire sa passion pour la vidéo. Pour l'image.
«J'ai toujours voulu faire du cinéma, du clip. En fait, peut importe le médium, pourvu qu'on me voit. Mes études ont donné de la matière et de la profondeur à ce que je fais», analyse-t-il.
Comme pour l'étape collégiale, son choix d'études universitaires a emprunté un détour qu'il juge bénéfique, avec le recul. Refusé au programme de cinéma de l'Université Concordia, le jeune homme a hésité, comme plan B, entre la philosophie et les arts plastiques, toujours avec l'idée de développer ses ambitions reliées à l'image.
Après son refus à Concordia, il s'est procuré la caméra avec laquelle il a commencé à tourner des clips pour des groupes de la région dont CloseDown et Aksys. Par la suite, il a aussi réalisé les deux premiers clips des New Cities (Dead End Countdown et Leaders of the Misled) - et a consacré son lundi dernier au tournage du quatrième du groupe.
La pub et les clips
«À l'université, j'ai fait des clips pour des bands locaux, mais aussi de Montréal et de Toronto. Mon nom a commencé à circuler et une petite boîte de production m'a approché», relate Jonathan Desbiens en évoquant ses débuts dans le monde professionnel.
La publicité est un des véhicules permettant aux réalisateurs de faire leurs classes - et de payer leurs factures. Présentement, le Mauricien d'origine travaille notamment avec l'agence 401 qui compte de grosses entreprises comme Bell et Ford parmi ses clients.
À travers ses contrats de publicités, le jeune créateur explore aussi la combinaison de ses passions pour l'image et la musique. «Je suis un passionné de musique. Je trippe avec les artistes. Le clip, c'est plus basé sur l'émotion que sur une sorte de travail qu'on fait pour gagner sa vie», observe-t-il.
Le concept de l'octroi de contrats en publicité passe par l'exercice du «pitch». Les compagnies de production soumettent une approche de concrétisation du concept développé par l'agence et son client. Le contrat de réalisation est octroyé à l'équipe qui aura séduit par la présentation de son idée.
Le principe est un peu le même pour les clips, mais plus «vorace», selon l'expression de Jonathan Desbiens. Le réalisateur intéressé à prendre la direction d'un projet de vidéoclip doit aussi soumettre son idée sur papier.
Et si la plupart du temps, en publicité, le nombre de soumissions est limité, dans le domaine du clip, il est beaucoup plus flexible. Jonathan Desbiens estime à 25 le nombre de propositions soumises à Deftones pour le tournage de son vidéo.
De plus en plus gros
Si ses premiers clips étaient montés dans son sous-sol, on peut dire que les moyens de production qui soutiennent la créativité de Jonathan Desbiens deviennent de plus en plus imposants.
Pour le clip des Deftones tourné ce week-end, le réalisateur aura été appuyé par au moins sept professionnels reliés à différents aspects de la coordination de la production. En comptant les équipes les secondant, le réalisateur estime à une trentaine le nombre de personnes impliquées dans le tournage.
Le futur
Jonathan Desbiens constate quotidiennement sa relative jeunesse dans le milieu où il évolue. Il semble apprécier les opportunités professionnelles trouvées sur son chemin jusqu'à présent.
Il souhaite continuer à tourner des vidéoclips. Si on lui offrait un projet avec budget et ressources illimités, c'est avec Lady Gaga qu'il aimerait travailler. Même si la star propose un produit des plus commerciaux, Jonathan Desbiens s'identifie au but de la chanteuse d'«atteindre le plus de monde possible avec le plus d'intégrité artistique possible».
Outre les cartes de visite constituées par chaque réalisation qu'il signe, le réalisateur peut aussi compter sur deux agents pour trouver les projets intéressants et tenter d'en obtenir la réalisation.
Un de ces agents est à Toronto et l'autre à Los Angeles, où le jeune créateur s'est déjà rendu pour le travail. Même si son ambition foisonne, Los Angeles n'est pas la destination ultime où il souhaite atterrir professionnellement.
«C'est important de conserver mes racines. Je suis fier d'où je viens», affirme celui qui désire aussi faire du cinéma. À sa façon, comme tout ce qu'il a accompli jusqu'à maintenant.
«J'ai 24 ans, je suis un bébé là-dedans. Je reste une personne un peu naïve dans tout ce monde. Je demeure à Saint-Hyacinthe et non à Montréal, ce qui étonne bien des gens! C'est cliché, mais je crois qu'il faut toujours faire les choses à sa manière. Moi, je me considère comme un artiste. Je suis un réalisateur qui se voit comme un artiste», conclut-il.