Tourisme Mauricie dévoilait son nouveau positionnement hier après-midi, à Shawinigan. De gauche à droite: Anne-Marie Boissonneault et Steve Derome, respectivement présidente et conseiller en développement des affaires et commercialisation chez YQB Média, en compagnie de Benoit Gauthier, président de Tourisme Mauricie.

La Mauricie veut séduire le Québec

La Mauricie compte séduire le reste du Québec en se présentant dorénavant comme l'aguichante et mystérieuse belle d'à côté pour améliorer sa cinquième place comme destination touristique intraprovinciale.
Ce nouveau positionnement a été présenté mardi après-midi à la Shop du Trou du diable, en présence de plusieurs intervenants des quatre coins de la région.
«La Mauricie, la belle d'à côté» se déclinera sous plusieurs formules. Cette identité remplacera une signature voisine, «Si près, si vrai», avec un peu plus de chaleur et de familiarité dans les expressions qui accompagneront le thème.
Par exemple, on verra la belle d'à côté qui «pète de la broue», qui «joue avec le feu», qui «sacre son camp», qui est «dans de beaux draps» ou qui «rêve en couleurs», selon l'ambiance recherchée.
L'idée centrale consiste encore à vendre la Mauricie comme une région accessible aux multiples décors, sans les embouteillages qui font rager les automobilistes. Anne-Marie Boissonneault, présidente de la firme YQB Média à l'origine de ce positionnement, considère que la région peut très bien répondre à la tendance observée chez les Québécois depuis quelques années.
«De plus en plus, cette clientèle touristique a besoin d'évasion de deux ou trois nuitées», explique-t-elle. «Dans ce cas, les gens préfèrent la proximité, en autant qu'elle ait quelque chose à offrir. Par exemple, il y a des choses pires que de passer un week-end au lac Sacacomie, ou sur la rue des Forges en plein été!»
Mme Boissonneault mentionne que la stratégie vise particulièrement les amants de découvertes et les passionnés de plein air. Dans les deux cas, l'offre demeure abondante au Québec, sauf que l'avantage de la proximité joue en faveur de la région, puisque les gens peuvent se décider à la toute dernière minute.
Anaïs Laurent, directrice marketing chez Tourisme Mauricie, précise que selon une étude réalisée en 2013, la Mauricie a été identifiée comme une région de court séjour, peu importe la saison. Par exemple, en été, 43 % des Québécois la fréquentent pour une escapade de trois nuitées et moins, alors que 21 % y séjourneront pour des périodes plus longues. Selon la même étude de marché, la Mauricie était choisie pour sa facilité d'accès et la beauté de ses paysages.
Fortes retombées
Benoit Gauthier, président de Tourisme Mauricie, fait remarquer que depuis cinq ans, la région a augmenté de 55 % son nombre de visiteurs et de 52 % ses dépenses touristiques. Les retombées économiques annuelles de cette industrie s'établissent à 416 millions $ et un peu plus de 7000 emplois directs et indirects en dépendent.
Des centaines de milliers de dollars ont été investis en promotion depuis une dizaine d'années pour revigorer l'industrie touristique. Depuis 2009, le nombre de visites annuelles sur le site Web de Tourisme Mauricie est passé de 130 000 à 370 000. Une nouvelle plateforme sera lancée en juin, avec la belle d'à côté bien en évidence.
Malgré cette évolution encourageante, Mme Boissonneault convient que le défi de faire associer une image instantanée de la Mauricie au reste du Québec demeure entier.
«Ce n'est peut-être pas encore aussi clair qu'au Saguenay, par exemple, où les gens pensent tout de suite aux bleuets, au lac et au fjord», reconnaît-elle. «Mais la Mauricie, c'est vaste. Il y a une offre urbaine, une offre campagne, il y a le fleuve, la culture...»
«C'est la beauté du concept, car en frappant l'imaginaire avec des expressions purement québécoises, ça va créer une image mentale de la belle d'à côté, qui ramène la fibre authentique de ce qu'est la Mauricie. Nous l'avons juste habillée d'une façon qui, je pense, va rester dans la tête des gens.»
André Nollet, directeur général de Tourisme Mauricie, estime que ce nouveau positionnement s'étendra sur une période de trois à cinq ans. Il croit possible de faire croître les retombées économiques en tourisme de 10 % dans la région au cours de cette période avec cette identité remodelée.
«Les publicités de Trois-Rivières, de Shawinigan sont faites sur exactement le même concept, avec la belle d'à côté», se réjouit M. Nollet. «C'est la première fois qu'on arrive à marier tous les produits dans le même concept publicitaire. D'ici novembre, on souhaite que d'autres membres l'utiliseront.»