Jimmy Hunt présentera son deuxième album Maladie d'amour, ce samedi 18 janvier à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture à 20 h.

La liberté créatrice de Jimmy Hunt

Trois ans presque jour pour jour après son premier passage à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture pour présenter son premier album, l'auteur-compositeur-interprète Jimmy Hunt remet ça samedi pour livrer son deuxième, Maladie d'amour, paru en octobre.
Originaire de la rive sud de Québec et Montréalais depuis 2000, ce musicien autodidacte au profil un peu bohème a entre autres développé son art en jouant dans les rues de la Vieille capitale et dans le métro de Montréal. Souhaitant élargir ses horizons jusqu'alors solo, c'est avec le groupe Chocolat qu'il a enregistré un premier album, Piano élégant, en 2008.
Puis un disque solo est né en octobre 2011, méritant à son auteur des nominations au gala de l'Adisq dans les catégories Album de l'année - Folk contemporain et Révélation de l'année. L'album éponyme et son créateur se sont aussi distingués comme lauréats au GAMIQ (Gala alternatif de la musique indépendante du Québec) dans les volets Auteur-compositeur de l'année et Album Chanson de l'année.
Après avoir proposé des dizaines et des dizaines de spectacles de Port-Cartier à Ottawa en passant notamment par Gaspé, Tadoussac, Sherbrooke, Dolbeau, Métabetchouan, Rouyn-Noranda, Paris, Nantes et Spa, Jimmy Hunt a offert un deuxième opus cet automne. S'écartant légèrement de la formule du premier, influencé par le folk américain et la chanson française, le second album explore des voies plus électroniques.
«L'album est différent dans la structure des chansons, dans la façon dont je l'ai composé. Quand on compose des thèmes à partir de claviers et non à partir d'une guitare, on tombe dans d'autres ranges musicaux, ça nous amène ailleurs», explique l'artiste multi-instrumentiste qui avait l'habitude de laisser sa guitare inspirer ses compositions.
«Pour cet album-là, je voulais laisser plus de place à la musique», ajoute-t-il en parlant de sa démarche d'exploration sonore. L'artiste et ses complices ont construit les chansons à partir de loops (des thèmes en boucle) sur lesquels se sont greffés des rythmes et tous les autres éléments qui ont abouti aux 14 titres du disque réalisé par Emmanuel Éthier.
«Avec cette façon de construire, on sortait du médium chanson. Le format chanson avec refrain-couplet est limitatif au niveau de la création. Je voulais ouvrir plus grand, développer le côté musical», résume celui qui joue aussi de la guitare, de la basse, du piano et de la batterie sur son album.
De cette approche émane un agréable mélange d'atmosphères et de textures évoquant parfois les effluves planantes des années 1960 et 1970, tout en demeurant tout à fait contemporain. La recherche musicale semi-électronique semi-acoustique de Jimmy Hunt demeure accessible malgré le côté non formaté de ses chansons.
Dans le processus de création privilégié par l'artiste, les textes sont venus se greffer comme des compléments à la musique. «Les textes étaient très courts. Je voulais éviter de faire un texte pour faire un texte. Le défi est d'arriver à transporter l'auditeur avec si peu de mots. Je veux que les mots suggèrent des images, un climat», analyse le trentenaire.
Cette économie de mots s'illustre par exemple dans la chanson Nos corps, qui ne fait que répéter: «Nos corps tombent toujours au même endroit» et «Nos corps tombent toujours peu importe d'où on se lance».
Sur scène, le chanteur-claviériste-guitariste s'entoure de trois musiciens, soit Emmanuel Éthier à la guitare, José Major à la batterie et aux séquenceurs et Maxime Castellon à la basse.
Le quatuor ne peut reproduire telle quelle la facture des pièces de l'album, ce qui n'est pas un obstacle pour Jimmy Hunt.
«On garde l'essentiel des chansons et on les amène dans une version live. On va chercherune énergie plus rock, on amène un côté plus abrasif», décrit l'artiste qui dit avoir hâte au spectacle de samedi, marquant un retour sur scène après la pause des Fêtes.