La petite Julianne et son papa, Michel Doucet, comptent parmi les centaines de personnes qui sont allées se faire vacciner, jeudi, à Shawinigan.

La grippe H1N1 suscite des craintes

La dernière clinique de vaccination tenue jeudi par le CSSS de l'Énergie à Shawinigan a attiré quelque 500 personnes, comparativement à 200, l'an dernier. «C'est clair que c'est lié à la H1N1» et aux décès occasionnés par ce virus de la grippe en Alberta et en Ontario au cours des derniers jours, reconnaît la porte-parole du CSSS, Lucie Lemire.
Ces événements ont visiblement suscité des craintes et des interrogations dans la population.
Le CSSS de l'Énergie a d'ailleurs aussi reçu un nombre anormalement élevé d'appels, indique Mme Lemire, provenant de personnes déjà vaccinées qui voulaient savoir si leur vaccin contenait la souche H1N1. Pas moins de 20 appels à ce sujet ont été logés mercredi au CSSS de l'Énergie et 40 mardi. Il a fallu mettre une personne spécialement pour répondre à ces appels, indique-t-elle.
Or, les vaccins contre la grippe saisonnière contiennent bel et bien la souche du H1N1 depuis 2009, précise le Dr Fernand Guillemette, médecin-conseil à l'Agence de santé et de services sociaux (ASSS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Le vaccin de cette année contient en fait les souches (A) H1N1, (A) H3N2 ainsi qu'une souche B, dit-il.
Rappelons que le CSSS de Trois-Rivières tiendra lui aussi une dernière clinique sans rendez-vous au Centre Saint-Joseph de la rue Sainte-Julie, le 14 janvier.
La responsable des communications, Audrey-Ann Milot, croit qu'il est possible qu'il y ait plus de personnes que d'habitude à cause des informations qui circulent dans les médias. Mais il n'est pas prévu d'ajouter d'autres cliniques sans rendez-vous, dit-elle. Mme Milot indique qu'un nombre plus grand de personnes s'étaient présentées à la clinique de vaccination massive d'automne, soit 1331 personnes comparativement à 1081 personnes en 2012.
Au terme des cliniques sans rendez-vous, les gens vont pouvoir continuer à se faire vacciner, mais sur rendez-vous seulement partout dans la région.
L'Agence de santé ne pouvait dire, jeudi, combien de doses de vaccins ont été administrées dans l'ensemble de la région, jusqu'à présent, puisque les vaccins se donnent dans les CSSS, les cliniques médicales et même dans quelques pharmacies. «On n'aura pas l'analyse finale avant le mois de mai», indique le Dr Guillemette.
L'ASSS a quand même une bonne idée de l'impact de la grippe saisonnière dans la région grâce à la ligne 811 d'Info-Santé et aux présences dans les salles d'urgences. «Ces choses-là sont prises en compte pour calculer un indice d'activité grippale», explique le Dr Guillemette. Pour l'instant, les urgences de la région ne sont pas prises d'assaut par les cas de grippe, dit-il.
«Ça ne semble pas trop aigu dans la région, mais on sait que ça va augmenter», prévoit le Dr Guillemette.
Selon lui, il est possible de recevoir le vaccin tant que la grippe n'a pas atteint son apogée dans la région. Il faut calculer environ deux semaines entre la prise du vaccin et le moment où il offre sa protection, «je dirais, faites-vous vacciner jusqu'au pic», car les bénéfices sont moins clairs par la suite, dit-il.
Dans la région, c'est à la fin janvier, début février que la grippe pourrait frapper le plus fort. Même si ça paraît tard pour se faire vacciner, le Dr Guillemette signale que les virus de grippe de type B se manifestent souvent au printemps.
Depuis 2009, le principal virus de la grippe était le H3N2. Cette année, c'est la fameuse grippe (A) H1N1 qui domine au Québec.
L'arrivée de ce tout nouveau virus, en 2009, avait créé une panique mondiale. Aujourd'hui, le H1N1 est devenu un virus de la grippe comme les autres. «C'était nouveau», fait valoir le Dr Guillemette.
«L'information qu'on avait eue initialement du Mexique, c'est qu'il y avait eu plusieurs décès. C'est clair que ça a été une grosse affaire. Malgré tout, il ne faut pas nier que s'il n'y a pas eu autant de décès qu'on appréhendait - et c'est tant mieux - il y a quand même eu de jeunes personnes admises aux soins intensifs sous respirateur. Ce n'était pas une grippe tout à fait banale quand même», fait-il valoir.
Bien que les symptômes de la H1N1 soient plus sévères chez les enfants de moins d'un an, les autorités sanitaires ont remarqué qu'en Alberta, cette année, plusieurs adultes d'âge moyen ont été plus malades et ont même été hospitalisés aux soins intensifs, indique le Dr Guillemette.
Combien de cas de H1N1 y a-t-il eu en Mauricie jusqu'à présent? Voilà une question à laquelle l'ASSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec n'a pas vraiment de réponse non plus. C'est que la H1N1 n'est pas une maladie à déclaration obligatoire. Lorsque des tests sont demandés, ils sont réalisés soit à l'Institut national de santé publique ou à Winnipeg.
Le Dr Guillemette peut néanmoins confirmer qu'il y a eu des cas de H1N1 dans la région «parce qu'il y a toujours des tests qui se font dans des groupes sentinelles. Nos dernières données datent de deux semaines», précise-t-il. Elles révélaient alors qu'il y avait eu sept cas de virus de type A et deux de type B parmi les personnes qui ont été testées. D'autres données sont attendues d'une journée à l'autre, mais elles seront aussi en retard sur la réalité, précise le médecin-conseil. Ce bilan-là aussi arrivera donc plus tard.
Quoi qu'il en soit, si la grippe frappe, il vaut mieux se soigner bien confortablement à la maison. Si ça ne va pas, il faut avant tout contacter Info-Santé au 811.
Pour obtenir le vaccin
CSSS de Trois-Rivières
Sans rendez-vous, le 14 janvier, de 9 h à 20 h Centre Saint-Joseph, 731, rue Sainte-Julie.
CSSS de la Vallée-de-la-Batiscan
Sur rendez-vous Mékinac: 418 365-7212 Des Chenaux: 418 362-2744
CSSS Bécancour-Nicolet-Yamaska
Sur rendez-vous au 819 293-2071, option 4
CSSS de Maskinongé
Sur rendez-vous au 819 228-2731 poste 3190
CSSS du Haut-Saint-Maurice
Sur rendez-vous au 819 523-4581 poste 2147
CSSS de l'Énergie
Sur rendez-vous au 819 539-8371 poste 8510