Selon la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP), l'inspecteur de chantier Denis Trépanier aurait été congédié parce que sa rigueur professionnelle le faisait pencher davantage du côté des victimes que du côté des entrepreneurs.

La Garantie des maisons neuves congédie son inspecteur

Nouveau rebondissement dans le dossier de la pyrrhotite: la Garantie des maisons neuves, sous la tutelle de la firme Raymond-Chabot-Grant-Thornton, aurait congédié son inspecteur de chantier, Denis Trépanier, car, selon la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP), la rigueur professionnelle de ce dernier penchait davantage du côté des victimes que du côté des entrepreneurs.
Il semble que M. Trépanier générait des conflits avec d'autres inspecteurs de chantier et certains entrepreneurs. «C'est certain que lorsque tu as une attitude pro-bénéficiaire, les entrepreneurs n'aiment pas ça, croit Yvon Boivin, porte-parole de la CAVP. Nous trouvons cette situation inacceptable et inappropriée. Nous sommes extrêmement déçus par ce congédiement qui ramène un climat de méfiance sur les chantiers. C'est peut-être vrai que M. Trépanier générait une certaine tension, car il voulait que les réparations soient bien faites, malgré les coûts supplémentaires engendrés pour les entrepreneurs et la Garantie des maisons neuves.»
C'est à la demande de la CAVP que la firme d'avocats avait engagé un superviseur de chantier, ingénieur de formation, pour s'assurer que les victimes de la pyrrhotite en aient pour leur argent. M. Trépanier avait alors été chargé d'assumer ces fonctions. «M. Trépanier a toujours été très rigoureux, très attentionné, très axé sur le service à la clientèle, souligne M. Boivin. Cet inspecteur possédait une attitude professionnelle sans faille et un respect sans borne pour les normes dans le domaine de la construction. Pour la première fois, on sentait sur les chantiers que tout allait bien et que les victimes étaient appuyées par quelqu'un possédant une forte stature.»
Toujours selon la CAVP, Raymond-Chabot-Grant-Thornton a joué une bien mauvaise carte en remerciant son inspecteur. «On remet la firme sous surveillance, avertit M. Boivin. Notre représentant sur les chantiers va surveiller de très près ce qui s'y passe et nous dénoncerons sans répit les problèmes que nous allons y constater. Nous ne comprenons pas qu'on tasse quelqu'un alors que tout allait bien.»
Les demandes de la CAVP sont claires: soit Raymond-Chabot-Grant-Thornton réintègre M. Trépanier dans ses fonctions, avec une pleine latitude d'action, soit la firme engage un nouvel ingénieur provenant de la région. «Et nous voulons participer à cette embauche, renchérit M. Boivin. On veut que l'inspecteur soit de la région. Le dossier de Trois-Rivières doit être géré à Trois-Rivières par des ressources de Trois-Rivières. On n'en veut plus de gens provenant de l'extérieur qui ne comprennent rien à notre réalité. On ne veut pas que l'ancienne gang de
l'APCHQ vienne gérer nos dossiers.»
La firme Raymond-Chabot-Grant-Thornton n'a pas retourné les appels du Nouvelliste pour valider les raisons qui justifient le congédiement de son inspecteur.
Le ministre Lebel réagit
Le ministre fédéral de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, a vivement réagi aux propos du député de Trois-Rivières, Robert Aubin, qui déplorait l'inaction du gouvernement dans le dossier de la pyrrhotite à Trois-Rivières. 
«Dans le jugement de la Cour supérieure, la responsabilité de ces entreprises a été établie en vertu des normes en vigueur actuellement. Ces normes seront tout de même réévaluées par le Conseil canadien des normes par l'entremise d'un processus indépendant. La situation est donc prise au sérieux au niveau fédéral, quoiqu'en pense le député Aubin.»
Selon le ministre Lebel, c'est le gouvernement du Québec, par le biais de la Régie du bâtiment, qui doit porter et les problèmes liées à la pyrrhotite, et les solutions qui en découlent. 
«C'est la Régie du bâtiment du Québec qui veille à ce que les dispositions pertinentes de ses règlements soient respectées par les entrepreneurs, et c'est ce règlement qui prévoit les mécanismes de réclamation pour les victimes. N'en déplaise au député Aubin, tout cela indique que cette triste histoire est donc bel et bien de responsabilité provinciale», conclut M. Lebel.