Dans le cadre de l'événement Passeport pour... la Finlande, le Centre des arts de Shawinigan accueille deux expositions en arts visuels. Sur la photo, on retrouve, de gauche à droite, Anu Tuominen, Michèle Pinard, Moona Metsoila, Lise Lépine et Pirjo Partanen.

La Finlande s'offre à nous

Après quinze ans à explorer le monde, Shawinigan se tourne cette année vers la Finlande pour son événement annuel Passeport pour... dont une grande partie se déroule au Centre des arts. Une quinzaine d'activités sont au programme d'ici au 30 mars pour découvrir ce pays intrigant.
Les arts visuels sont une fois de plus au centre de l'événement et plutôt deux fois qu'une. En effet, les deux salles du centre d'exposition Léo-Ayotte sont occupées par des artistes d'ici et de Finlande. La salle du second étage est consacrée à Tisser des voiles, un projet conjoint entre douze artistes du collectif Filrouge et huit artistes finlandaises.
Le projet sous le thème de l'eau a été réalisé sur deux ans incluant un séjour d'artistes mauriciens en Finlande et l'inverse.
«Le projet a pris son envol quand une de nos membres est entrée en contact avec une artiste finlandaise qui faisait, elle aussi, partie d'un regroupement artistique, explique Guylaine Béland Tessier. On s'est mis d'accord sur le thème de l'eau très présent aussi bien là-bas qu'ici et grâce à des messages par Internet, on a élaboré les paramètres de la collaboration. On a formé des équipes et élaboré une démarche spécifique à chacun des groupes en fonction des techniques privilégiées, des supports et des thèmes à exploiter.»
L exposition qu'on peut voir à Shawinigan a été présentée intégralement en Finlande lors du séjour des artistes de la région dans la ville de Hyvinkää en juin dernier. «Le fait que nous ayons un échange a donné un réel sens à mon travail personnel dès le début du projet parce que le fait d'échanger nous a apporté une dimension universelle, comme si des barrières tombaient. C'est comme si on parlait une langue commune qui est dans notre coeur: l'art.»
«Assurément, le séjour là-bas devrait influencer notre travail futur. On a été frappée par la lumière très particulière de ce pays très nordique où, en été, le jour est très long. La langue, très mélodieuse nous a aussi étonné et nous reste en tête», d'indiquer Marie-Josée Pinard.
La Finlandaise Moona Metsoila parle d'un enrichissement des deux côtés de l'axe de communication. «Nous avons toutes été enrichies par cet échange. La démarche a élargi notre vision et nos possibilités de création. Nous avons toutes gagnées à échanger nos idées. C'était très inspirant et énergisant. De notre côté, nous avons appris beaucoup de nos collègues canadiennes et constaté qu'il y a énormément de similitudes entre nos deux pays. Déjà, le climat nous affecte de la même façon et cela nous rapproche les uns des autres par-delà les frontières et l'océan.»
Anu Tuominen, pour sa part, a travaillé dans des conditions très différentes puisque cette artiste qui a une solide réputation à travers le monde, est venue travailler en résidence pour un séjour global de trois semaines. Elle est à réaliser une installation en direct, privilégiant les matériaux recyclés trouvés sur place.
«Mon premier réflexe a été d'aller fouiller dans les espaces d'entreposage, ce que je fais qu'importe où je vais. Culturellement, je ne trouve pas qu'il y a de grandes différences entre nos deux pays. Le logement, l'architecture sont différents mais aussi, vous laissez beaucoup moins de place pour les piétons ici que chez nous. Mais foncièrement, les gens sont gentils, accueillants comme les Finlandais le sont.»
«Le fait de ne pas me sentir trop dépaysée a favorisé mon processus créatif. J'ai pu créer comme je le fais à la maison, ce que j'aime beaucoup. Je suis contente d'être venue dans une petite ville en plein hiver parce que je sais que je ne l'aurais pas fait dans le cadre d'un simple voyage touristique. Je découvre une facette intéressante de ce pays.»
«Artistiquement, on m'a demandé de créer une installation, ce que je ne fais pas habituellement et j'ai découvert une avenue de création intéressante que je vais sûrement exploiter de nouveau dans le futur.» L'artiste a exploité la troisième dimension avec un regard plutôt sympathique sur notre climat qui nous apparaît tout à fait familière, comme quoi les frontières ne sont parfois que des créations abstraites.
La découverte de la Finlande se fera également par des découvertes culinaires, sportives et culturelles grâce au cinéma, au conte, à la littérature de même que grâce à une conférence présentée au Centre des arts le 20 mars.
Des commerces partenaires du centre-ville de Shawinigan sont aussi impliqués dans cette exploration et offriront des produits d'importation finlandais jusqu'à la fin mars. Le public est aussi invité à visiter le foyer du Centre des arts où une exposition de photographies permettra d'avoir un avant-goût des beautés de ce pays méconnu.
La programmation complète est disponible par Internet au www.cultureshawinigan.ca.