La librairie Clément Morin.

La fermeture de la librairie Clément Morin décriée par Culture Mauricie

Deux semaines après l'annonce de la fermeture de la librairie Clément Morin, le choc est toujours difficile à encaisser sur la scène culturelle régionale. Le directeur général de Culture Mauricie, Éric Lord, espère maintenant que le gouvernement du Québec accouchera rapidement de solutions concrètes qui permettront d'assurer la pérennité des librairies agréées dans un monde où la concurrence des multinationales est devenue très féroce.
<p>Éric Lord</p>
Le précédent gouvernement provincial, dirigé par Pauline Marois, avait avancé l'idée de réglementer le prix des livres. Or, aussitôt débarqué au pouvoir, le gouvernement libéral de Philippe Couillard a rejeté cette option et souhaite plutôt explorer de nouvelles pistes de solution.
Pour Éric Lord, il est important que la nouvelle ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, trouve des mesures dans un avenir rapproché. «Au Québec, il y a un enjeu important avec les librairies agréées. Le modèle financier est de plus en plus difficile pour tout le monde. Il faut que l'État fasse des réajustements pour que le modèle soit viable économiquement», souligne-t-il.
Malgré tout, M. Lord tente de demeurer optimiste et croit que la nouvelle ministre saura apporter les ajustements nécessaires.
Quant au triste sort réservé à la librairie Clément Morin, qu'il qualifie de «désastre», le directeur général de Culture Mauricie ne peut que constater le dénouement, avec tristesse. «C'est une situation qui est extrêmement décevante de voir un tel fleuron nous glisser entre les mains», mentionne-t-il, en entrevue avec Le Nouvelliste.
Néanmoins, M. Lord estime qu'il n'est pas trop tard pour qu'un bon samaritain accepte de sauver et maintenir en vie cette librairie... à une autre adresse.
«On souhaite ardemment que quelqu'un reprenne cette entreprise, car il s'agit d'une perte nette pour la région. C'est un endroit qui contribuait à la renommée de notre région. Si les règles du jeu changent et que le modèle est plus viable économiquement, ça pourrait ouvrir la porte à des gens intéressés à reprendre ça», note-t-il.
Bien que la perte de la librairie Clément Morin représente une lourde perte pour le milieu littéraire régional, le directeur général de Culture Mauricie tient à souligner que la culture se porte toujours assez bien dans la région. «Il ne faut pas être alarmiste. Il s'agit d'un épisode triste dans une histoire somme toute assez heureuse dans un secteur en pleine effervescence», clame M. Lord.