Mikaël Kingsbury félicite Alexandre Bilodeau après sa victoire.

La course de sa vie

Alexandre Bilodeau ne pouvait espérer une plus belle façon de mettre un terme à sa carrière. Selon moi, il a effectué la descente de sa vie en finale. Rapide, à l'aise dans les sauts et convaincant dans les virages, on a revu le champion olympique de Vancouver 2010.
Ce qui m'impressionne le plus, c'est qu'il soit parvenu à oublier sa première course en qualification, quand il a failli tomber après avoir défié le saut numéro un. Il a un peu trop poussé ses pieds par en arrière, mais a néanmoins été en mesure de rester droit. Ça prend un grand technicien pour y arriver.
Avant même les Jeux de Sotchi, j'avais prédit la victoire à Alexandre devant Mikaël. La piste en Russie ressemble beaucoup à celle de Vancouver, alors Bilodeau n'était pas en terrain inconnu. De ce que j'ai constaté, les deux rivaux ont fait sensiblement le même genre de prestation sur le plan des sauts. Alex a eu l'avantage grâce à sa rapidité. Dans la discipline des bosses, les virages comptent pour 50 % de la note. On attribue un quart des points pour les sauts et un autre 25 % pour le chrono.
Les juges ont bien évalué le travail des participants en général. Bilodeau n'a pas volé son titre et dans les circonstances que l'on connaît, c'est un exploit digne de mention. Plusieurs personnes ont mal interprété ses dires quand il a affirmé qu'il se sentait mal jugé par rapport à Kingsbury. Il ne visait pas son coéquipier de l'équipe canadienne pourtant.
Le problème, c'est que Alexandre s'entraîne à part des autres: il a son propre coach et bon nombre d'observateurs pouvaient croire que lui et Mikaël ne s'entendaient pas. Non, ce ne sont pas les meilleurs amis du monde, mais ils se respectent énormément et en voyant la réaction du médaillé d'argent lundi après la course du vétéran, on a senti un réel respect entre les deux.
Un mot aussi sur Marc-Antoine Gagnon, quatrième, et Philippe Marquis, qui n'a malheureusement pas pu se classer pour la finale. Les gars ont bien descendu, je leur lève mon chapeau. Seulement, le Russe Alexandr Smyshlyaev a été plus solide en descente que Gagnon, ce dernier ayant un peu trop écarté les jambes par moment.
N'empêche, on peut parler d'une histoire incroyable pour les skieurs québécois en bosses à Sotchi. À ce doublé s'ajoute celui des soeurs Dufour-Lapointe. Je suis très fier de faire partie d'un programme aussi réputé!
Propos recueillis par Louis-Simon Gauthier