La pyrrhotite, un amalgame de fer et de souffre, a la propriété d'affaiblir les fondations lorsqu'elle se retrouve dans le béton. Le problème touche au moins 1300 foyers, surtout en Mauricie.

La Coalition Proprio-Béton se dissocie de SOS Pyrrhotite

La Coalition Proprio-Béton a décidé de mettre fin à son partenariat avec SOS Pyrrhotite dont la mission, au départ, visait strictement l'aide directe aux victimes pour défaire leur sous-sol et leur aménagement paysager en vue de la démolition de leurs fondations.
La Coalition annonce qu'elle se dissocie aussi de toutes les actions ou positions que pourrait prendre cet organisme à l'avenir.
Le travail de SOS Pyrrhotite a été fait, au départ, avec professionnalisme, reconnaît la Coalition. Là où les choses ont commencé à se gâter, c'est lorsque SOS Pyrrhotite et son président, Jacques Rheault, ont commencé à faire certaines interventions dans les médias qui «ont généré confusion et incertitude auprès de plusieurs victimes», explique la Coalition.
La Coalition veut notamment se dissocier des déclarations tenues aux médias par SOS Pyrrhotite, en septembre 2013, à l'effet qu'il existait des liens possibles entre la présence de pyrrhotite dans les maisons et la maladie de Crohn voire certains risques toxicologiques, une affirmation qui ne s'appuie sur aucune base scientifique. Au cours de cette conférence de presse, d'ailleurs, les membres de SOS Pyrrhotite ont démontré qu'ils ne faisaient pas la différence entre pyrrhotite et pyrite, deux espèces minérales totalement différentes. «La pyrrhotite, ça devient pyrrhotite quand c'est dans le ciment. Le vrai problème, c'est la pyrite», avait soutenu Jacques Rheault sans en démordre au cours de cette conférence de presse. Cette affirmation est contraire à toute la preuve déposée en cour par la brochette d'experts invités à témoigner durant le procès sur la pyrrhotite.
Le 18 mars dernier, SOS Pyrrhotite avait aussi indiqué, sur sa page Facebook, qu'elle avait trouvé une solution avec un partenaire «pour mettre un frein à l'explosion des coûts de réfection des maisons», commerces et édifices gouvernementaux aux prises avec la pyrrhotite. Le message Facebook ajoutait que ces solutions seraient soumises aux deux gouvernements.
La Coalition affirme avoir communiqué avec le partenaire en question et s'est fait confirmer que ladite solution n'entraîne aucune économie du côté des résidences. La Coalition estime donc qu'en agissant ainsi, SOS Pyrrhotite «crée de faux espoirs chez les victimes» et accroît leur niveau d'anxiété et de frustration.
Le président de SOS Pyrrhotite, Jacques Rheault, a affirmé au Nouvelliste, vendredi, qu'il possède des preuves de tout ce qu'il a avancé jusqu'à présent et maintient qu'il continuera ses actions.
En matière de pyrrhotite, dit-il, «nous n'avons pas les mêmes dossiers que la Coalition».
Sur son site Web, SOS Pyrrhotite indique que sa mission consiste à faire des démarches auprès des commerçants pour offrir des rabais aux victimes de la pyrrhotite et propose son aide bénévole en complément de celle offerte par le Centre de coordination et d'information sur la pyrrhotite, un organisme géré par ÉCOF-CDEC de Trois-Rivières.
Là où le bât blesse, c'est lorsque SOS Pyrrhotite lance des affirmations à faire frémir les victimes sans apporter de quelconques preuves scientifiques. Le 19 janvier dernier, par exemple, on pouvait lire ceci sur sa page Facebook (n.d.l.r.: citation textuelle): «bientôt on verra le vrai visage de ce qui se cache dans la pyrrhotite, pyrite, chalcopyrite, la pendlantite, le gneiss. déjà dans les études nord américaine, rapport de nédem environnement, on découvre que du mercure et du radon 222 se retrouve à l'intérieur de différents sulfure, et c'est pour cela que mr christopher rogers expert de l'ontario et ancien ministre de l'environnement à dit que ça détruit tout dans l,environnent»(sic).
Des déclarations comme celle-là «ont malheureusement contribué à accroître la charge de travail des ressources de la Coalition via la réception de plusieurs appels et de courriels de victimes», déplore Yvon Boivin, président de la Coalition.
Le communiqué de presse émis vendredi par la Coalition fait suite à une rencontre qui s'est tenue jeudi soir avec SOS Pyrrhotite et des représentants de la Ville. M. Rheault explique qu'il avait alors des solutions à proposer à différents problèmes en cours. «On a présenté une solution d'entente et on a essuyé un refus catégorique», déplore-t-il.
Le porte-parole de la Coalition, Yvon Boivin, indique pour sa part que la Coalition avait déjà offert une entente de collaboration à M. Rheault et que ce dernier a refusé. «On voulait que quelqu'un de notre c.a. siège sur leur c.a. et que quelqu'un de leur c.a. siège sur notre c.a. On aurait pu mettre
en commun nos dossiers et s'assurer de collaborer de façon constructive. Il a refusé», raconte M. Boivin.
«Jeudi soir, M. Rheault a fait savoir qu'il voulait désormais faire exactement la même chose que la Coalition» au lieu de s'en tenir à sa mission initiale, raconte M. Boivin.
Le porte-parole de la Ville, François Roy, rappelle que «le partenaire avec lequel on a une entente, c'est la Coalition», dit-il, en rappelant que l'organisme est même logé par la Ville. «SOS Pyrrhotite est arrivé en chemin. Il a été reconnu par la Coalition. On lui a fait de la place, mais on n'a aucune entente avec eux», indique M. Roy.
Yvon Boivin ajoute que Jacques Rheault, qui faisait partie de Forces 3R, a souvent essayé de l'enrôler en politique, ce qu'il a toujours refusé.
Le dossier de la pyrrhotite est politique, fait valoir Jacques Rheault en précisant du même élan que s'il s'est présenté aux dernières élections municipales, «ça n'a pas rapport avec les problèmes de pyrrhotite.»