Me François Rioux était un candidat potentiel pour le Parti québécois dans Trois-Rivières, qu'on a ignoré au profit de l'ex-journaliste Alexis Deschênes.

La candidature d'Alexis Deschênes continue de faire des vagues à Trois-Rivières

La décision, du Parti québécois d'imposer l'ex-journaliste Alexis Deschênes comme candidat dans la circonscription de Trois-Rivières n'a pas fini de faire des vagues chez les péquistes de la région. Cette fois, c'est un autre candidat potentiel bien connu, Me François Rioux, qui a tenu à réagir à la nouvelle.
<p>Alexis Deschênes</p>
Ce dernier avait d'abord réservé ses propos, afin d'être certain de ce que la rumeur colportait. Or, Me Rioux a parlé au président de l'exécutif du Parti québécois à Trois-Rivières, Yves Rocheleau, après que le parti eut fait savoir son intention d'offrir la circonscription sur un plateau d'argent à M. Deschênes. Et il insiste sur le mot «après». Un point de presse est d'ailleurs prévu jeudi matin au Club de golf Métabéroutin pour «l'annonce du choix de candidat» pour la prochaine élection dans Trois-Rivières.
«Je suis déçu. On n'a pas vraiment cherché de candidats à Trois-Rivières», a commenté l'avocat, reprenant ainsi un reproche exprimé par l'ex-ministre Guy Julien, qui avait lui aussi relevé une certaine nonchalance de l'exécutif à préparer la prochaine campagne électorale, malgré le contexte d'un gouvernement minoritaire. Un sentiment qui serait largement partagé par plusieurs militants péquistes du comté, agacés par l'arrivée d'un nouvel outsider, alors que la victoire semble cette fois à portée de main.
Me Rioux croyait en ses chances et travaillait déjà à la mise en place de son organisation. Il s'explique mal que l'exécutif local n'ait pas fait d'approche ces dernières semaines au sujet de sa candidature, alors que les médias locaux colportaient régulièrement son nom depuis un bon moment, avec celui de l'ex-députée bloquiste de Trois-Rivières, Paule Brunelle, qui ne faisait pas mystère de son goût de revenir en politique active. Autour de lui, c'est la consternation, affirme-t-il. On en parle même dans les couloirs du palais de justice.
Me Rioux a été président et membre de l'exécutif trifluvien du Parti québécois pendant des années, il a travaillé plusieurs fois à la campagne d'un candidat péquiste dans Trois-Rivières - mais pas lors de la dernière élection où Djemila Benhabib fut aussi imposée par le parti - et à ce titre, il estime qu'on aurait dû au moins considérer sa candidature. Lui parler.
«Je le répète, je n'ai rien contre M. Deschênes, mais j'ai toujours pensé que c'était aux membres de décider.» Comme plusieurs militants, l'avocat - qui n'utilise jamais l'expression «candidat parachuté» - estime que parmi les qualités recherchées chez un candidat, «la plus importante», c'est d'être de la région qu'on prétend représenter. Or, encore une fois, le parti a passé outre et l'exécutif local s'est contenté d'acquiescer, déplore-t-il.
M. Rioux assure que de nombreux militants lui ont fait part de leur déception et mécontentement. Même des libéraux sont venus le voir, soutient-il, «pour dire qu'ils remercient les péquistes de commencer la campagne par une chicane».
De toute évidence, le candidat déçu va rentrer dans ses terres pour l'instant, mais il laisse entendre qu'on le reverra sans doute, et peut-être plus vite que l'on pense.
«Qui sait, ce sera peut-être encore un gouvernement minoritaire», a-t-il laissé tomber, avant de retourner plaider.