Le Défi nordique s'est mis en branle vendredi au parc national de la Mauricie avec une journée réservée à 720 petits qui ont joué dehors pendant plusieurs heures.

Jouer dehors... avec le sourire!

De la pluie verglaçante? Il en aurait fallu bien plus et de la bien plus vicieuse pour entamer le moral de Marie-Josée Gervais. La grande boss du Défi nordique présenté en fin de semaine au parc de la Mauricie ne faisait pas de déni, elle était simplement heureuse de sa journée. Son équipe a accueilli 720 jeunes de la commission scolaire de l'Énergie au parc pour les faire jouer dehors. Une première. Pas pour les jeunes, pour le Défi nordique.
«On était anxieux parce que recevoir 720 enfants en hiver et malgré une équipe de 50 bénévoles, ce n'était pas évident. Tout a été super.» Cette athlète, jadis de très haut niveau, souhaitait que les jeunes prennent la chose comme un défi personnel. Affronter l'effort, des difficultés, eux-mêmes. «Dès la première côte, je les ai vus réagir et je voyais bien qu'ils n'ont pas l'habitude de jouer dehors. Moi, quand j'étais jeune, on faisait ça tout le temps mais pour eux, c'était tout un défi de faire une journée complète d'activités en plein air. J'étais fière qu'ils aillent jusqu'au bout.» 
Cent cinquante minutes à bouger, à surmonter de petites épreuves et les côtes et la pluie. Ces petits abonnés aux télécommandes et aux écrans l'ont fait. Marie-Josée Gervais prétend qu'elle n'en a pas entendu un seul se plaindre que c'était trop long ou trop dur. Peut-être n'ont-ils pas osé le dire tout haut. N'empêche, ils ont joué dehors, se sont essoufflés. Ils sont allés «jusqu'au bout» comme cela leur a été répété par les bénévoles et comme c'était écrit sur la cape rouge que portait l'organisatrice principale. 
Leur journée s'est terminée par une course d'un kilomètre après le dîner. Le défi de la directrice générale: que chaque enfant se présente au départ et fasse son kilomètre. En marchant, si nécessaire. «Ils ont tous terminé leur journée, insiste-t-elle. Ils ont fait trois heures et demi d'exercice aujourd'hui. C'est quand même extraordinaire.»
Et plusieurs ont découvert le parc national de la Mauricie où ils n'avaient jamais mis les pieds. Ça aussi, Marie-Josée Gervais y tenait. «Moi, je suis amoureuse du parc. Je suis née la même année que lui. Je ne peux pas croire que l'endroit ne soit pas mieux connu. Ce qui est fantastique, c'est qu'ici, les jeunes n'avaient que la nature avec laquelle jouer et des gens pour les encadrer. C'est le capital humain et la nature qui ont fait que les petits ont passé une belle journée.»
En fin de semaine, la cinquantaine de bénévoles quotidiens recevront 1400 personnes pendant les deux journées du Défi nordique. Un autre succès. «C'est dur de faire sortir les Québécois en hiver», affirme la directrice générale, consciente de l'absurdité de l'affirmation. Comment espérer que les enfants bougent si les parents ne sortent pas en hiver? Ça ce n'est pas elle qui le dit, mais moi. Ce n'est pas faux pour autant.
Mettre des événements sur pied, en hiver n'est pas précisément de la tarte non plus. «On est forcé d'élaborer des plans A, B, C... en fonction de la température. Cette année, la température va être magnifique. L'an dernier, le chapiteau s'est écroulé.» Marie-Josée Gervais vante l'équipe qui la suit depuis huit ans. Une famille. «Autant au défi nordique qu'au défi annuel de l'automne, on reçoit 7000 participants. Dans un sondage, une personne sur deux nous félicite pour l'équipe de bénévoles. C'est pour ça qu'on gagne autant de prix.»
La directrice générale croit à l'effort, au dépassement; à ces choses qui donnent confiance en soi. C'était pour ça, la première journée du Défi nordique avec les petits. Elle croit aussi en elle et en la vie. À l'écouter parler, on se dit: pourquoi pas?