Le chef libéral, Philippe Couillard, a présenté le candidat dans Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, comme un membre de son équipe économique.

Jean-Denis Girard: «Un gars d'ici»

Le suspense a pris fin mardi. C'est bel et bien Jean-Denis Girard que Philippe Couillard est venu présenter comme candidat dans la circonscription de Trois-Rivières, un candidat «de son équipe économique», a pris soin de préciser le chef libéral.
Entouré de sa famille, celle qu'il aurait eu tant de mal à convaincre de le laisser faire le saut en politique, Jean-Denis Girard n'a pas mis longtemps à faire comprendre qu'il est «un gars d'ici» et qu'il connaît la ville comme le fond de sa poche. Comment en effet être plus Trifluvien que lorsqu'on est né «dans un troisième étage de la rue Whitehead», ce quartier ouvrier qu'on appelle encore la Petite Pologne? Sans jamais insister sur le fait que son adversaire péquiste était un «étranger», M. Girard a déclaré qu'il tenait à bien expliquer qui il était, «pour que les électeurs sachent à qui ils ont affaire.»
«Je suis né ici, toute ma famille vit ici, c'est ici que je joue au hockey, c'est ici que travaille mon plus vieux et c'est ici que ma petite-fille Charlotte va entreprendre sa vie,» a-t-il martelé.
Cette mise au point faite, l'ex-président de la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-du-Québec qui s'est particulièrement fait connaître lors de la fermeture de la centrale Gentilly 2 en réclamant une commission parlementaire et un fonds de diversification économique, a bien fait comprendre qu'il comptait reprendre son combat là où il l'a laissé: la création d'emplois.
«Je veux agir pour les gens d'ici. Lors de la fermeture de Gentilly-2, j'ai vu des gens dévastés, en larmes, qui ne comprenaient pas cette décision. Je me suis dit, J-D, t'as pas d'autres choix que d'aider ces gens-là. Aujourd'hui, une opportunité s'offre à moi de continuer à aider les gens d'ici. Je ne peux passer à côté.»
Il a aussi raconté comment, jeune homme, il avait assisté au déclin de sa ville, à la crise des années 80. Il se souvient aussi d'un centre-ville dévasté par des incendies successifs, aux vitrines placardées pendant des années. S'il se réjouit de la renaissance de Trois-Rivières, il est aussi conscient de la fragilité de cette reprise.
M. Girard a confié avoir choisi le Parti libéral parce qu'il juge qu'en ces temps de regroupements politiques et économiques mondiaux, la division n'a pas sa place. «Il faut s'unir et profiter de nos différences quand il y en a, mettre nos forces en commun pour avoir un pays où nous serons fiers de vivre», a-il lancé dans une profession de foi fédéraliste.
 «Ce sera un honneur pour moi de travailler pour M. Couillard et de faire partie de son équipe économique. Trois-Rivières recèle plein de potentiel et compte parmi sa population des personnes de qualité, capables de la faire rayonner. Je veux m'investir dans le développement de notre communauté. Je m'engage à y mettre toute mon énergie.»
Philippe Couillard a répondu être bien au courant des difficultés que traversent Trois-Rivières et de ses récentes pertes d'emplois. «C'est pourquoi le Parti libéral du Québec s'occupera des vraies affaires: des emplois. C'est non à la division et aux séparatistes», a-t-il lancé, reprenant ce qui sera le slogan de sa campagne électorale.
Lors d'une période de questions, alors qu'on rappelait à M. Girard son désistement prématuré lors de la campagne électorale du maire Yves Lévesque, dont il était l'agent officiel, il a expliqué que «le salissage» dont il avait été victime et qui a entraîné son retrait, touchait son emploi mais que cette fois, il était en congé sans solde chez Desjardins. Il assure donc avoir les coudées franches pour faire sa campagne jusqu'au bout.
S'il est élu, le candidat libéral ne compte pas exiger la réouverture de la centrale nucléaire. «C'est terminé. C'était un débat au niveau de chambre de commerce, à cause de la perte des 800 emplois. On en avait contre la façon dont cela a été fait. Il fallait aller plus loin. Mais ce n'est pas un enjeu de la campagne», a-t-il expliqué, approuvé par Philippe Couillard.
Pour ceux que ça intéresse, il est en effet exact que la photo de M. Girard a été prise il y a plus d'une semaine par l'organisation du Parti libéral, en vue de préparer ses pancartes électorales. Mais le candidat a expliqué qu'une simple photo ne l'aurait pas empêché de changer d'idée si sa famille l'avait exigé par la suite.
Au moment où le chef libéral assistait à la présentation de son candidat, on apprenait que l'entente sur la formation de la main-d'oeuvre venait d'être signée avec Ottawa. Philippe Couillard s'en est réjoui et a dit y voir la preuve que la fédération canadienne fonctionne, «contrairement à ce que prétendent les gens au pouvoir».