François-Jean Coutu

Jean Coutu veut mettre l'emphase sur les petits marchés

Désireux de poursuivre sa croissance, le groupe Jean Coutu a l'intention de se tourner vers les plus petits marchés, puisque l'entreprise considère que les possibilités de réaliser d'importantes acquisitions sont faibles.
C'est ce qu'a indiqué le président et chef de la direction de la société québécoise, François Coutu, jeudi, à l'occasion d'une conférence téléphonique concernant les résultats trimestriels du groupe.
La concurrence étant très féroce dans les grands centres urbains, notamment en raison des bannières Pharmaprix (Shoppers Drug Mart), Brunet (Métro), Uniprix, Familiprix et Proxim, Jean Coutu veut ainsi mettre l'emphase sur les marchés à l'extérieur des grandes régions de Montréal et de Québec.
«Vous allez nous voir davantage dans ces marchés parce que nous avons eu du succès avec cette stratégie au cours des deux dernières années», a souligné M. Coutu.
Sans dévoiler le nombre d'établissements qu'elle veut ajouter à son réseau, l'entreprise québécoise a précisé que la superficie de ces succursales qui verront le jour pourrait varier entre 6000 et 7000 pieds carrés.
«Nous ne pouvons pas arriver dans ces marchés avec une structure qui ne sera pas profitable, a expliqué M. Coutu. Les consommateurs vont avoir accès à une sélection plus étoffée que des magasins indépendants, mais c'est certain qu'il y aura des compromis sur l'offre de produits.».
Le réseau du groupe Jean Coutu comptait, au 30 novembre dernier, 413 établissements au Québec, au Nouveau-Brunswick ainsi qu'en Ontario sous les bannières PJC Jean Coutu, PJC Clinique, PJC Santé et PJC Santé Beauté.
De ce nombre, 331 succursales étaient d'une superficie d'environ 11 000 pieds carrés et 26 de 5000 pieds carrés. Le reste est constitué de 56 comptoirs santé notamment répartis dans des hôpitaux.
Selon l'analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, cette stratégie du groupe Jean Coutu lui permet de s'éloigner de certains concurrents, dont Target, qui se concentrent davantage sur les grands centres. «La population est également plus âgée dans les petits marchés, ce qui signifie qu'il y a une demande plus forte pour les médicaments prescrits», souligne-t-elle dans une note envoyée par courriel.
Quant à ses résultats du troisième trimestre, le groupe Jean Coutu a été en mesure d'afficher un bénéfice supérieur aux attentes malgré un recul des revenus et des ventes.
Le bénéfice net de l'entreprise a été de 62,5 millions $, ou 30 cents par action, comparativement à 56,2 millions $, ou 26 cents par action, pour le trimestre terminé le 1er décembre 2012, soit deux cents de plus par action que la prévision des analystes.
Toutefois, les ventes ont fléchi de 0,6 pour cent, à 712,5 millions $, comparativement à 716,6 millions $ pour le trimestre correspondant de l'année précédente.
Les analystes sondés par Thomson Reuters s'attendaient à des revenus de 724,3 millions $.