Jean-Guy Dubois

«Je dis oui parce que je suis chanceux»

Beaucoup de gens connaissent Jean-Guy Dubois, surtout à cause de ses 16 ans en politique municipale, dont plus de10 ans à la mairie de Bécancour.
Ses talents l'ont mené tour à tour dans un travail de conseiller en orientation, à la barre de deux restaurants puis à un poste de conseiller en valeurs mobilières à la Financière Banque Nationale, dont il a pris sa retraite l'an dernier.
Tout le monde ne sait pas, toutefois, que Jean-Guy Dubois fait partie d'un petit groupe d'humoristes, qu'il s'adonne à l'écriture, qu'il sait aussi bien manier la guitare que le marteau ou le bâton de hockey. Et rien ne lui fait plus plaisir que d'aller communier avec la nature sur sa terre à bois.
M. Dubois accorde aussi une grande importance au bénévolat dans sa vie, mais le connaissant, on ne s'étonne guèrequ'il ne soit pas l'homme d'une seule cause.
«J'ai travaillé pour 25 causes différentes, mais jamais longtemps. Je n'ai pas de créneau», dit-il, non sans laisser entrevoir une certaine admiration pour ceux qui en ont un. «Je suis un donneur universel», s'empresse-t-il d'établir. «J'aime tout.»
Ce naturel pour le bénévolat, Jean-Guy Dubois croit l'avoir pris du Grand Séminaire de Nicolet, où il a fait son cours classique en tant que pensionnaire. «On était 600 là-dedans. Il y avait une belle dynamique et des maîtres de première qualité. J'y ai découvert le sens de l'autre. Ça a marqué ma vie», confie-t-il.
S'il lui est arrivé souvent de donner de son temps pour des causes culturelles ou sociales, comme le Moulin Michel ou le Centre de biodiversité, il avoue que plus les années passent, plus ce sont les causes humanitaires qui l'interpellent.
«En vieillissant, il y a un petit phénomène de compassion qui se dégage à travers ça.»
À chaque fois qu'il s'est impliqué, même très brièvement, dans des causes humanitaires qui avaient rapport au diabète, à la sclérodermie, à l'itinérance ou aux victimes d'actes criminels, Jean-Guy Dubois reconnaît que ça a exercé un effet d'ouverture sur sa personne. «S'occuper de ces affaires-là, c'est de l'éducation», résume-t-il.
«Quand Michel Morin m'a demandé si j'accepterais la présidence d'honneur de la campagne 2012 de l'Association de paralysie cérébrale, j'avoue que je n'y connaissais rien. Ça a été la même chose avec des itinérants dont s'occupent le Havre ou le CAVAC (Centre d'aide aux victimes d'actes criminels).»
Mais à chacune de ces expériences, dit-il, il a appris à approfondir des réalités humaines qui lui ont donné le goût de faire une petite différence.
«La paralysie cérébrale, par exemple, c'est causé par un manque d'oxygène à la naissance. Il n'y a pas de pilule pour ça. Tu es prisonnier de ton corps. Tu dépends de l'aide de quelqu'un d'autre. Ça prend une fichue dose de courage pour se lever le matin», fait-il valoir.
«Il y a quelques années, je suis allé faire le père Noël pour un groupe d'handicapés mentaux adultes. J'ai adoré ça. Mais la première fois, j'ai eu peur. J'étais inconfortable et inquiet. Mais quand je suis sorti de là, je me sentais tellement bien d'avoir fait ça. J'avais l'impression d'avoir créé du bonheur pour ces gens et ça n'avait pris que deux heures de ma vie», dit-il.
Faire du bénévolat pour des causes humanitaires, explique-t-il, «c'est de découvrir en soit ce que Fred Pellerin appelle le gène généreux. C'est tellement agréable de se sentir bon», dit-il en riant.
«Je dis oui quand on me demande pour des oeuvres comme ça parce que je suis chanceux», explique Jean-Guy Dubois. «Je fais partie des chanceux de la vie. J'ai une belle famille, un bel entourage d'amis. Je suis en santé. La vie est belle et je veux que ça reste longtemps comme ça. Mon souhait pour l'année 2012, c'est qu'elle soit comme l'année 2011 et comme l'année 2010. En fait, je vais dire comme Woody Allen, que je m'intéresse beaucoup à l'avenir parce que j'ai l'intention d'y passer encore quelques années.»
«Donc, c'est un minimum que je partage ça un peu avec les gens moins chanceux», fait-il valoir. C'est pour ça queje n'ai jamais refusé de m'impliquer», explique le président d'honneur de la campagne 2012 de l'Association de paralysie cérébrale.