Dans le cadre du premier de la série des Grands concerts 2014, le guitariste chilien Alberto Cumplido a offert une prestation solo très intense lundi soir au foyer de la salle Thompson.
Dans le cadre du premier de la série des Grands concerts 2014, le guitariste chilien Alberto Cumplido a offert une prestation solo très intense lundi soir au foyer de la salle Thompson.

Intensité, rigueur et quelque chose entre les deux

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
Ce n'était pas lundi, le bon soir pour présenter un concert de guitare classique, on en convient. Programmé à l'avance, il a été impossible pour les organisateurs de déplacer l'événement.
C'est donc devant une poignée de mélomanes, bien confortablement à l'écart des soubresauts politiques, que le Mauricien Sébastien Deshaies a présenté, dans le foyer de la salle Thompson, le premier de la série des ses Grands concerts de 2014 en compagnie de deux artistes de renommée internationale: l'Américaine Hilary Field et le Chilien Alberto Cumplido.
On se souviendra que Deshaies avait inauguré la pratique en 2012 quand il avait invité son collègue guitariste Marcos Vinicius, ce qui avait valu quelques très beaux concerts. Il a repris la même idée d'une série de petits concerts et de classes de maîtres dans la région, cette fois avec deux artistes rencontrés lors d'un grand événement de guitare à Lima, au Pérou, l'an dernier.
Pour le premier de ces quatre concerts qui se veulent tous différents les uns des autres, les spectateurs ont pu faire connaissance avec trois interprètes nettement différents. Dans la première partie, chacun a offert une prestation en solo.
On a ainsi pu découvrir en Alberto Cumplide, un guitariste fervent, d'une grande intensité. Il a interprété quelques-unes de ses propres compositions avec leur influence sud-américaine qui apparaît moins évidente quand on sait que Cumplido a passé une grande partie de sa carrière musicale en Allemagne.
Ses interprétations, peut-être un peu moins impressionnantes techniquement que celles de ses acolytes, se sont démarquées par la force intérieure qui a émané du musicien au jeu très nuancé. Artiste très polyvalent, il a aussi présenté, en espagnol, un poème de son cru qui nous a été traduit en français. Il est aussi cinéaste, en passant.
Quasiment à l'opposée, l'Américaine Hilary Field a manifesté une grande rigueur technique dans des interprétations sans faille et marquée par une technique impeccable. Côté personnalité, la musicienne tranchait par sa discrétion avec l'intensité de son prédécesseur sur la scène mais le contraste entre les deux est venu enrichir l'expérience musicale des spectateurs.
L'hôte, Sébastien Deshaies, leur a succédé en venant faire le pont, en quelque sorte. Offrant une personnalité à mi-chemin entre la rigueur effacée de l'une et la ferveur exacerbée de l'autre, le Québécois a offert une démonstration convaincante de sa maîtrise du capricieux instrument avec une technique impressionnante.
Dans le Capriccio Diabolico de l'Italien Mario Castelnuovo Tedesco, on a pu apprécier la qualité technique de son jeu marqué par une virtuosité certaine mais au service d'une interprétation très musicale. Sans être bêtement chauvin, on peut dire que Sébastien Deshaies fait honneur à son coin de pays.
Les trois ont présenté quelques pièces très sympathiques en trio dans la seconde partie. Globalement, on a eu droit à un joli concert, très accessible et dans un genre qu'il nous est trop rarement donné d'entendre.
La beauté de l'exercice, c'est qu'il se répétera, sans être jamais exactement le même. D'abord, le trio de guitaristes se produira demain au Collège Notre-Dame-de-L'Assomption de Nicolet dans un spectacle au profit de la Fondation du collège. Ils offriront un autre concert le 10 mars à l'église Saint-Sauveur de Shawinigan, le lendemain au Rond Coin, de Saint-Élie-de-Caxton et, finalement, le 13 avril, à l'église Saint-Laurent, de Trois-Rivières.