Ingrid St-Pierre a accepté le rôle de porte-parole de la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer.

Ingrid St-Pierre porte-parole pour la Fédération des Sociétés Alzheimer

Ingrid St-Pierre avait déjà exprimé sa sensibilité face à la maladie d'Alzheimer à travers sa chanson Ficelles, dédiée à sa grand-mère qui en est atteinte. Il était donc naturel pour l'auteure-compositrice-interprète d'accepter le rôle de porte-parole proposé par la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer (FQSA), qui chapeaute 20 branches régionales.
«L'été dernier, j'ai participé à la Marche de la mémoire, organisée par la Société de mon coin, dans le Bas-Saint-Laurent. La Fédération a eu vent de ça...», raconte l'artiste originaire de Cabano en évoquant la genèse de son alliance avec la FQSA.
«Pour moi, c'était naturel de m'impliquer parce que je suis touchée, ma famille est touchée et tellement de gens sont touchés. Si je voulais m'impliquer dans une seule cause, c'était celle-là. On s'est choisis, la Fédération et moi», poursuit-elle.
La FQSA profite du mois de la sensibilisation à la maladie d'Alzheimer (janvier), pour présenter sa porte-parole et, justement, en faire une ambassadrice des messages qu'elle souhaite diffuser.
«Mon rôle est d'en parler le plus possible en entrevue et dans mes spectacles, de donner de l'information, surtout par rapport à l'importance du diagnostic précoce», formule-t-elle, en écho au thème de la nouvelle campagne de sensibilisation: «Le diagnostic précoce, ce fil qui nous lie à la vie».
Dans sa chanson Ficelles, tirée du premier de ses deux albums, Ingrid St-Pierre chante d'ailleurs «Je nouerai des ficelles/à tes souvenirs qui s'étiolent/et le jour où ils s'envoleront/moi j'en ferai des cerfs-volants/mais n'oublie pas mon nom»...
Déjà renseignée par ses études en psychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières et confrontée aux réalités de la maladie via sa grand-mère, la chanteuse a tout de même tenu à approfondir ses connaissances en devenant porte-parole de la cause.
Ainsi, elle peut facilement identifier les 10 signes précurseurs de la maladie, et connaît les statistiques de son occurrence dans la population.
«C'est facile de dire "c'est l'âge''. Mais il y a 10 symptômes à surveiller comme les difficultés de langage, la perte d'intérêt, les changements dans la personnalité...», énumère-t-elle à propos du chemin vers le diagnostic de la maladie.
La grand-mère d'Ingrid St-Pierre a reçu son diagnostic il y a cinq ans, mais sa famille avait commencé à s'inquiéter environ un an avant.
«On a réagi, on a posé des questions, on ne voulait pas que ce soit ça! C'est du cas par cas, mais quand on a un doute, c'est important d'aller consulter pour avoir accès à de l'aide. La famille joue un grand rôle, et on travaille avec le médecin», témoigne l'artiste de 28 ans.
Et parlant de famille, il ne faut pas négliger ce que vivent les proches des personnes atteintes. Les aidants naturels doivent composer avec plusieurs défis autant au quotidien que globalement, dans l'enjeu des limites de leur implication auprès du proche affecté. Le pas où les proches décident de «placer» un proche ne se franchit pas toujours sans déchirement.
La grand-mère d'Ingrid St-Pierre, elle, vit maintenant dans l'aile spécialisée en maladie d'Alzheimer d'une résidence pour aînés. «C'est difficile pour les aidants naturels. Les sociétés régionales peuvent aider avec la formation, des centres de répit. Il ne faut pas s'isoler», conseille la porte-parole.
«On peut aider autrement quand le proche est placé. Il faut continuer à être présent. On peut être porté à se dire: "La personne ne me reconnaît plus, je n'ai plus besoin d'y aller''. Mais il y a des moments où elle revient, où elle est plus présente. Il n'y a aucun remède pour guérir la maladie», rappelle-t-elle.
La Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer chiffre à 125 000 le nombre de Québécois atteints d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, et estime que ce nombre devrait plus que doubler d'ici une génération.
Pendant le mois de janvier, on peut consulter le site de la campagne de sensibilisation à l'adresse www.diagnosticprecoce.ca.