De gauche à droite: Mario Parenteau, directeur d'Innofibre, Raymond-Robert Tremblay, directeur général du Cégep de Trois-Rivières, Sylvain Robert, directeur du CRML et Nadia Ghazzali, rectrice de l'UQTR.

Industries du papier: l'UQTR au coeur du virage

L'Université du Québec à Trois-Rivières entend bien être au coeur du virage difficile que doivent prendre les industries du papier et de la forêt pour remonter la pente.
Jeudi, en présence d'une centaine de personnes des milieux industriel et de l'éducation, l'UQTR et ses chercheurs ont voulu rappeler qu'ils possèdent toute l'expertise requise pour aider ces industries fragilisées à se réinventer.
Le directeur du bureau de Québec de l'Association canadienne de l'industrie de la chimie, Jules Lauzon, estime que l'UQTR «doit devenir le centre mondial de l'industrie papetière.»
La rectrice, Nadia Ghazzali, rappelle que «le modèle d'affaires» de l'industrie des pâtes et papiers est «ancré dans une idéologie mono-industrielle qui confie les emplois, l'investissement, la recherche et l'innovation autour d'une seule catégorie de produits et de procédés inhérents à leur fabrication.»
«Il a donc fallu questionner tout ça pour ensuite se lancer dans la tâche titanesque de se réinventer afin de survivre aux changements mondiaux actuels», dit-elle.
Or, à voir les recherches qui se font tant au centre de recherche sur les matériaux lignocellulosiques (CRML) de l'UQTR qu'au Centre d'innovation des produits cellulosiques Innofibre du Cégep de Trois-Rivières, on constate que l'industrie a de quoi percevoir désormais son avenir avec grand optimiste.
C'est qu'on commence à découvrir le potentiel et la richesse extraordinaires que recèlent les fibres végétales.
Roger Gaudreault, directeur chez Cascades, donne l'exemple surprenant de travaux scientifiques réalisés en collaboration avec l'UQTR visant la création de semelles de souliers antibactériennes en carton dont l'utilisation s'adresse en particulier aux personnes diabétiques.
Éric Loranger, professeur au département de génie chimique, travaille de son côté au développement de nanocellulose modifiée qui trouvera usage dans le domaine de la balistique.
«On voit apparaître des collaborations inusitées», constate la rectrice «par exemple entre les disciplines du génie chimique et de la criminalistique.»
François Brouillette, professeur du département de Chimie, travaille pour sa part à modifier les fibres naturelles afin de leur conférer des propriétés de résistance à l'eau, à la graisse et même aux flammes, et ce, sans danger pour l'environnement. Or, on sait que présentement, les additifs utilisés couramment dans le monde pour ignifuger des matériaux représentent une grande problématique pour l'environnement et la santé.
Grâce à la recherche scientifique menée à l'UQTR, la matière lignocellulosique trouve une gamme surprenante d'applications et dans une perspective qui allie économie et environnement en utilisant les principes de plus en plus connus de la «chimie verte», véritable ligne directrice des chercheurs de l'UQTR et du Cégep.
«L'économie de plus en plus mondialisée nous oblige à nous dépasser», fait valoir Raymond-Robert Tremblay, directeur général du Cégep de Trois-Rivières.
Les innovations technologiques réalisées par Innofibre et le CRML intéressent les industries. Hier, Cascades, Buckman, GLV et Dupont Industrial Biosciences étaient parmi les participants à l'activité de maillage organisée par l'UQTR au terme d'une visite de l'édifice qui abrite Innofibre et le CRML.
Au fil des ans, plusieurs collaborateurs se sont joints aux projets menés par les deux organismes de recherche trifluviens dont le Réseau BioFuelNet, le Consortium de recherche et innovation en bioprocédés industriels au Québec et Innovation et développement économique Trois-Rivières.