Réalisée au coût de 270 000 $, la murale de la côte Plouffe a été dévoilée hier.

Inauguration de la murale de la côte Plouffe

Une quinzaine de peintres muralistes se sont partagé 4500 heures de travail, 600 litres de peinture et plus de 300 pinceaux et rouleaux pour réaliser la fresque de 760 mètres carrés dévoilée hier le long du mur de soutènement de la côte Plouffe.
C'est avec fierté que le maire Yves Lévesque et la directrice de Murale Création, Marie-Chantal Lachance, ont livré ce legs à la Ville de Trois-Rivières (et à ses citoyens!) dans le contexte des célébrations de son 375e anniversaire.
La murale de 600 pieds de longueur (132 m) et 15 pieds de hauteur (3,3 m) regroupe 12 tableaux qui dépeignent autant de chapitres marquants de l'histoire de la ville, de la traite des fourrures à l'incendie de 1908 en passant par la bataille de Trois-Rivières, l'évocation des forges du Saint-Maurice, la drave et l'industrie des pâtes et papiers.
Les thèmes de certains tableaux font plutôt référence à des éléments illustrant l'identité de la ville tels le fleuve et la terrasse Turcotte, le port, le parc Champlain, le marché aux denrées, le centre-ville et son commerce, ou le moulin seigneurial de Tonnancour dans le secteur Pointe-du-Lac.
À travers ces thèmes plus globaux se glissent subtilement une foule de clins d'oeil historiques intégrant davantage de références. Un sac à l'effigie de l'Université du Québec à Trois-Rivières à quelque part, une Une du Nouvelliste soulignant le 40e Grand Prix de Trois-Rivières ailleurs, un garçon portant l'uniforme des Aigles plus loin...
Les concepteurs de la fresque ont joué de fantaisie en se permettant de mêler les époques et de suggérer certains événements de manière plus symbolique que réaliste.
Ainsi, l'incendie de 1908 est symbolisé par les rouges et orangés des feuilles d'automne dans le tableau du parc Champlain.
Notons aussi que des textes explicatifs accompagnent les tableaux, fournissant plus de détails sur les thèmes qu'ils abordent.
Yves Lévesque croit que la murale témoigne de «la nouvelle image de Trois-Rivières». «Elle représente vraiment fidèlement l'histoire de Trois-Rivières et donne l'image de prospérité de la ville», considère-t-il.
Le maire n'a pas manqué de revenir sur la question de l'octroi du contrat de la fresque à une firme de Québec, un choix qui avait soulevé quelques critiques du milieu trifluvien.
«S'il y a quelqu'un qui privilégie le local, c'est bien moi. C'est une priorité. J'ai vu les murales de Québec et de Sherbrooke et les meilleurs pour faire ça, c'est Murale Création», a-t-il justifié.
La directrice de la firme, Marie Chantal Lachance, a souligné que le projet de Trois-Rivières était le plus grand que Murale Création ait réalisé parmi la trentaine d'oeuvres créées au Québec depuis 10 ans.
La Ville projette de bonifier la murale en l'éclairant et en réaménageant les voies de circulation qui la longent. On estime à plus de 25 ans la «durée de vie» d'une oeuvre telle que celle peinte sur le mur de la côte Plouffe.
Celle-ci succède à deux autres fresques, plus modestes, respectivement réalisées en 1979 et en 1998.