Vincent Vallières présentait hier soir à la salle Anaïs-Allard-Rousseau son spectacle Fabriquer l'aube devant une salle comble et ravie.

Ils s'aiment encore

Si, dans son rappel, Vincent Vallières a choisi d'interpréter Février et En attendant le soleil, il ne faut surtout pas croire qu'il avait le coeur froid. Devant une salle Anaïs-Allard-Rousseau comble, il a, au contraire, semblé plus chaleureux et heureux que jamais de chanter, jeudi soir.
Le chanteur en est au tout début de la tournée saluant son dernier album, Fabriquer l'aube et l'aiguille de la jauge de son réservoir d'énergie et de bonheur de chanter est au maximum.
Cette tournée le mènera d'ailleurs au Théâtre Belcourt le 8 février prochain ainsi qu'à Shawinigan le 4 avril. Vous faites comme vous voulez mais à Trois-Rivières, les billets étaient tous vendus plusieurs semaines à l'avance. Ça laisse croire que le chanteur aurait pu remplir les 450 sièges du Théâtre du cégep.
On ne sait pas trop si, en après-midi, il offrira là-bas aussi un spectacle spécial pour des élèves de deuxième cycle du secondaire simplement pour faire la promotion de la langue française. Il présentait son premier hier et s'est dit très heureux de cette initiative qui tient notamment à un substantiel don en argent (30 000 $) de la part d'un certain Leonard Cohen. En soirée, Vallières a chanté en français la chanson Everybody Knows du vieux maître autant comme un hommage qu'un remerciement.
Les 90 minutes de spectacle ont été précédées d'une prestation d'André Papanicolaou, guitariste de Vallières mais très bon auteur-compositeur à ses heures, si on se fie aux quatre chansons interprétées hier.
C'est quand même le chanteur à lunettes que le public était venu entendre et il a été totalement à la hauteur: généreux, enthousiaste, touchant, vrai. Avec, toujours, cette pointe d'ironie et de timidité dans ses interventions parlées qui le rendent très sympathique. La force de sa présence en scène tient à davantage: il établit une communication très intense avec le public.
Certes, la salle Rousseau s'y prête par la proximité qu'elle crée avec le public, mais Vallières tisse un lien étonnant avec son monde. C'est un cliché bête de dire que chanter est un acte de communication mais il est rare que ce soit aussi évident qu'avec lui. Il communie avec son public sans tellement chercher à lui plaire mais plutôt en se donnant avec abandon et en y prenant un plaisir évident et contagieux.
Aussi efficace dans les chansons au rythme plus appuyé comme celles avec lesquels il a entrepris le spectacle: Avec toi, En regardant finir le monde ou Mélie, que dans les chansons d'amour douces, il n'a jamais manqué de prendre le public avec lui, partageant l'énergie et l'émotion avec le même enthousiasme.
On dira que son public était d'avance conquis et c'est sans aucun doute vrai, mais il l'a quand même séduit une fois de plus. Quand il a chanté Asbestos en hommage à ses grands-parents, Lili, en hommage à sa fille ou Fermont, dans un silence fasciné, on aurait pu entendre couler une larme.
Vincent Vallières mérite complètement le capital d'affection dont il jouit présentement. Il a plus qu'un indéniable talent musical et d'auteur, il a une présence rare, touchante et généreuse dont le spectacle d'hier a remarquablement témoigné.
En chantant On va s'aimer encore comme toute dernière chanson de sa prestation, il ne faisait aucun doute qu'il s'adressait à son public et celui-ci, en reprenant seul le refrain dans un unisson bien franc, lui a clairement répondu. Ce sont des choses qui arrivent à la fin des très bons spectacles.