IFFCO Canada a le feu vert environnemental pour s'installer dans le parc industriel de Bécancour.

IFFCO: avis favorable du BAPE

Le projet d'une usine d'engrais au coût de 1,2 milliard de dollars dans le parc industriel de Bécancour pourra aller de l'avant. En effet, dans son rapport rendu public jeudi, le BAPE se veut favorable à sa réalisation.
Au terme de son analyse, la commission d'enquête conclut que le projet répond à un besoin et que la proposition déposée par IFFCO Canada est acceptable d'un point de vue écologique, social et économique.
Le ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, est maintenant en mesure de faire une recommandation au gouvernement. La décision gouvernementale sera prise par un décret qui sera publié dans la Gazette officielle du Québec.
«C'est un signal positif. Et j'ai toujours eu un préjugé favorable au projet», a simplement commenté le ministre Blanchet. «On se réjouit que le projet soit acceptable», a indiqué le porte-parole de l'entreprise, Yvan Martin.
Même si celui-ci reporte à plus tard les détails des échéanciers, tout porte à croire que ce feu vert environnemental va permettre le début de la construction dès cet été. La mise en chantier va nécessiter l'embauche de 1000 à 1500 travailleurs d'ici 2017.
«C'est une nouvelle qui était attendue et une étape essentielle qui est passée. La compagnie est prête à construire à l'été. Et on prévoit rencontrer les dirigeants pour les sensibiliser aux sous-traitants de la région», a confié le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Jean-Guy Doucet.
«C'est une excellente nouvelle pour Bécancour. Ceci fait la démonstration qu'il est possible de conjuguer activités industrielles et respect de l'environnement. Il faut maintenant mettre tout en oeuvre pour que cet important projet d'usine se concrétise», a souligné de son côté le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.
IFFCO Canada est un consortium d'entreprises qui inclut Investissement Québec et La Coop fédérée. L'usine aurait un coût d'exploitation annuel de 270 millions de dollars en plus de générer 250 emplois directs et 500 indirects ou induits. La Coop fédérée a négocié avec IFFCO Canada l'achat de 500 000 tonnes par année d'urée pour une distribution exclusive en Amérique du Nord.
C'est à la demande du ministre Blanchet que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a rendu public son rapport d'enquête et d'audience publique, au terme d'un mandat qui avait débuté le 26 août 2013. Au total, 23 mémoires ont été déposés par des personnes, des groupes, des organismes et des municipalités intéressés par ce projet.
Du point de vue écologique, juger le projet acceptable peut paraître paradoxal. L'usine empiéterait sur des milieux humides, elle figurerait parmi les quinze installations les plus émettrices de GES au Québec et elle contribuerait à accentuer la dégradation de la qualité de l'air. Cependant, diverses actions portent la commission d'enquête à croire que le projet se traduirait en un gain pour l'environnement.
La venue du projet a été, pour le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, l'occasion de renforcer l'application de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables ainsi que de travailler avec la Société du parc industriel et portuaire et la MRC de Bécancour au développement d'un plan de gestion de la plaine inondable sur le territoire de la Société. Il s'agit d'une première au Québec pour un parc industriel. Les compensations écologiques prévues dans ce plan incluraient les pertes passées et futures inhérentes au développement du parc.
Il appert essentiel pour la commission d'enquête que ce projet ne remette pas en question l'atteinte de l'objectif gouvernemental actuel de réduire les GES de 20 % sous le seuil de 1990. Une fois l'usine en exploitation, l'urée qui y serait produite permettrait d'abaisser de 30 % les émissions de GES du berceau à l'entrepôt par rapport à la situation actuelle, soit son importation au Québec.
Du point de vue social et économique, on souligne que les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont été éprouvées ces dernières années par de nombreuses fermetures d'usines et mises à pied. Les collectivités locales et la communauté d'affaires se sont montrées favorables au projet. Elles voient d'un bon oeil la création d'emplois de qualité et la diversification des opportunités d'affaires.
Un comité interministériel a accompagné IFFCO Canada dans ses démarches administratives et réglementaires. Les entreprises du parc industriel et portuaire de Bécancour travaillent pour une gestion efficace des risques technologiques et IFFCO Canada compte participer activement aux travaux du comité mixte municipalité-industries, ce qui contribuerait à améliorer la communication du risque aux citoyens.
Finalement, la commission d'enquête souhaite proposer une nouvelle vision à la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour: faire du territoire sous sa juridiction un écoparc qui promeut l'écomobilité, la réduction de l'empreinte écologique sur le milieu, la protection et l'amélioration de la valeur écologique des milieux naturels et la promotion de la symbiose industrielle.