Guy Nantel était de passage au Complexe culturel Félix-Leclerc à La Tuque, samedi soir.

Guy Nantel, drôle et corrompu

L'humoriste Guy Nantel est venu charmer la Mauricie lors du dernier week-end. À l'aube d'une réelle campagne électorale, il a posé sa candidature en tant que dictateur démocratique et a tenté de convaincre les spectateurs de ne pas voter pour lui. Intelligent, drôle et réfléchi, son quatrième one man show Corrompu a conquis le public latuquois, samedi soir, au Complexe culturel Félix-Leclerc.
«La démocratie, c'est tout le monde qui décide qui va nous fourrer pendant les quatre prochaines années. C'est ça, la démocratie», disait-il en guise d'ouverture. Avec des propos comme ceux-là, il allait de soi que le système électoral, les «gnochons» d'électeurs et assurément les politiciens allaient y goûter durant le spectacle.
Personne n'a été épargné, ni même l'humoriste qui a fait lui-même l'inventaire de ses défauts pendant une bonne partie du spectacle. La liste est longue, près d'une vingtaine au total: cupide, égocentrique, violent, tricheur, plein de préjugés, homophobe, misogyne, obsédé sexuel, naïf, malheureux, pas trop cute, peureux, irresponsable, rétrograde, politiquement incorrect, cynique, grande gueule, autoritaire, menteur, manipulateur et profiteur.
L'autodérision est poussée au maximum, mais dès le départ, il affirme être en mesure de «tout faire tout seul», c'est conséquent! Guy Nantel ne passe pas par quatre chemins pour livrer «la vérité et rien que la vérité».
Le concept qu'il utilise est ingénieux et bien mené. Les anecdotes sont drôles et colorées. L'enchaînement des situations est également très efficace, tellement que le spectateur ne voit pas le temps passer.
Paradoxalement à sa liste de défauts qui mène son spectacle, Guy Nantel a plusieurs qualités. Son interaction avec le public est astucieuse et audacieuse, elle en a même surpris plus d'un à La Tuque. Il va même jusqu'à adapter certains numéros pour leur donner une saveur locale.
À travers ses numéros, il réussit à mettre en valeur les contradictions de la société. Bien sûr, il pousse le tout à l'absurde, mais il fait réfléchir à coup sûr, même dans les moins bons numéros.
«Le dernier bloc que je viens de vous faire vous dit peut-être quelque chose. C'est normal, c'était aussi dans mon dernier spectacle. [...] Je me suis dit que si les politiciens reviennent tous les quatre ans avec les mêmes idées, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas faire la même affaire. Et ça marche, vous avez applaudi. Vous pouvez être certain que ça va être dans le prochain show», a-t-il lancé.
Parallèlement à ça, quelques numéros, tout aussi efficaces, se détachent de la ligne directrice. L'humoriste apprend notamment à son public comment utiliser et conjuguer correctement les sacres.
Guy Nantel termine son spectacle de près de deux heures en force en présentant le top 10 des idées de son programme électoral comme «premier dictateur démocratique» et sa propre version québécoise du jeu de Monopoly, où l'objectif est de «fourrer les adversaires sans qu'ils s'en rendent compte».
«Dans le journal local, on va écrire demain en titre: Guy Nantel, un ostie de bon show», disait l'humoriste. Oui, un ostie de bon show, pour quelconque citoyen qui suit de près ou de loin l'actualité.