Une loi obligeant la présence de gicleurs dans toutes les résidences doit être accompagnée d'un soutien financier pour les propriétaires, plaide le président-directeur général du RQRA, Yves Desjardins.

Gicleurs: le RQRA demande l'aide financière du gouvernement

Le président du Regroupement québécois des résidences privées pour aînés (RQRA), Yves Desjardins, était de passage à Trois-Rivières, la semaine dernière, dans le cadre de la tournée annuelle de l'organisme auprès de ses membres, une tournée au cours de laquelle la question de sécurité contre les incendies a pris beaucoup de place, on s'en doute, à cause de la récente tragédie à l'Isle-Verte.
Les propriétaires et gestionnaires de résidences pour aînés membres du RQRA «ont tous été ébranlés» par ce triste événement, dit-il.
«Ça fait longtemps qu'on a demandé au gouvernement d'exiger les gicleurs dans les résidences, mais pas sans soutien financier», plaide M. Desjardins.
Ce dernier explique que 1400 des 2000 résidences membres du RQRA comptent moins de 100 personnes, dont 700, moins de 10. «Ces gens-là n'ont pas la capacité de faire de tels travaux et on ne peut pas augmenter les loyers», plaide le président. Il en coûte entre 4 $ et 6 $ le pied carré pour installer des gicleurs dans une résidence déjà construite, indique M. Desjardins.
Afin de donner une idée de l'ampleur des travaux nécessaires M. Desjardins cite l'exemple d'une résidence de 100 places pour qui les travaux se sont chiffrés à 150 000 $. «Les gens veulent tous faire ces travaux, mais la plupart n'en ont pas les moyens», dit-il.
À l'occasion de la campagne électorale, alors que les candidats visitent les personnes âgées dans ce type de résidences, M. Desjardins croit que le moment est bien choisi pour parler de tout ça. «C'est notre message au gouvernement», dit-il.
M. Desjardins a profité de sa tournée pour rappeler aux propriétaires et gestionnaires des résidences «de miser sur le personnel et de maintenir la formation à jour par rapport aux mesures d'urgence, plans d'évacuation et ainsi de suite», dit-il.
«Des fois, on pense que le bâtiment est sécuritaire. Mais on a affaire à des aînés qui ne sont pas nécessairement les plus rapides pour évacuer un bâtiment», fait-il valoir. Bien avant l'Isle-Verte, le RQRA avait déjà plaidé pour l'installation de gicleurs et demandé au gouvernement l'aide financière nécessaire, l'an dernier, alors que 70 aînés avaient survécu de justesse à un incendie à Sainte-Rose.
«Les gens s'en viennent en résidence pour socialiser, pour éliminer des tracas et pour une question de sécurité», fait-il valoir. «C'est ça qu'on vend.» L'organisme demande au gouvernement que les gicleurs soient obligatoires dans les résidences pour aînés, «mais donnez-nous de l'aide», plaide M. Desjardins. «Les aînés n'ont pas de capacité de payer», dit-il.
«Comme société, quelle place donne-t-on à nos aînés?», demande-t-il. En attendant, M. Desjardins recommande aux résidences de s'assurer régulièrement du bon fonctionnement de leur équipement de protection contre les incendies. En Mauricie et au Centre-du-Québec, on compte 214 résidences pour aînés, soit 11 084 unités locatives. De ce nombre, 62 sont membres du RQRA.