Forte odeur d'élections (vidéo)

À en juger par le nombre de fois que l'expression «gouvernement majoritaire» a été utilisée, mercredi soir à l'occasion d'un rassemblement péquiste tenu au Musée de culture populaire québécois de Trois-Rivières, la prochaine campagne électorale provinciale cogne à nos portes.
<p>La première ministre Pauline Marois a prononcé un discours à saveur électorale axé sur l'économie et la souveraineté, mercredi, devant quelque 300 militants péquistes réunis au Musée québécois de culture populaire.</p>
<p>La députée de Champlain, Noëlla Champagne, et le ministre responsable de la région, Yves-François Blanchet, étaient aux premières loges aux côtés de la première ministre Pauline Marois et du député Léo Bureau-Blouin pour assister à ce rassemblement tenu en marge du caucus du Parti québécois. On les aperçoit pendant l'allocution du député de Saint-Maurice, Luc Trudel.</p>
«À vous voir aussi nombreux et enthousiastes, ça me donne des idées. Est-ce ça vous en donne à vous aussi?», a d'abord lancé d'entrée de jeu la première ministre Pauline Marois à une foule de quelque 300 militants survoltés. «Je vais continuer à réfléchir», a-t-elle poursuivi, en référence aux rumeurs d'élections qui s'intensifient pour la tenue d'un scrutin printanier.
Après avoir abordé la politique économique de son parti qui permettra de créer 115 000 nouveaux emplois d'ici trois ans et vanté la stratégie québécoise d'électrification des transports, Pauline Marois s'est attaquée à la souveraineté.
À ce sujet, la première ministre s'est même engagée à produire un livre blanc sur l'avenir du Québec dans son prochain mandat. «Il est temps pour nous de faire un bilan du chemin parcouru et de penser à la route que nous devons prendre ensemble», a-t-elle expliqué.
«Nous voulons que le Québec devienne un pays libre et indépendant», a scandé Mme Marois. Sur cette note, la chef péquiste a notamment réitéré sa volonté de tenir un référendum «au moment approprié».
Entre deux envolées souverainistes, la première ministre en a profité pour écorcher ses rivaux. «François Legault s'obstine à vouloir atteindre le déficit zéro dès maintenant. Philippe Couillard, lui, il a hésité. Il a d'abord proposé de repousser de quelques années le maintien de l'équilibre budgétaire. Le lendemain, il a changé de position pour réclamer le déficit zéro», a-t-elle martelé.
D'ailleurs, Mme Marois a insisté à quelques reprises sur les changements de position du chef libéral au cours des derniers mois, notamment sur l'atteinte du déficit zéro ou encore sa position sur la charte des valeurs. De plus, elle exige que Philippe Couillard précise sa position quant à la signature de la constitution canadienne.
Quant aux rumeurs électorales, la chef péquiste a aussi accusé les partis d'opposition de vouloir précipiter les choses. «Nous devons nous préparer dans chacune de nos régions», dit-elle. Pour Mme Marois, les Québécois seront appelés à choisir entre «l'attitude négative de M. Legault», la démarche «hésitante, indécise, molassonne de M. Couillard» et la vision de son gouvernement qu'elle a qualifié de «positive et très déterminée».
La région à l'honneur
Un peu plus tôt, le ton de la soirée avait été donné par les députés Noëlla Champagne et Luc Trudel ainsi que le ministre régional Yves-François Blanchet.
Première à s'adresser aux militants, la députée de Champlain a rappelé tous les efforts déployés par le PQ pour soutenir la région avant de se laisser prendre par la fièvre électorale. «On est là pour rester. On est là pour être majoritaires!»
Député de Saint-Maurice, Luc Trudel a pour sa part déploré que la région ne mise que sur seulement deux représentants péquistes tout en incitant les militants à faire renverser la tendance lors du prochain scrutin. «Je regrette une certaine époque où il y avait huit députés dans nos deux régions. Militants, c'est à nous de faire le travail», a-t-il déclaré.
Quant au ministre régional, Yves-François Blanchet, il s'est dit content du bilan réalisé jusqu'à présent par le gouvernement Marois. Le député de Johnson a tenu à rappeler que la décision de procéder au déclassement de la centrale nucléaire de Gentilly-2 était «responsable» tout en vantant les mérites du Fonds de diversification économique mis de l'avant pour relancer l'économie de la région.
«Nous avons décidé d'inviter la Mauricie et le Centre-du-Québec à développer une économie allant s'appuyer sur la PME. Ç'a marché ailleurs et il y a toutes les raisons au monde que la région puisse en faire autant un grand succès», a-t-il lancé avant de présenter Pauline Marois en tant que première ministre «d'un gouvernement qui deviendra majoritaire et la première ministre d'un pays».
Le portrait se précise
Pendant ce temps, l'échiquier se dessine dans la région pour le PQ. L'ancien directeur général de la Commission scolaireLa Riveraine, Jean-René Dubois, sera le candidat dans Nicolet-Bécancour tandis qu'André Beaudoin, candidat défait à l'élection de 2012, tentera de nouveau sa chance dans Laviolette.
Pour M. Dubois, c'était un premier bain de foule en tant que candidat officiel et il s'est dit ravi de pouvoir rencontrer les différents députés et ministres péquistes. On lui avait d'ailleurs réservé une place de choix pour la soirée, en toute première rangée de la salle. À la fin de la soirée, il a même eu droit à une accolade bien sentie avec Pauline Marois.
À Trois-Rivières, rien ne semble encore coulé dans le béton. Toutefois, l'Association péquiste trifluvienne a approché l'avocat et militant de longue date, François Rioux.
Présent au rassemblement, mercredi, le principal intéressé a fait savoir qu'il était intéressé par la proposition mais qu'il n'avait pas encore arrêté sa décision.
De son côté, Patrick Lahaie a refusé de confirmer s'il allait être sur les rangs au prochain scrutin dans Maskinongé. En 2012, il avait été défait par le député libéral, Jean-Paul Diamond.