Fluoration: un «manque d'intérêt» des candidats

La Coalition Trifluvienne pour une Eau Très Saine (CTETS), qui milite actuellement contre la fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières, se désole du peu d'intérêt manifesté dans ce dossier par les différents candidats aux élections provinciales.
La CTETS, qui devait tenir une conférence de presse mardi pour interpeller les candidats, a préféré annuler l'événement étant donné qu'aucun des candidats des trois comtés représentés dans la ville de Trois-Rivières n'a confirmé sa présence.
«Les candidats auraient pu annoncer publiquement leur désapprobation de cette méthode très controversée et peu efficace de soumettre la population à une médication préventive forcée sans consultation citoyenne, enfreignant ainsi la Charte des droits et libertés de la personne. Ils auraient pu s'afficher en faveur d'autres solutions socialement plus acceptables pour la prévention de la carie dentaire chez les enfants.
Nous sommes déçus de ce refus et il faut espérer que, d'ici le 7 avril, le dossier de la fluoration fasse partie des questions des citoyens et des médias locaux et nationaux», déplorent les porte-parole de la CTETS, Jean-Marc Meis et Philippe Giroul dans un communiqué publié lundi.
Après validation auprès des différentes équipes électorales, on constate que certains candidats avaient tout de même l'intention d'y être, et ont appris l'annulation de l'événement en même temps que les médias. «Nous n'avions pas dit que nous ne serions pas là. Pour nous c'était à l'agenda», confirme Mario Morand, responsable de la campagne du candidat de la CAQ dans Champlain, Andrew D'Amours.
Du côté de Québec solidaire, on entend parler de fluoration durant cette campagne, mais on estime que la position publique prise par le parti cet hiver était déjà assez claire. «Il y aura des débats où on parlera d'environnement et c'est certain que nous allons en profiter pour réitérer notre position», signale la responsable des communications en Mauricie, Mariannick Mercure.
Québec solidaire avait signifié être défavorable à la fluoration de l'eau potable en raison des lacunes importantes de la mesure en termes d'acceptabilité sociale. Pour eux, d'autres alternatives plus acceptables socialement existent, notamment la «bonification du Plan d'action de santé dentaire publique par une couverture dentaire plus universelle et plus étendue».
Pour le candidat libéral dans Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, le débat a déjà été fait à l'hôtel de ville, et il devenait illogique de prendre position à ce sujet. «Le débat a été fait, la Ville a pris ses responsabilités et les conseillers ont voté à la majorité. La démocratie a parlé», explique le directeur des communications de M. Girard, Denis Simard.
Pour le candidat libéral dans Maskinongé, Marc H. Plante, c'est plutôt un conflit d'horaire qui explique cette absence. «Nous avions mentionné que nous ferions notre possible pour y être, mais que nous avions aussi des rendez-vous que nous ne pouvions déplacer. L'agenda est très chargé en campagne électorale», confirme Pauline Fillion, responsable de l'agenda de Marc H. Plante.
Même son de cloche pour le candidat péquiste dans Maskinongé, Patrick Lahaie, qui avait un conflit d'horaire.
Quant aux candidats de la CAQ dans Trois-Rivières et Maskinongé, Diego Brunelle et Martin Poisson, on explique qu'il s'agit d'un dossier de niveau municipal. «Les candidats ont préféré ne pas se mêler d'un dossier qui relève de la juridiction municipale», a signifié Émilie Toussaint, responsable des communications pour la CAQ.