La petite localité de Saint-Luc-de-Vincennes s'est réveillée d'un long cauchemar, jeudi, alors que le site de compostage a été complètement nettoyé. Il a fallu trois ans de travaux pour la débarrasser du gigantesque et surtout nauséabond amas de près de 294 000 tonnes de matière en compostage. On voit sur la photo, Noëlla Champagne, députée de Champlain, Jean-Claude Milot, maire de Saint-Luc-de-Vincennes et Michel Saint-Germain, directeur des travaux.
La petite localité de Saint-Luc-de-Vincennes s'est réveillée d'un long cauchemar, jeudi, alors que le site de compostage a été complètement nettoyé. Il a fallu trois ans de travaux pour la débarrasser du gigantesque et surtout nauséabond amas de près de 294 000 tonnes de matière en compostage. On voit sur la photo, Noëlla Champagne, députée de Champlain, Jean-Claude Milot, maire de Saint-Luc-de-Vincennes et Michel Saint-Germain, directeur des travaux.

Fin d'un long cauchemar à Saint-Luc-de-Vincennes

Louise Plante
Louise Plante
Le Nouvelliste
La petite localité de Saint-Luc-de-Vincennes s'est réveillée d'un long cauchemar, vendredi, alors que Services environnementaux Richelieu et Environnement VIRIDIS inc. ont annoncé officiellement la fin du nettoyage des matières du site de compostage de Saint-Luc-de-Vincennes, autrefois connu sous le nom de Compostage Mauricie, propriété de René Schreiber.
Québec a tout de même tiré une leçon de cette saga qui aura coûté 16,5 M$ aux contribuables québécois. Le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a en effet déposé cette semaine un projet de règlement qui permettra au gouvernement d'effectuer des interventions plus rapides et plus efficaces à l'avenir, aux frais de l'exploitant pour limiter les dommages environnementaux qui peuvent survenir en cours d'exploitation ou à la suite d'une fermeture d'un site du genre. L'annonce en a été faite sur place par la députée de Champlain, Noëlla Champagne.
On avait peine à croire, hier, en voyant l'immense terrain vague que s'y trouvait autrefois un gigantesque et surtout nauséabond amas de près de 294 000 tonnes de matière en compostage, laissées en plan après la faillite de Compostage Mauricie en 2008.
SER et VIRIDIS ont dressé un bilan positif de la vaste opération de nettoyage et de valorisation de la matière en compostage, puisqu'elles ont largement dépassé les objectifs du mandat octroyé par le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs en parvenant à valoriser presque la totalité de la matière alors que la barre avait été fixée à 60 % par le ministère.
«Au printemps 2010, nous avons été mandatés par le ministère pour réaliser les travaux de nettoyage et valorisation des matières résiduelles du site, et ce, dans un délai maximal de quatre ans. Avec tout près d'un an d'avance, nous sommes heureux d'annoncer que nous avons réussi à valoriser un peu plus de 95 % des 293 421 tonnes de matières organiques présentes sur le site en les utilisant comme fertilisant pour les terres agricoles», a déclaré Michel Saint-Germain, directeur des travaux.
Ce dernier n'a pas manqué de faire remarquer que l'opération avait aussi permis d'éviter le recours à une somme importante de produits chimiques.
Le maire de Saint-Luc-de-Vincennes, Jean-Claude Milot, s'est dit très heureux de conclure une bataille vieille de 10 ans qui lui a occasionné bien des nuits blanches. Il a rendu hommage à son conseil municipal ainsi qu'au conseil de la MRC des Chenaux qui l'ont toujours soutenu dans sa lutte contre Compostage Mauricie, particulièrement lors d'un coûteux procès remporté par la Municipalité. Rappelons que trois  juges de la Cour d'appel du Québec avaient donné raison sur toute la ligne à Saint-Luc-de-Vincennes en 2008. Compostage Mauricie ne pouvait plus recevoir sur son site d'intrants d'origine animale (source des mauvaises odeurs) et devait se contenter des résidus d'origine végétale, tel que le prévoyait la convention intervenue entre la Municipalité et l'entreprise de compostage en 1995.
M. Milot a aussi rendu hommage au gens du consortium qui ont mené la tâche à bien, et parmi lesquels il dit maintenant compter des amis. «Merci, c'est une belle job et une vraie libération», a-t-il lancé.
Michel Saint-Germain a aussi expliqué que le mandat du ministère a été exécuté en minimisant les impacts sur l'environnement et en conformité avec les règles et les exigences du ministère de l'Environnement. De plus, plusieurs mesures ont été mises en place pour gérer les nuisances potentielles telles que les mauvaises odeurs, (surtout au début) la poussière, le bruit ainsi que le suivi et le contrôle de l'eau, afin de préserver les fossés voisins et la qualité de vie du voisinage. Un bilan indique que le nombre total de plaintes a été de trois seulement et qu'elles sont survenues au cours de la première année des activités.
On a aussi souligné hier que tout au long des travaux, SER/VIRIDIS a privilégié une approche de communication basée sur la transparence et le dialogue avec la communauté. «Nous tenons à souligner le travail rigoureux du comité de vigilance qui a été au coeur des mesures mises en oeuvre pour informer les citoyens et demeurer à leur écoute», a mentionné M. St-Germain. Le comité de vigilance avait pour mandat de transmettre les préoccupations des citoyens afin que celles-ci puissent être considérées et traitées. Les résidents de Saint-Luc-de-Vincennes devraient d'ailleurs recevoir avant Noël un dernier bulletin d'information faisant le bilan de l'opération nettoyage.
Enfin, Renaud Lapierre, président d'Environnement VIRIDIS inc, a mentionné qu'un fonds spécial créé au cours de l'opération et représentant 1 % du chiffre d'affaires des activités de nettoyage avait permis de remettre 130 000 $ à 13 projets pour des réalisations à caractères environnementaux, comme la mise en place d'une stratégie d'économie de l'eau potable, la revégétalisation d'un site municipal, la distribution de composteurs domestiques et l'aménagement d'un écocentre. Le projet Smart pots, ou «potager de balcon», des premiers quartiers de Trois-Rivières, a également reçu une aide du Fonds vert.
Maintenant que le site est nettoyé, le ministère de l'Environnement continuera à veiller à sa conformité environnementale et entreprendra dans les prochains mois des actions pour compléter la réhabilitation du terrain. Dans un premier temps, a précisé Pierre Boucher, directeur régional du ministère, on lancera l'appel d'offres pour la réalisation des travaux de caractérisation du site. Par la suite, le ministère établira un plan de réhabilitation du terrain. À ce propos, M. Boucher a précisé qu'une fois décontaminé, le terrain sera vendu mais, a-t-il ajouté, on ne doit pas penser que Québec réussira à récupérer tout l'argent qu'aura coûté cette aventure. Pour sa part, le maire Milot s'est dit optimiste car, déjà, des gens se seraient montrés intéressés à acheter ce terrain. Une bonne nouvelle pour ce maire qui s'apprête à relancer le développement de son village.
Le nettoyage en chiffres
Date de la remise du contrat: 29 avril 2010
Coût total du nettoyage: 16,5 millions $
Nombre d'entreprises formant le consortium responsable: 4 entreprises
Délai pour une future décontamination: Environ 1 an
Frais juridiques de Saint-Luc-de-Vincennes: 220 000 $ (procès contre Compostage Mauricie)
Total de l'amas en compostage: 293 421 tonnes de matière
Pourcentage de matière revalorisée: 95 % de l'amas en compostage
Nombre de fermes ayant reçu la matière revalorisée: 200 fermes québécoises
Nombre de régions concernées au Québec: 9 régions
Principales régions réceptrices:
Centre-du-Québec (30 %) 89 744 tonnes
Mauricie (20 %) 59 460 tonnes
Nombre total de voyages de camions: 10 000 voyages
Total du Fonds vert spécial: 130 255 $ pour 13 projets