Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

FerroAtlántica: Dubois concède à Shawinigan

«Comme la caricature du Nouvelliste, on a mis les oreillers sur nos tambours et on a arrêté de faire la parade».
Voilà comment le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a expliqué lundi soir à ses concitoyens la tournure des événements dans le dossier de l'usine de silicium métal de FerroAtlántica qui s'installera finalement à Shawinigan. Son annonce officielle surviendra dès que Rio Tinto Alcan aura finalisé sa transaction avec le promoteur.
D'entrée de jeu, le premier magistrat a profité de la séance publique pour dire que «la compagnie fait bien des vagues, mais il n'y a pas de bateaux qui vont arriver».
«On a d'abord appris que la compagnie espagnole s'en venait au Québec, que Saguenay disait: ça s'en vient chez nous, et que Bécancour serait sur les rangs. Comme une belle fille, on a pris les mesures de séduction, mais Shawinigan est sortie du sac. On était parti pour séduire avec Trois-Rivières. Mais ce n'était pas une bonne belle», a-t-il raconté.
En choisissant le site de l'ancienne aluminerie de Rio Tinto Alcan, FerroAtlántica sauvera «beaucoup de millions de dollars», seulement avec l'alimentation électrique, soutient le maire Dubois. «C'est mieux pour eux autres. Les cuves sont là et ces économies vont suppléer au supplément de coût pour le transport de minerai entre Shawinigan et Trois-Rivières», souligne M. Dubois. «On partage le même carré de sable et notre tour saura venir nous aussi», renchérit-il.
Jean Tremblay garde espoir
Or, en dépit des informations circulant à l'effet que la future usine de silicium métal de FerroAtlántica serait construite à Shawinigan, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, ne lance pas la serviette.
À l'occasion de la séance du conseil tenue lundi midi, il a déclaré avoir discuté le matin avec le président de l'entreprise espagnole afin de déterminer s'il valait la peine de poursuivre, ou non, les efforts pour obtenir l'implantation à Saguenay de cette future usine.
«J'ai organisé un scénario. Je voulais savoir ce qu'il manquait au dossier pour obtenir l'usine» a déclaré M. Tremblay au citoyen Martin Taylor, ex-président de l'usine Elkem Canada venu s'enquérir de l'état du dossier.
M. Tremblay a refusé de dévoiler les avantages consentis à l'entreprise pour qu'elle vienne s'installer à Saguenay, mais de ce qu'il faut comprendre de la conversation, c'est que les tractations se poursuivent. «Ça va bien. Je ne dis pas qu'on va l'avoir. La dernière fois qu'on s'est parlé, il m'a dit qu'il ne voulait pas que le nom de l'entreprise soit dévoilé», a-t-il fait part.
Le maire de Saguenay estime qu'à cette étape-ci du dossier, l'implantation de la nouvelle usine est devenue un dossier autant politique qu'économique.
Comme d'autres observateurs de la scène politique, M. Tremblay entend les rumeurs d'imminence du déclenchement d'élections générales au printemps, la volonté du gouvernement du Parti québécois de devenir majoritaire en arrachant des circonscriptions à l'opposition, tandis que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est déjà bleu d'un bout à l'autre.
Avec la collaboration du Quotidien