La château de la Caze est devenu un centre culturel.

Et la suite, c'est quoi?

C'est ce matin que sera inaugurée l'exposition Tu ne tueras point, fruit de la collaboration du Musée des religions du monde de Nicolet et du Musée du protestantisme de Ferrières. Pour l'occasion, on attend pas moins de 150 invités pour souligner à grand trait le résultat de cette exposition bâtie de façon peu commune. Mais quelles sont les suites à donner à tout cela? Toutes les personnes impliquées souhaitent bien poursuivre et déjà des pistes de réflexions sont avancées.
<p>L'équipe de la tournée a eu l'occasion de déambuler dans les rues de la Caze, un charmant petit village.</p>
«Si on ne fait rien dans un court horizon, les liens peuvent se distendre. Mais ça, je crois que personne ne le souhaite», mentionnait d'entrée de jeu le président du Musée du protestantisme de Ferrières.
«On se lance souvent dans des projets très ambitieux. C'est dans notre nature. On ne le regrette pas, mais on est plus conscient maintenant des défis que ça demande», ajoutait Jean-François Royal, directeur du Musée des religions de monde de Nicolet.
Le bilan tracé par les deux organisations révèle que les réalités sont différentes, les moyens aussi. Si à court terme une nouvelle exposition n'est pas envisageable, le désir et la volonté de garder les liens conduisent vers d'autres types de collaborations.
«Je pense qu'on peut s'échanger nos projets éducatifs respectifs. C'est quelque chose de simple et qui s'adapte de part et d'autre. On a parlé aussi de la possible publication d'une plaquette sur l'exposition Tu ne tueras point. Et à plus long terme, on peut aussi travailler à l'organisation de stages. Pour ça, il va falloir travailler avec d'autres instances, mais ce n'est pas impossible», résume M. Royal.
Ainsi, la conclusion de cette tournée qui devait s'incarner par le vernissage de l'exposition se transforme finalement en un début d'une collaboration à long terme entre les deux musées.
Par ailleurs, la dernière visite culturelle inscrite au programme de la délégation, le château de la Caze, pourrait bien permettre d'ouvrir une nouvelle voie de collaboration entre le Tarn et la Mauricie cette fois.
Le château de la Caze
Au 15e siècle, la famille royale, une branche bâtarde mais tout de même reconnue dira le guide, occupait le château de la Caze. Quelque 500 ans plus tard, l'endroit a été transformé en centre culturel dans un souci de permettre à la population des environs de s'approprier l'endroit. Après dix ans de travail, voilà que la place est reconnue et la royauté a fait place à la musique acoustique, au théâtre et aux artistes en arts visuels.
Il n'en fallait pas plus pour que Marie-Andrée Levasseur, directrice du Centre d'exposition Raymond-Lasnier, saisisse l'occasion. Elle et la responsable de l'animation au château de la Caze, Chantal Laglasse, avaient discuté ensemble une première fois lors de la visite de la délégation française au Centre-du-Québec en octobre dernier, mais cette semaine, elles ont jeté les bases embryonnaires d'une future collaboration.
«Par l'expérience vécue avec le Musée des religions et celui de Ferrières, je vois que ce serait compliqué de réaliser une exposition commune, notamment parce que Chantal (Laglasse) est toute seule pour gérer tout. Par contre, on pense toutes les deux qu'on pourrait se proposer des artistes et échanger une exposition», mentionne Mme Levasseur.
Cette dernière a l'expérience de ce genre de projets au Centre d'exposition Raymond-Lasnier puisque des échanges ont eu lieu avec l'Italie en 2008, la Chine en 2010 et Taïwan cette année. «Les deux centres d'exposition ont des missions en arts visuels et contemporains alors ce serait naturel. Par contre, il faudra qu'on choisisse toutes les deux une exposition qui peut bien se transporter», ajoute-t-elle.
Comme les programmations sont planifiées longtemps à l'avance, l'objectif pour matérialiser cet échange est 2016 ou 2017. Marie-Andrée Levasseur espère pouvoir inscrire une partie du financement de ce projet dans l'entente de développement culturel à être renouvelée sous peu avec la Ville de Trois-Rivières, le ministère de la Culture et d'autres partenaires.
D'ici la fin de la tournée, les intervenants du milieu économique et du développement du Centre-du-Québec auront l'occasion de voir, avec leurs homologues tarnais, comment s'organise l'aide aux collectivités.
Carnet de route
Une artiste toulousaine à Trois-Rivières?
Au moment de visiter le château de la Caze, j'ai pu discuter avec deux artistes de l'endroit qui me mentionnaient qu'une artiste de Toulouse, Marie Sirgue, est en résidence d'artiste au Québec. Ils croient même que ce serait à Trois-Rivières mais je n'ai pas réussi à vérifier cette information.
Des similitudes avec le Théâtre Belcourt
Des participants à la tournée se sont rendus à Montredon-Labessonnié au Cinéslect un petit cinéma qui tient le coup depuis 57 ans. Le fondateur, Maurice Boyer, y oeuvre toujours et sa passion est contagieuse. Le directeur de la Conférence régionale des élus du Centre-du-Québec et président du Théâtre Belcourt, Michel Gagnon, a vu dans ce projet des similitudes avec la salle de Baie-du-Febvre.
«On fonctionne aussi avec des bénévoles et je sens le même genre de passion dans la façon de maintenir le lieu vivant. Mais ce qu'il y a de plus fort, c'est que les deux ont été fondés par des curés qui ont volé des matérieux. À Baie-du-Febvre, il avait volé des poutres d'aciers et ici, il a volé des poches de ciment», a-t-il souligné.
Le coffre à outils
Une des choses qui a surpris l'équipe du Musée des religions en arrivant au Musée du protestantisme à Ferrières, c'est leur coffre à outils... par son manque d'outils. Alors que l'équipe de Nicolet est habituée de faire la réalisation d'un bout à l'autre des expositions, celle de Ferrières fait plutôt appel à des bénévoles qui amènent avec eux tous les outils. Semble-t-il qu'il a fallu faire preuve de beaucoup d'imagination pour compléter certains éléments de l'exposition.