Le chef du Parti libéral Philippe Couillard a visité la Mauricie jeudi.

«En Mauricie, on demeure confiants» - Philippe Couillard

«La Mauricie est l'une des régions du Québec qui seront chaudement disputées.» C'est du moins l'avis du chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, qui faisait jeudi un long arrêt en Mauricie, d'abord à Yamachiche où il s'est attardé plus d'une heure à l'usine Duchesne en compagnie du candidat de Maskinongé, Marc H. Plante, puis à Grand-Mère pour un rassemblement de militants en soirée, dans Laviolette, pays de Julie Boulet.
«En Mauricie, on demeure confiants, assure le chef libéral. Notre message est simple: ensemble il faut travailler sur les vrais enjeux. Et les vrais enjeux, ce n'est pas la séparation du Québec, ce n'est pas la charte, ni des problèmes imaginaires, mais les vrais problèmes d'économie, d'emploi, de santé et d'éducation», martèle-t-il.
S'il y aura vraisemblablement une «bataille Mauricie», il ne prend pas pour acquis le fief de Julie Boulet qu'il compte bien garder dans le giron libéral. Et pour arriver à gagner d'autres circonscriptions, il ne ménage pas sa peine.
«J'en suis à ma sixième visite en Mauricie en un peu plus d'un an. C'est beaucoup. Et moi je suis venu à pied, au niveau du sol, pas en hélicoptère», blague-t-il, en référence au moyen de transport utilisé récemment par la première ministre Pauline Marois lors de son passage à Shawinigan. «Je suis venu voir les gens, prendre contact avec eux. Je n'ai pas fait 85 annonces en une seule semaine. Moi, je veux avoir une connaissance très précise des besoins de la Mauricie.»
Une chose est certaine, Philippe Couillard saisit bien maintenant la réalité de la circonscription de Maskinongé. «Ici, je vois qu'il y a trois comtés en un: la bande industrielle, la bande agricole et plus au nord, la bande touristique. Si on n'est pas venu ici, on ne sait pas ça et on ne peut développer des politiques pour les régions», explique-t-il.
Pour développer les régions, les libéraux misent surtout sur les PME. Après sa visite de deux installations de l'usine Duchesne en compagnie de la présidente Françoise Duchesne, M. Couillard a expliqué comment son parti tentera de venir en aide aux PME, «les vraies créatrices d'emplois».
«Ce qu'on a comme enjeu ici, comme ailleurs, c'est la question de l'innovation des processus. Partout, j'ai eu le même message à l'effet que c'est de plus en plus difficile d'avoir des crédits d'impôt pour l'innovation parce que ça demande des découvertes scientifiques, alors qu'ici, on fait des découvertes de processus, ce qui n'est pas la même chose. On va revenir là-dessus durant la campagne.»
Le chef libéral a ajouté que son parti voulait aussi aider les entreprises à exporter, parce que même si elles ne sont pas énormes, elles peuvent avoir accès aux marchés internationaux. «C'est beaucoup de profits pour ces entreprises et c'est de la création d'emploi. On a présenté le cadre général ce matin, avec notre équipe économique, mais au cours de la campagne, on abordera des mesures plus spécifiques.»
En entrevue avec Le Nouvelliste, après la visite industrielle, le chef libéral a répondu à quelques questions concernant les attentes des maires de Shawinigan et de Trois-Rivières.
Au sujet du traitement équitable des villes, entre autres pour les événements culturels, M. Couillard a reconnu l'importance des festivals en région et a assuré que son parti fera des propositions à ce sujet dans son programme afin que ce soit mieux équilibré. Quant à la question d'autonomie municipale, il a rappelé que le PLQ avait entériné la proposition de l'UMQ qui vise à reconnaître pleinement l'autonomie et le niveau municipal de gouvernance.
Sur la question des millions $ qu'a fait tomber le gouvernement Marois sur la Mauricie après un début de mandat difficile dans la région, Philippe Couillard juge que les gens voient clair et ne s'en laisseront pas imposer par ce genre d'approche, «surtout qu'on ne sait même pas d'où viendra l'argent». «La confiance, ça ne s'achète pas», tranche-t-il.
Lorsqu'on demande à Philippe Couillard comment il compte aborder la question de la charte de la laïcité québécoise, prétexte de l'actuelle campagne électorale, alors que Mme Marois semble personnellement éviter le sujet, il répond qu'il va sûrement souligner la contradiction de la position de la chef péquiste, tout comme celle qu'elle semble avoir face à la tenue ou pas d'un référendum.
«Pour le reste, notre position est connue: on veut baliser les accommodements, on ne veut pas de visage voilé, on ne veut congédier personne dans les hôpitaux et on veut protéger notre patrimoine.»
Plus tard en début de soirée, M. Couillard s'est rendu au centre-ville de Grand-Mère pour un rassemblement avec tous les candidats libéraux de la Mauricie. L'accueil de la centaine de partisans rassemblés par l'organisation de Julie Boulet (on comptait 8 des 10 maires de la MRC de Mékinac) fut si enthousiaste qu'il a visiblement touché Philippe Couillard qui s'est exclamé la main sur le coeur: «Ça me fait du bien!»
Ce dernier a alors livré un discours d'une trentaine de minutes, essentiellement le même qu'il a prononcé à Québec au lancement de sa campagne (emploi, santé, éducation, fierté québécoise qui n'appartient pas qu'au PQ, le Plan nord, etc.), mais où on a aussi appris que s'il devient premier ministre du Québec, il a l'intention de créer un ministère de la Forêt à plein titre, ce qui n'est pas sans intérêt dans une région forestière comme la Mauricie... où on verrait bien Julie Boulet en être la titulaire.