Pour faire la promotion du spectacle que le Marisol Trio offrira ce dimanche au parc des Chenaux de Cap-de-la-Madeleine, le trio de jazz était duo sur cette photo sur laquelle on retrouve la pianiste Marisol Lafrenière et le batteur Keven Juneau.

Du jazz à saveur champêtre

Les concerts champêtres présentés tout au cours de l'été au parc des Chenaux du secteur Cap-de-la-Madeleine couvrent un large spectre de styles musicaux à travers les onze représentations dominicales. Ce dimanche, on invite le public à se baigner dans le jazz en compagnie du Marisol Trio.
La formation est encore jeune puisqu'elle a été crée en 2012 et sa leader, Marisol Lafrenière, est encore étudiante mais aux études supérieures cependant puisqu'elle se consacre aujourd'hui à une maîtrise en musique tout en poursuivant son travail sur scène. Le trio est d'ailleurs né dans le contexte scolaire puisqu'il constituait un projet de fin d'études au baccalauréat pou la jeune femme.
«Je suis allée chercher deux gars qui avaient terminé leur bac au sein de la cohorte de l'année précédente et on a fait le spectacle de fin d'études ensemble pour ensuite poursuivre notre travail en tant que trio à part entière.» Les deux gars en question sont le batteur Keven Juneau et le bassiste David-Alexandre Brousseau.
Comme la jeune pianiste était l'instigatrice du trio, celui-ci s'est forgé sur ses influences à elle. «Je suis beaucoup influencée par le jazz évidemment mais également par la musique populaire. En jazz, j'aime beaucoup Oscar Peterson, Bill Evans, Oliver Jones. Les gars arrivent avec leurs propres influences et ça donne une musique très accessible.»
«Ce n'est pas une volonté initiale de jouer pour plaire au public, explique Keven, mais il s'avère que ce que nous aimons est accessible pour le grand public. D'ailleurs, on a découvert l'importance de toucher le public en jouant: oui, le jazz est basé sur un dialogue entre les musiciens mais ce dialogue-là s'enrichit aussi de l'apport du public. Par exemple, on joue dans des événements où on fait une musique d'ambiance et on a découvert que forcément, la musique est différente de celle qui naît dans des spectacles comme celui de dimanche alors que les gens vont venir spécifiquement pour nous écouter. Leurs réactions vont influencer notre façon de jouer.»
Si on peut s'attendre à des accents aux teintes de musique populaire, l'autre influence importante de la musique du Marisol Trio, qu'on peut entendre sur son site www.marisoltrio.com, c'est le blues. «Le blues est une musique plus épurée, je dirais, commente Marisol, et c'est un style qui me touche. C'est plus viscéral.»
Plus facile à jouer? «Non! Je dirais même que pour moi, c'est plus difficile parce que la simplicité de sa forme nous oblige à travailler plus fort les nuances, les émotions, l'interprétation. Pour moi, c'est même plus exigeant que la virtuosité technique.»
La virtuosité, les membres du trio connaissent. Marisol Lafrenière a d'abord étudié pendant dix ans le piano classique avant d'aborder le jazz dans ses études collégiales.
«Ce qui m'a fait adopter le jazz, c'est l'improvisation. Ça m'attirait énormément. Ça me permet d'être plus créative, de m'affirmer davantage de façon personnelle. Disons que mon style d'improvisation est marqué par un souci mélodique dans une recherche de motifs musicaux accrocheurs.»
Pour Keven, issu davantage de la musique populaire et du rock, le jazz est un constant défi de subtilité où il se doit d'être partenaire du piano, voix première du trio. «Il me faut explorer des textures en exploitant différentes techniques de jeu. J'ai toutes sortes de baguettes différentes pour exprimer toutes sortes de nuances, ce que je trouve vraiment intéressant et plus difficile de la musique rock où la batterie prend parfois plus de place mais est moins subtile.»
Le spectacle sera présenté dès 14 h dimanche et il est peut-être judicieux d'arriver assez tôt puisque l'événement connaît une belle progression au point d'avoir attiré quelque 1200 personnes lors de la représentation offerte par Gaétan Leclerc, le 20 juillet, pendant, il est vrai, la présentation du Symposium d'arts visuels du parc des Chenaux.
Le concert est offert gratuitement.