Le Dr Richard Turcot.

Des soins indispensables à portée de main

C'est grâce à la technologie que le Centre de santé et des services sociaux du Haut Saint-Maurice (CSSSHSM) pourra avoir, dans 18 mois, son centre satellite d'hémodialyse. C'est désormais l'expertise de Trois-Rivières qui fera le voyage à La Tuque plutôt que le patient.
Le projet n'est pas nouveau. Il existe d'autres centres satellites du même genre dans la région. C'est d'ailleurs à Drummondville, en 2001, que le projet de télénéphrologie a vu le jour. À l'époque, il s'agissait d'une première réalisation du genre dans la province. «On est très fier d'avoir pu développer ça et que ce soit rendu à travers le Québec maintenant. On est même envié en France», a souligné le Dr Richard Turcot. Ce dernier est néphrologue, c'est-à-dire un médecin spécialiste du rein, au CHRTR.
Pas moins de 65 patients atteints d'insuffisance rénale, provenant des territoires de Drummondville (40) et Victoriaville (25), peuvent bénéficier de traitements d'hémodialyse près de leur domicile, grâce aux deux centres satellites reliés par télémédecine au Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Trois-Rivières.
«Les patients apprécient vraiment beaucoup le service qu'on leur offre à distance. Ils aiment le fait de pouvoir être traités près de leur domicile et de profiter des soins et services offerts par notre équipe», note Audrey-Ann Milot, conseillère en communication au Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières.
Le CHAUR compte sur une équipe de huit médecins spécialistes pour assurer le suivi des traitements d'hémodialyse d'environ 160 patients à Trois-Rivières, en plus de superviser les services de télénéphrologie.
Le but des unités satellites est d'offrir le service d'hémodialyse dans des régions éloignées. «Le Québec étant très grand, les gens peuvent être dialysés dans leur milieu. C'est ça l'idée des unités, parce qu'il y a des gens qui refusent de recevoir le traitement en raison du transport», explique le Dr Turcot.
«Il n'y a pas seulement le voyagement. Quand il y a des tempêtes, les néphrologues ne vont plus dans les satellites. Si moi je n'y vais pas, j'ai de la difficulté à concevoir qu'un patient puisse venir dans un centre pour recevoir des traitements de dialyse», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le traitement est vital, si bien que quelqu'un qui n'a pas ses traitements d'hémodialyse pourrait mourir chez lui le lendemain.
Avec la télénéphrologie, le patient est traité avec les mêmes soins que s'il se trouvait dans un centre mère. Il s'agit d'une technologie de pointe qui offre une large flexibilité d'intervention au néphrologue.
Celui-ci peut voir son patient au centre satellite, discuter avec lui en toute confidentialité, suivre en temps réel les données du traitement d'hémodialyse en cours, l'ausculter, vérifier son cathéter, le tout avec une caméra robotisée, des images en haute résolution et des instruments électroniques contrôlés à distance. Il peut également accéder directement à ses plus récents résultats d'examens de laboratoires et d'imagerie médicale.
«Ce n'est pas de la visioconférence comme dans les universités. C'est un traitement médical à distance. C'est comme si j'étais sur place, et ma responsabilité est la même», soutient le néphrologue.
D'ailleurs, le médecin spécialiste assure que la qualité de l'acte elle est la même dans un satellite que dans un centre mère.
Si une diminution des cas avait été remarquée dans le passé grâce, entre autres, à la prévention, on remarque depuis quelque temps que le nombre de cas augmente.
C'est d'ailleurs le cas en Haute-Mauricie, où l'on se prépare à recevoir une unité satellite. En plus de la population vieillissante, une autre réalité est prise en considération. «Les autochtones sont très sensibles au diabète et à développer de l'insuffisance rénale. Eux aussi vont pouvoir bénéficier du traitement de dialyse à La Tuque», mentionne le Dr Turcot.