Lors d'un point de presse très tendu, la directrice de l'hébergement au CSSS de Trois-Rivières, Denise Dupont, a refusé de préciser si la pétition allait pouvoir circuler de nouveau à l'intérieur des CHSLD.

«Des pétitions, ce n'est pas une façon de faire»

La direction du Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières a finalement décidé de redonner la pétition au syndicat représentant les préposés aux bénéficiaires des CHSLD, jeudi. Toutefois, il semble peu probable que le fameux document, confisqué mardi, continue de circuler dans les corridors des différents établissements trifluviens.
Au cours d'un point de presse aussi bref que tendu, tenu au centre Saint-Joseph, la directrice de l'hébergement, Denise Dupont, a réitéré son désaccord avec l'utilisation de ce moyen de dénonciation, une initiative lancée par le préposé Yves Donaldson.
«Pour nous, le dialogue est important. Des pétitions, ce n'est pas une façon de faire. Il y a un comité exclusivement formé de préposés aux bénéficiaires en hébergement qui travaille avec moi et la directrice adjointe à améliorer le milieu de vie. Alors des moyens, il y en a beaucoup et le dialogue en fait partie», mentionne-t-elle, tout en rappelant que les établissements de Trois-Rivières ont reçu la note de 98 % lors d'une récente évaluation d'Agrément Canada.
Questionnée à savoir si M. Donaldson allait pouvoir continuer à faire signer sa pétition à l'intérieur des établissements, Mme Dupont a tout simplement refusé de répondre, se contentant de déclarer, à maintes reprises, «que nous favorisons le dialogue», avant de mettre fin abruptement au point de presse.
La directrice de l'hébergement n'a d'ailleurs pas apprécié que des intentions soient prêtées à la direction quant aux motifs ayant mené à la confiscation de la pétition. M. Donaldson avait exprimé craindre des représailles pour les gens ayant apposé leur signature au bas du document.
«Je trouve dommage qu'on tente d'apeurer nos résidents et nos familles qui ont signé cette pétition, en leur faisant croire à de possibles représailles. C'est incroyable», déplore Mme Dupont.
Prochaine étape
De son côté, le syndicat confie qu'il n'a pas reçu d'interdiction formelle pour faire circuler le document, mais qu'il a saisi le message de la direction.
«À mon avis, c'est clair que l'employeur n'est pas d'accord et il ne veut pas voir ça dans son milieu de travail. Mais, je ne peux pas dire qu'il nous l'a exprimé de cette façon-là. Je lis entre les lignes», explique le président du syndicat, André Fleury.
Aujourd'hui, le syndicat rencontrera le préposé Yves Donaldson afin de discuter des prochaines démarches à entreprendre. Parmi les avenues envisagées, il se pourrait qu'une assemblée générale se tienne pour recueillir les opinions des employés. Une pétition électronique pourrait aussi voir le jour pour poursuivre la cueillette de signatures.
«Je vais rencontrer M. Donaldson et regarder avec lui où on devrait s'en aller», souligne M. Fleury.
Yves Donaldson et sa collègue Johanne Frigon doivent rencontrer un représentant du cabinet de la ministre déléguée aux Services Sociaux, Dominique Vien, le 30 août dans les bureaux de la députée de Trois-Rivières, Danielle Saint-Amand.
Les deux intervenants feront alors part de leurs préoccupations sur la qualité des soins de santé dans les CHSLD, en raison du manque de personnel, en plus de présenter la pétition. Jusqu'à présent, M. Donaldson affirme avoir recueilli tout près de 100 noms.