Les travailleurs de la résidence La Villa du jardin fleuri ont manifesté mardi midi.

Des employés mécontents à La Villa du jardin fleuri

Une vingtaine de personnes ont manifesté leur mécontentement devant la résidence pour personnes âgées La Villa du jardin fleuri mardi midi à Trois-Rivières. Des employés ainsi que plusieurs membres du syndicat étaient sur place afin de revendiquer de meilleures conditions de travail. Ils dénoncent des suspensions et mises à pied qui ont été effectuées dans cet établissement de Trois-Rivières récemment.
La frustration était palpable et les employés en avaient gros sur le coeur lors de cette manifestation. Selon le syndicat, l'établissement a déjà compté une quarantaine d'employés, mais il en compterait maintenant 30 pour la même charge de travail. «Il n'y a pas assez d'employés pour les résidents. On ne peut pas donner de soins adéquats dans ces conditions», déplore Benoît Bourassa, préposé aux bénéficiaires et également président de l'exécutif du syndicat. Ce dernier est donc à même de constater les conditions dans lesquelles les employés doivent travailler. Il affirme que des employés ont été mis à la porte pour des raisons «banales» selon lui. «Ils ont voulu dénoncer des injustices et ça n'a pas été apprécié», constate-t-il.
Les employés revendiquent également une augmentation de salaire, eux qui sont présentement rémunérés au salaire minimum.
Un changement à la direction
Depuis six mois, la direction est assurée par M. Raymond Richard. Celui-ci semblait visiblement mécontent de voir ses employés manifester. «Ça va trop loin, ils n'ont même pas le droit de manifester sur le terrain de la résidence. En plus, ils sabotent la cour». En effet, quelques manifestants ont apposé des dizaines d'autocollants du syndicat sur la façade de l'établissement. Un feu a été allumé sur le côté de la cour, mais a rapidement été éteint. Selon M. Richard, les moyens de pression sont effectués par une minorité d'employés de l'établissement. «Il y a le trois quart des employés ici qui ne veulent pas être représentés, c'est la minorité qui fait des problèmes et qui manifeste aujourd'hui», dit-t-il.
Les manifestants affirment ne pas avoir l'intention de se rétracter et escaladeront les moyens de pression s'il le faut. Cela ne semble pas déranger M. Richard outre mesure. Ce dernier assure qu'il n'a pas l'intention de bouger de son côté.
Des négociations trop lentes
Les employés de la résidence La Villa du jardin fleuri sont syndiqués depuis septembre 2012 avec le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES) affilié à la FTQ. Depuis deux ans, aucune convention collective n'a été signée malgré des discussions avec la direction de l'établissement qui n'ont pas été concluantes. La date du 28 juillet est cruciale pour les employés, car il s'agit de la date limite avant de faire appel à l'arbitrage d'une première convention collective.
Présent sur place, Jean-Pierre Ouellet, président du SQEES-298, tenait à offrir son soutien aux employés de l'établissement trifluvien. Il ne comprend pas l'entêtement de la direction qui se dirige vers l'arbitrage pour signer sa convention. «Au lieu de payer un avocat 450 $ de l'heure, il pourrait offrir un meilleur salaire à ses employés», suggère-t-il.
La section locale 298 du SQEES se spécialise dans la syndicalisation de résidences privées pour personnes âgées et en représente déjà une centaine au Québec dont La Villa du jardin fleuri. Cette branche du syndicat travaille activement en ce moment pour que les conventions collectives de ces résidences se terminent toutes en même temps, idéalement en automne 2015, afin de pouvoir créer une table de travail et établir un rapport de force face aux employeurs.