Quatre députés du Nouveau parti démocratique ont formé le groupe Les Bons Jack: Jean Rousseau, Pierre Dionne Labelle, Robert Aubin et François Lapointe.

Des députés du NPD forment Les Bons Jack

Une fois par semaine, quatre députés se retrouvent dans le bureau de l'un d'eux, sur la colline parlementaire à Ottawa. Pas pour discuter politique, mais pour jouer de la musique. Robert Aubin, Pierre Dionne Labelle, Jean Rousseau et François Lapointe ont formé Les Bons Jack pour perpétuer les valeurs de feu leur chef Jack Layton tout en entretenant leur passion personnelle pour la musique.
Le système électoral démocratique fait en sorte qu'une infirmière, un avocat et une ingénieure peuvent se côtoyer sur les banquettes de la Chambre des Communes. Et on peut oublier que chacun de ces élus cultive des intérêts exploités de façon académique, professionnelle ou en loisirs.
Le député de Trois-Rivières Robert Aubin était enseignant au séminaire quand il a été élu sous la bannière du Nouveau parti démocratique en mai 2011. Diplômé en géographie de l'Université Laval et en musique (avec une spécialité en chant) et en pédagogie de l'Université du Québec à Trois-Rivières, il a entre autres chanté au sein des ensembles vocaux Trois Quatre et Vocalys.
À son arrivée à Ottawa, il a été repéré par un collègue du NPD, le député de Rivière-du-Nord, Pierre Dionne Labelle, qui l'a invité à jouer de la musique avec lui dans un café de la capitale. Guitariste s'étant déjà produit comme chansonnier, M. Dionne Labelle avait notamment travaillé pour le Regroupement des organismes communautaires des Laurentides et fut président de l'Association des artistes de la musique et du spectacle des Laurentides.
Un troisième député s'est joint au duo lors du premier caucus national du parti après l'élection, à Terre-Neuve. «Il y avait une soirée de financement pour une association locale, et nos collègues musiciens Charlie Angus et Andrew Cash allaient jouer. Thomas Mulcair m'a appelé pour me dire que ça serait bien d'avoir un équivalent francophone. On a eu deux heures pour se préparer!», raconte Robert Aubin.
«On s'est réunis dans une chambre d'hôtel pour pratiquer; Pierre avait sa guitare et moi je faisais le rythme avec une poubelle renversée. On avait joué Mille après mille, Les ailes d'un ange...», continue François Lapointe, député de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, qui a étudié le saxophone au conservatoire et gagnait sa vie comme sonorisateur lors de son élection.
Constatant le potentiel de leur petit groupe, les trois députés ont cherché un bassiste. C'est le représentant de Compton-Stanstead, Jean Rousseau, qui a répondu à l'appel. «Je suis plus un guitariste métal. Mon répertoire se trouve entre les Beatles et Metallica, en passant par Rush, Black Sabbath, Led Zeppelin, et Jimi Hendrix. J'ai aussi joué dans un groupe commercial dans les années 80», décrit le bachelier en relations industrielles qui joue aussi de la basse.
Le quatuor a choisi le nom Les Bons Jack en hommage au chef du NPD Jack Layton, décédé trois mois après l'élection de 2011. «Dans les pires moments, en campagne électorale, dans l'autobus ou l'avion, Jack prenait sa guitare et commençait à jouer et à chanter jusqu'à ce que tout le monde chante avec lui, même les journalistes! Il avait cette force-là», témoigne François Lapointe.
«La musique représente toute la chaleur, les valeurs humaines que Jack véhiculait», renchérit Jean Rousseau. «C'est un moyen pour entrer en relation avec les gens. On leur apporte le message de Jack sans leur parler de politique», ajoute Robert Aubin. Le groupe a puisé dans les succès d'artistes francophones comme Joe Dassin, Boule Noire, Charles Aznavour, Jean-Pierre Ferland et Daniel Bélanger pour constituer un répertoire d'une vingtaine de titres.
Les quatre députés apprécient ces moments où ils se rencontrent pour faire de la musique. «La vie sur la colline parlementaire peut être anxiogène. Les journées sont assez stressantes. Je pensais que de jouer le soir après le travail serait plus fatigant, mais au contraire, ça me donne de l'énergie», témoigne François Lapointe. «La vie de politicien, c'est sept jours sur sept. La musique nous permet de conserver notre équilibre mental», indique Robert Aubin.
Les Bons Jack se produisent en public lors de spectacles organisés par les associations néo-démocrates comme activités de financement. «Dans la crise de cynisme de la population envers les politiciens, c'est une façon culturelle, une façon sympathique d'amasser des fonds», fait remarquer le député de Rivière-du-Nord.
Le groupe a déjà donné un spectacle à Saint-Jérôme, et il sera à l'affiche le samedi 22 mars à l'Espace VIP de la rue Saint-Laurent à Trois-Rivières. Les personnes intéressées peuvent se procurer des billets au coût de 20 $ en téléphonant au 819 840-3820. D'autres dates sont aussi prévues à Gatineau, Sherbrooke et Kamouraska.