Marie-Josée Hamelin, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSSÉ (CSN).

Des bénéficiaires mieux servis au CSSS de l'Énergie?

L'annonce de la réorganisation au Centre de santé et de services sociaux de l'Énergie survient après un cri du coeur lancé dans nos pages, samedi, par Louise Boisvert et Lynda Mailloux. Les deux dames dénonçaient alors le manque de personnel au centre d'hébergement Laflèche, qui entraîne de pénibles situations à leurs proches.
La directrice générale du CSSSÉ, Martine Rioux, croit que le fruit de cette réorganisation pourrait permettre d'améliorer ce genre de situation.
«Nous avons des masses critiques pour assurer une stabilité de nos équipes de travail», explique-t-elle. «Nous aurons des unités un peu plus grandes que celles qui existent au centre d'hébergement Joseph-Garceau. Des unités optimales, de 30 à 35 lits, où nous pourrons mieux distribuer les ressources matérielles et humaines pour aider à une meilleure répartition du travail et favoriser le travail des équipes soignantes.»
Marie-Josée Hamelin, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSSÉ (CSN), considère que le problème lui paraît beaucoup plus profond. Elle représente pas moins de 1200 membres, notamment les préposés aux bénéficiaires.
«Est-ce que les remplacements ont tous été donnés?», questionne-t-elle. «Est-ce qu'on fait de la récupération budgétaire sur le dos des travailleurs? La question se pose. À chaque année que le bon Dieu amène, vers la fin de l'année financière, les unités en centre d'hébergement sont à moins un ou à moins deux sur les effectifs, surtout les fins de semaine. C'est récurrent!»
«Le réaménagement des locaux n'aura aucune conséquence sur les soins à donner», ajoute Mme Hamelin. «Dans l'ensemble, on peut être d'accord avec ce plan. Mais en ce qui concerne les échéanciers, est-ce réaliste ?»
La représentante syndicale profite de l'occasion pour déplorer les commentaires de la députée sortante de Laviolette, Julie Boulet, qui réagissait à la situation vécue par Mmes Boisvert et Mailloux en fin de semaine.
«Nous vivons encore les restes du règne des libéraux en santé», mentionne-t-elle. «Le PQ a aussi fait de l'optimisation de service, mais c'est dommage qu'elle se fasse du capital politique quand son gouvernement a été le premier à couper. Mme Boulet est au courant de la situation depuis longtemps.»
Parlant de politique, Mme Rioux n'a pas voulu profiter de la campagne électorale en cours pour lancer un cri du coeur au nom de son organisation aux aspirants députés. La santé, faut-il le rappeler, demeure l'une des grandes préoccupations de la population lorsqu'elle est interpellée sur les enjeux qui la touchent.
«Je n'entrerai pas là-dedans; des gens sont nommés pour ça et ils font bien leur travail!», esquive la directrice générale.