Le jeune violoncelliste Stéphane Tétreault a comblé d'aise, samedi soir, le public trifluvien avec une interprétation exceptionnelle du concerto pour violoncelle op. 104 d'Antonin Dvorak, lors du premier programme de l'OSTR en 2014.

Déjà un moment fort de l'année pour l'OSTR

Pour sa première prestation avec l'OSTR, on peut dire que le tout jeune violoncelliste Stéphane Tétreault n'a pas raté sa chance de créer une bonne première impression. Il a comblé d'aise le public trifluvien avec une interprétation exceptionnelle du concerto pour violoncelle op. 104 d'Antonin Dvorak dans le cadre du premier programme de 2014 pour l'orchestre trifluvien samedi soir.
L'OSTR avait décidé de se tourner vers le nouveau monde en ce début 2014 et concocté un programme étoffé ayant toutes les chances de plaire aux mélomanes.
Sous la baguette du chef invité David Hayes, un Américain qui faisait ses débuts en terre canadienne, on a ouvert la soirée avec Primus tempus, une pièce du compositeur québécois Denis Gougeon qui a assisté au concert.
En s'inspirant du printemps, le compositeur a conçu une oeuvre généreuse et même foisonnante nous faisant partager toute l'effervescence de la vie qui s'éveille. Une pièce toute en contrastes qui a forcé l'orchestre à exploiter les extrêmes de l'interprétation allant du tonitruant aux plus fines nuances et le faisant même parfois directement. Une mise en bouche tout à fait intéressante.
Le plat de résistance a suivi immédiatement, sans attendre la seconde partie du concert. Armé de son violoncelle Stradivarius «Comtesse de Steinlein» de 1707, Stéphane Tétreault a été appelé à s'attaquer à ce que le chef David Hayes a appelé, en français SVP, «...une des grandes pièces pour violoncelle du répertoire et également une des plus touchantes».
Dès qu'il s'est assis, Tétreault est apparu très concentré. Il s'était refusé à dire, en entrevue, de quelle façon il aborderait l'oeuvre, pourtant jouée maintes fois par le passé, indiquant que ça se passerait dans l'inspiration du moment. Inspiré, le jeune homme de 20 ans l'était, assurément. Il a offert une interprétation fervente et pleine d'émotions, jouant comme si les notes lui sortaient directement du coeur.
Faisant littéralement corps avec son instrument, il a joué habité, avec une intensité que trahissait son expression physique exhubérante du début à la fin de ce concerto. L'oeuvre explore tout le spectre de l'intensité sonore et Tétreault l'a jouée avec énormément de nuances sans jamais y perdre en passion. Et comme l'oeuvre est touchante, on a senti que les musiciens de l'orchestre partageaient cette intensité. Même qu'une complicité manifeste a uni Tétreault au premier violon solo de l'orchestre, Marie-Josée Arpin, complicité nourrie par des regards et des expressions qui n'ont pas échappé au public.
Les quelque 700 spectateurs ont réservé une ovation sentie au jeune prodige au terme de sa prestation; on ne voit pas comment il aurait pu en être autrement. Le garçon a reçu cette marque d'appréciation avec ce qui apparaissait comme une très sympathique timidité en contraste radical avec l'attitude conquérante qui a marqué son interprétation. Il ne fait guère de doute qu'il s'agira d'un des moments marquants de la saison.
La seconde partie de la soirée a été consacrée à Dvorak, toujours, avec sa symphonie # 9 en mi mineur Du Nouveau Monde, une pièce non seulement très connue mais particulièrement appréciée de tous les publics. Si elle n'a pas provoqué le même bruyant enthousiasme que le concerto pour violoncelle, elle doit avoir comblé les coeurs. Avec son aspect grandiose, ses thèmes qui nous semblent si familiers et qui viennent nous rappeler que nous sommes aussi le nouveau monde, c'est une oeuvre touchante à laquelle l'OSTR a fait honneur.
L'année est certes bien jeune encore mais on a déjà l'impression d'en avoir vécu un moment fort avec ce premier concert de l'OSTR. Il ne reste plus auxmusiciens et au directeur musical qu'à trouver le moyen de se surpasser de nouveau dans les prochains.