Le chef de la communauté, Christian Awashish.

Début d'année chargé pour Opitciwan

Le chef de la communauté atikamekw d'Opitciwan, Christian Awashish, connaît un début d'année mouvementé. Plusieurs dossiers sont sur la table; sécurité publique, revendications particulières et négociations bilatérales.
Les réactions des communautés de Wemotaci et de Manawan se font toujours attendre dans le dossier des négociations bilatérales avec Québec. Le silence perdure depuis le rejet de l'entente-cadre par les membres de la communauté d'Opitciwan en décembre dernier.
Pour sa part, le chef Awashish estime que le dossier est clos. D'une façon ou d'une autre, le résultat est sans équivoque selon lui et il est maintenant temps de passer à autre chose.
Il faut dire que le résultat a suscité certaines réactions des membres du conseil d'Opitciwan lors du dévoilement du vote. Certains élus ont exprimé leur désaccord avec la façon dont l'information a été véhiculée par des individus de la communauté.
«Ils ont perçu ça comme de la désinformation, qui aurait pu faire pencher la tendance vers le non, mais l'exercice du droit de vote a été respecté. Il faut respecter ça. Ç'a été fait dans les règles de l'art. [...] On a eu un processus de consultation qui a duré plus d'un mois. C'est un délai raisonnable de réflexion et les gens se sont exprimés», affirme Christian Awashish.
Pour ce dernier, c'est maintenant un retour à la case départ. «On est revenu au même endroit qu'à l'été 2012 avant qu'on signe l'entente-cadre de négociations. Si le Québec entend s'asseoir avec une vision plus juste, on les invite à le faire, nos gens n'attendent que ça», soutient-il.
Il faut dire qu'en juin 2012 les Atikamekws avaient perturbé les opérations forestières sur le Nitaskinan en imposant un blocus et que toutes les options sont présentement étudiées par la communauté d'Opitciwan.
Procès
Le chef Awashish est présentement à Montréal pour la suite du procès intenté par sa communauté devant le Tribunal des revendications particulières.
Les revendications concernent l'inondation de la réserve d'Opitciwan lors de la mise en eau du réservoir Gouin, en 1918. La communauté atikamekw d'Opticiwan réclame principalement une compensation pour les dommages et inconvénients subis par leur communauté en raison d'un retard d'une vingtaine d'années à créer la réserve d'Opitciwan en raison de cet événement.
Sécurité publique
Après les procédures qui devraient s'étirer sur deux semaines, le chef recevra la visite du sous-ministre québécois du ministère de la Sécurité publique, Martin Prud'homme à la fin du mois. Il s'agira de la deuxième rencontre entre les deux hommes.
«On s'attend à avoir une réponse de leur part concernant nos demandes pour stabiliser notre organisation policière. [...] On n'attendra pas à minuit moins une comme l'année dernière, on veut avoir une réponse lors de sa visite et, si on juge ça insatisfaisant, on va prendre une décision. À la limite ce sera le retour de la Sûreté du Québec», explique le chef Awahish.
«Les gouvernements maintiennent leur position qu'il n'y a pas plus d'argent. Nous, nous n'avons pas tourné autour du pot, on a présenté les rapports, les documents et le nécessaire. Maintenant, c'est oui ou c'est non, on ne veut pas jouer avec les mots. C'est un service essentiel et on doit avoir toutes les ressources nécessaires», insiste-t-il.
Rappelons que Christian Awashish avait signé, à contrecoeur, l'entente tripartite concernant la sécurité publique dans les communautés des Premières Nations en juillet dernier.
À l'échéance de l'entente, en mars 2013, les agents de la Sûreté du Québec (SQ) avaient pris la relève des policiers autochtones qui avaient dû cesser leur travail, puisqu'aucun accord n'avait été conclu. Les dirigeants souhaitaient mettre la main sur un financement supplémentaire d'un million de dollars.
«Le dossier de la sécurité publique a fait mal aux finances du Conseil. On a eu un déficit important et il n'est pas question de répéter la même situation», assure-t-il.