Le film Le poète danois a constitué un des meilleurs moments des P'tites vues, la soirée de projection de courts métrages d'animation qui avait lieu au centre culturel Pauline-Julien mardi soir dans le cadre des Nouveautés de l'ONF.

De la grande animation

La 17e édition des Nouveautés de l'ONF a pris fin mardi soir avec la présentation des P'tites vues au centre culturel Pauline-Julien du secteur Cap-de-la-Madeleine.
Avec la présentation prochaine de la soirée de remise des Oscars, on avait concocté un programme fait de sept courts métrages d'animation de l'Office national du film ayant soit remporté un Oscar ou ayant été sélectionnés et ayant fait partie de la courte liste des finalistes sans toutefois être officiellement en nomination pour mériter la précieuse statuette.
La poignée de spectateurs présents ont ainsi pu voir Voisins, de Norman McLaren (Oscar 1953), Chaque enfant, d'Eugene Fedorenko et L'anniversaire de Bob, d'Alison Snowden et David Fine (Oscar 1995), Le poète danois, de Torill Kove, (Oscar 2007), Gloria Victoria, de Theodore Ushev, Jeu de l'inconscient, de Chris Landreth et Terre d'écueil, de Michelle et Uri Kranot.
L'invité d'honneur de cette soirée était Normand Roger, un musicien qui a composé de nombreuses trames musicales pour des films d'animation tant au Canada qu'à l'étranger et a écrit la musique de plusieurs films ayant remporté la célèbre statuette hollywoodienne. Il a d'ailleurs été un proche et fidèle collaborateur du grand cinéaste québécois Frédéric Back décédé en 2013.
L'éventail des films présentés avait le mérite d'offrir non seulement une qualité constante mais également une belle variété de genres et de styles qui démontrait bien l'étendue de l'inspiration des concepteurs. On retrouvait quelques films humoristiques comme il sied si bien au genre mais également des films d'art au propos lourd.
À ce titre, il convient de mentionner Gloria Victoria, une oeuvre d'art très personnelle et une exploration esthétique extrêmement impressionnante qui flirte pratiquement avec la terreur tant son propos sur le déclin des civilisation est lourd et sombre. L'animation peut également servir à ça.
À l'opposé, Le poète danois est un bijou de finesse et d'humour bon enfant inséré dans un conte tout simple et profondément réjouissant, ce qui ne l'empêche pas d'être porteur d'un propos édifiant. Entre ces deux extrêmes, s'inscrit le tout premier film ayant valu un Oscar à l'ONF, Voisins, du grand réalisateur Norman McLaren, un film qui a exploré la pixilation, une forme d'animation encore expérimentale au début des années 50 et qui, derrière une approche fantaisiste, creusait l'idée de la guerre à travers un simple conflit entre voisins.
Cette soirée fort intéressante nous a rappelé, puisqu'il faut bien se rafraîchir la mémoire de temps en temps, la grande force du cinéma d'animation canadien, l'extraordinaire parcours de l'ONF depuis sa fondation et la place privilégiée qu'occupent les créateurs d'ici dans l'histoire même du 7e art. Sans compter que cela rappelle aux amateurs que le cinéma d'animation est, lui aussi, de l'art.