Le réalisateur Daniel Grou a créé une chimie particulière avec l'équipe de son tout nouveau film, Miraculum. Il est ici en compagnie de son interprète principale, Marilyn Castonguay, et du scénariste et interprète Gabriel Sabourin.

Daniel Grou signe un quatrième long métrage avec Miraculum

Le réalisateur Daniel Grou est peut-être mieux connu du grand public sous son pseudonyme de Podz mais pour la réalisation de Miraculum, son dernier long métrage qui prendra l'affiche le 28 février, il a retrouvé son nom de naissance. Le signe, peut-être, de la fierté qu'il éprouve pour cette oeuvre complexe et habile.
«C'est la première fois que je signe de mon vrai nom sans le Podz et je ne sais pas trop pourquoi. Pourtant, c'était clair que je voulais le faire ainsi. Peut-être parce que je me dis que les gens commencent à savoir qui je suis.» Après Les sept jours du Talion, 10 1/2 et L'affaire Dumont, pas de doute, en effet, que les cinéphiles savent qui il est.
Cette fois, ils signe une oeuvre ambitieuse qu'il maîtrise fort bien. «J'ai travaillé beaucoup en fonction du second degré. C'est un film qui parle de la mort, du destin, des questions profondes qui m'ont toujours habité. Ç'a toujours été au centre de mes films, quelque part, mais j'ai l'impression que je les aborde plus directement ici.»
On sent sa touche caractéristique dans la sobriété du traitement, dans le souci de créer des atmosphères suggestives. «Je voulais que le sujet demeure dans la tête des spectateurs après le visionnement, que ça les préoccupe; dans leur inconscient, peut-être. C'est pour ça que l'atmosphère prend de la place, que c'est un film qui suggère un état second. Je laisse cependant la liberté aux gens de tirer leurs propres conclusions. De toutes façons, les questions concernant le sens de la vie n'ont pas de réponse. Chacun peut avoir la sienne propre. On voit un personnage central qui décide de prendre sa vie entre ses mains après un cheminement mais chacun peut ou non être d'accord avec sa démarche.»
Si lui et le scénariste Gabriel Sabourin abordent de front une question de nature religieuse, ils le font non pas en fonction de leurs croyances personnelles mais dans une préoccupation pour la spiritualité. «On est dans des choses plus grandes que nous. Je veux simplement que les gens y songent. Je veux engager un dialogue avec les spectateurs sur ce genre de question. J'ai été élevé dans un contexte de foi catholique mais je m'intéresse aux différentes croyances. J'ai une préoccupation pour le spirituel.»
Si la mort est une préoccupation assumée, son parcours professionnel témoigne néanmoins d'un gros appétit pour la vie. «C'est vrai que la création est un peu comme une façon de lutter contre la mort. C'est, assurément, une façon de donner un sens à ce qui n'en a pas, une façon d'avoir un peu de contrôle sur les choses. Tous les personnages de Miraculum sont accros à quelque chose. Moi, je suis accro à la création; à la vie, si on veut. C'est très grisant, la création.»
Ce film choral où plusieurs histoires indépendantes sont traitées simultanément peut sembler complexe à mettre en scène et le processus créatif des concepteurs en témoigne. «Au moment du montage, on a réécrit la façon de raconter l'histoire parce que je cherchais à être plus conforme aux intentions du scénario de Gabriel au départ. En mettant un scénario en image, il arrive qu'on lui donne un sens un peu différent.»
«On a travaillé étroitement ensemble Gabriel et moi. C'est lui le scénariste officiel mais on a étroitement collaboré à certaines étapes. Seulement, à un moment donné, il faut que le scénariste abandonne et passe le flambeau au réalisateur. J'ai eu toute la latitude nécessaire dans ma réalisation. Gabriel savait que je respecterais son oeuvre et j'ai le sentiment de l'avoir fait. De toute façon, dès le départ, on a été sur la même longueur d'onde. Ce n'est que tout dernièrement qu'il a vu le film mixé dans sa version finale. Il l'a beaucoup aimé.»
Daniel Grou est fidèle à ses interprètes et il retrouve ici Marilyn Castonguay, déjà vue dans L'affaire Dumont. «Marilyn possède des qualités assez rares. Quand la caméra se pose sur elle, il y a une émotion qui se transmet directement au spectateur sans qu'on sache trop d'où ça vient. Elle a une profonde connexion avec la caméra avec un minimum d'efforts. Et elle est très généreuse sans jamais tenter d'influencer une scène que tu tournes.»
Presque toute sa distribution est constituée de vedettes établies, preuve que le réalisateur s'est définitivement fait un nom dans le monde du cinéma. Ce qui ne l'empêchera pas de retourner à la télévision en abordant bientôt le tournage de la troisième saison de 19-2. Sous le nom de Podz.