L'équipe de Brad Jacobs (au centre) assure le troisième titre olympique d'affilée pour le Canada.

Curling: domination totale

Une performance parfaite, c'est ce qu'a offert le Canada avec à sa tête Brad Jacobs lors de la finale de curling. Jamais je ne me serais attendu à une telle domination face à la Grande-Bretagne.
Dès le début du duel, on a rapidement vu que les représentants de l'unifolié étaient dans une classe à part. Ils auraient pu déposer chacune de leurs pierres avec leur main et ils n'auraient pas fait mieux. Il n'y a pas de doute qu'ils profitaient d'une bonne préparation et d'un contrôle exceptionnel.
À vrai dire, je ne me souviens pas d'avoir vu un aussi fort début de match, ce qui était très décourageant pour les Britanniques, qui ont rapidement compris qu'ils étaient obligés d'être parfaits pour revenir de l'arrière.
Cette pression a sans aucun doute nui au skip de l'équipe perdante, David Murdoch, qui n'a montré un taux d'efficacité que de 69 %, contrairement à 95 % pour Jacobs. Le coup de grâce pour la Grande-Bretagne a sans contredit été au quatrième bout. Elle avait l'opportunité de prendre deux points et de réduire l'écart à 5-3 et ainsi avoir le sentiment que tout était encore possible.
C'est toutefois le contraire qui s'est produit, et c'est le Canada qui s'est sauvé avec un point. C'était le début de la fin pour les Britanniques, qui ont dû se contenter de l'argent.
L'entraînement est payant
Pour la première fois depuis le retour du curling aux Olympiques en 1998, le Canada est champion olympique chez les hommes et les femmes. Cette domination s'explique sans contredit par les méthodes d'entraînement des équipes, qui allouent maintenant beaucoup plus de temps à la musculation, mais aussi au temps passé sur la glace à lancer des pierres.
À une certaine époque, on pensait qu'être bon ou non au curling était presque inné et qu'il n'y avait pas de possibilité de s'améliorer. Ce n'est plus le cas. Il y a aussi un fort travail qui est fait sur la préparation mentale et les joueurs sont bien rodés. Les entraîneurs savent aussi comment utiliser la pause après le cinquième bout pour ramener les troupes à l'ordre en cas de problématique. On l'a bien vu lors de la finale des femmes, jeudi.
Propos recueillis par Nicolas Ducharme