L'artiste trifluvien Guy Langevin, au premier plan, joue le rôle de commissaire de l'exposition Printed in Taïwan mettant en vedette 27 artistes taïwanais. De gauche à droite, quatre de ces artistes chinois en visite à Trois-Rivières: Lai Cheng Hui, Kuo Bor-Jou, Shen Chin Yuan (Rock), commissaire, et Hwang Shyh-Twan.

Créé à Taïwan, exposé ici

La renommée trifluvienne dans le monde de l'estampe n'est plus à faire mais elle se concrétise encore davantage présentement avec la présentation de l'exposition Printed in Taïwan à Trois-Rivières et sa contrepartie, Printed in Canada, à Taipei, qui aura lieu dès le 23 août prochain.
Pour le premier des deux volets, 27 artistes de Taïwan exposent plus d'une centaine de leurs oeuvres sur les murs des deux salles du centre d'exposition Raymond-Lasnier de la Maison de la culture trifluvienne.
Une délégation de quatre artistes chinois était d'ailleurs en visite à Trois-Rivières ces derniers jours pour assister au vernissage de l'exposition, dimanche, et pour une réception civique à l'hôtel de ville trifluvien lundi. Les deux commissaires de l'exposition sont Rock Shen Shen Chin Yuan et Guy Langevin.
C'est ce dernier qui a procédé au choix des 25 artistes canadiens dont les oeuvres seront exposées à Taïwan. De ce nombre, retenons les quatre artistes de la région sélectionnés: Isabelle Dumais, Mylène Gervais, Frédérique Guichard et Guy Langevin.
«Pour offrir une sélection représentative de ce qui se fait ici, j'ai cherché à m'assurer que les grandes régions du pays, d'est en ouest, étaient représentées, d'indiquer l'artiste trifluvien déjà avantageusement connu dans les milieux de la gravure en Chine continentale où il a été invité à quelques reprises dans le cadre d'événements prestigieux. J'ai demandé à chacun de nous présenter des oeuvresconséquentes pour avoir un éventail de grande qualité.»
«La visite de nos amis chinois a été courte, cinq jours, mais intense. Nous avions prévu plusieurs rencontres avec différents artistes d'ici et des visites d'ateliers. L'exposition, quant à elle, offre un très large spectre d'oeuvres. Sans qu'on l'ait voulu, on y constate nettement deux tendances marquantes de la gravure chinoise: la tradition et la modernité mais conjugués de toutes sortes de façons très différentes.»
«Pour au moins trois des quatre visiteurs, c'est une première visite en Amérique du Nord. C'est un monde nouveau pour eux. Qu'on soit de n'importe où, il reste que ce sont les échanges humains qui sont les plus importants. Pour nous, c'est ainsi que les réseaux se forment et la plupart du temps, il y a des suites à pareilles rencontres. Il y a l'exposition de Taipei mais il y a déjà d'autres projets sur la table pour plus tard.»
«L'Asie est le berceau de la gravure, il y a là une tradition unique au monde qui, aujourd'hui, se conjugue avec le modernisme. J'ai pu constater qu'ils ont un bagage traditionnel, particulièrement pour la gravure sur bois, mais aussi une grande soif d'apprendre les techniques plus utilisées en Occident. Les Chinois sont de grands techniciens mais très préoccupés par le côté introspectif de l'art. Pour eux, l'intériorité est extrêmement importante, ce qui me rejoint personnellement beaucoup et je pense que c'est justement un aspect de mon travail qui les intéresse beaucoup.»
Du côté chinois, Rock Shen Chin Yuen se disait ravi de sa visite.
«Pour plusieurs, c'est une première visite en Amérique alors, c'est emballant. C'est vraiment une grande fierté d'exposer ici. La rencontre avec l'art canadien est également très stimulante parce qu'on peut comparer les techniques de travail, les médiums et les inspirations, différentes des nôtres. Tout ça favorise une nouvelle compréhensionmutuelle et une appréciation renouvelée de ce que nous faisons, chacun de notre côté du monde. Tout cela est très excitant pour nous.»
L'exposition trifluvienne sera présentée jusqu'au 9 mars.