Charles Hamelin a dominé le 1500 mètres, hier, avec une force incroyable.

Courte piste: d'un bout à l'autre

Charles Hamelin était dans son élément: il a mené la course du 1500m d'un bout à l'autre pour remporter la deuxième médaille de l'histoire du Canada sur cette distance, après celle de Marc Gagnon à Salt Lake City.
Je n'ai pas été surpris outre mesure, bien que toute la crème des patineurs prenait le départ de l'épreuve. C'est en avant que Hamelin se sent le mieux. Il évite alors les accrochages qui sont tellement fréquents dans notre sport.
Par contre, on raconte qu'un meneur de course force davantage que ses adversaires. C'est 25 % plus difficile, selon les spécialistes. Je ne connais pas d'autres athlètes en patinage de vitesse qui sont en mesure de tenir aussi longtemps devant le groupe sur 1500m.
La journée a donc très bien commencé pour ses partisans au pays. Dans les entrevues qu'il donnait avant l'ouverture des Jeux, Charles rappelait souvent qu'il visait l'or au 500m ainsi qu'au relais, histoire de défendre ses deux titres olympiques. La vérité, c'est qu'il se retrouve au sein du prestigieux top-3 dans toutes les catégories: il a des chances de gagner à chacune de ses courses.
Sa prestation au 1500m me laisse croire qu'il pourrait devenir l'athlète le plus décoré de l'histoire des Olympiades pour un athlète canadien. Les plus optimistes sont même allés jusqu'à parler d'une récolte de quatre médailles d'or uniquement à Sotchi! Difficile de s'avancer sur le sujet, car nous n'en sommes qu'au quart des compétitions.
En analysant cela froidement, j'estime qu'il a d'excellentes chances de remporter le 1000m et le relais. Pour ce qui est du 500m, tout va se jouer au départ: il s'agit de la course la plus difficile à prévoir selon moi. En tant qu'entraîneur, je suis toujours un peu étonné d'entendre des gens dire que notre sport n'est pas rapide.
C'est vrai qu'à la télévision, on a souvent l'impression que les athlètes n'avancent pas. Pourtant, les vitesses de pointe hier approchaient les 50 km/h... pour un 1500m! J'ai d'ailleurs eu une bonne frousse à la fin de la course, quand Charles a semblé perdre l'équilibre au dernier virage.
Une chute aurait provoqué une immense déception, à l'image de celle du 1000m à Vancouver. Mais il a su se rattraper et éviter le pire. Il a démontré à quel point sa forme physique est exemplaire.
Propos recueillis par Louis-Simon Gauthier