De passage à Bécancour mardi, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a présenté son cadre financier. Il était accompagné des membres de son équipe économique, dont Martin Coiteux et Carlos Leitao.

Couillard dévoile son cadre financier

Philippe Couillard a choisi une des régions du Québec les plus éprouvées économiquement pour dévoiler, mardi à Bécancour, son cadre financier. Il a d'ailleurs mis la première ministre Pauline Marois au défi d'en faire autant avant le débat des chefs.
Le message du chef libéral est clair, des décisions difficiles devront être prises pour redémarrer l'économie et une gestion rigoureuse sera nécessaire pour atteindre la cible d'un surplus budgétaire dès 2015-2016.
«Dès le lendemain de son arrivée au pouvoir», a-t-il précisé, son gouvernement lancera une révision des programmes avec comme but des compressions de 1,3 milliard $, qu'il croit pouvoir réaliser au cours des deux premières années du prochain mandat. Une commission permanente de révision des programmes sera créée pour veiller au grain et le chef libéral n'a pas écarté l'idée hier, que les résultats soient rendus publics régulièrement.
Sans annoncer un avenir rose, M. Couillard s'est montré optimiste pour les prochaines années, soulignant que, déjà aux États-Unis, on pouvait voir l'économie recommencer à ronronner, ce qui est de bon augure pour le bois d'oeuvre québécois, a-t-il souligné.
«Dès les jours qui suivront notre élection, des mesures pour relancer l'économie et l'emploi seront adoptées», a-t-il promis. Le chef du Parti libéral a même assuré que ses politiques économiques permettront de rejoindre la croissance canadienne. «C'est essentiel pour accroître les revenus de l'État sans augmenter les taxes et les impôts des contribuables», a-t-il expliqué.
Il a aussi promis que les missions essentielles de l'État, la santé et l'éducation, seront protégées. Les budgets de ces deux ministères augmenteront respectivement de plus de 4 % et de 3,5 % par année tandis que les crédits des autres ministères seront gelés pour cinq ans. Avec ce cadre financier, les dépenses devraient être maintenues sous la barre des 3 %, estiment les libéraux. Les sociétés d'État ne seront pas épargnées dans la recherche de l'équilibre budgétaire et elles devront dégager des gains d'efficacité, sans accroître les prix ou les tarifs.
Le résultat de toutes ces mesures devraient se traduire par un répit aux familles de la classe moyenne. En plus de l'abolition progressive de la taxe santé, les tarifs des services de garde seront indexés à compter de 2015, «ce qui évitera aux familles le choc tarifaire des augmentations annoncées par le Parti québécois», d'ajouter Philippe Couillard. Ces hausses devraient d'ailleurs être annulées. Des détails sont à venir à ce sujet.
Si des surplus sont dégagés aussi rapidement que prévu, ils devraient être alloués à 50 % aux réductions d'impôt pour les contribuables de la classe moyenne et à la réduction de la dette par des versements supplémentaires au Fonds des générations.
L'annonce d'hier sonnait comme de la musique aux oreilles de Jean-Denis Girard, qui n'y voyait que du bon pour une reprise économique en Mauricie et au Centre-du-Québec. Le candidat libéral dans Trois-Rivières s'est dit un grand admirateur des gens qui composent l'équipe économique des libéraux, Jacques Daoust, Martin Coiteux et Carlos Leitao - également présents hier -, des gens qu'il a l'habitude de suivre tous les jours dans le cadre de son travail chez Desjardins, assure-t-il.
«On a reparlé du Plan nord et de la stratégie maritime. L'entreprise qui est annoncée aujourd'hui à Bécancour et qui va produire du gaz liquide, (Stolt LN Gaz inc) on en a besoin sur la Côte Nord. C'est un exemple concret des emplois créés ici et qui sont reliés au Grand Nord et à notre stratégie maritime. Trois-Rivières avec son port peut très bien tirer son épingle du jeu. J'en ai encore parlé avec des entrepreneurs, hier, qui ont hâte qu'on relance le Plan nord parce qu'ils avaient déjà commencé à s'y préparer.»
M. Girard veut bien admettre que l'annonce faite hier à Bécancour se fait sous un gouvernement du Parti québécois, preuve que ce parti n'est pas si effrayant qu'on le prétend pour les investisseurs, mais, note-t-il, ce genre d'entreprise discute pendant des années avant de s'implanter.
Philippe Couillard a refusé de commenter le sondage CROP-La Presse de mardi, qui donne les libéraux en avance. Il s'est toutefois demandé s'il ne fallait pas voir un signe de panique dans l'arrivée dans la région, hier, d'une douzaine de ministres péquistes. Il a confié qu'il n'a pas l'intention de riposter par une armada libérale. Quant à Jean-Denis Girard, qu'on place au coude à coude avec son adversaire péquiste, Alexis Deschênes, il ne compte pas déroger à son plan de campagne.