La chanteuse Coral Egan sera en spectacle à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture ce samedi 1er février à 20 h. Elle y présentera son album The Year He Drove Me Crazy.

Coral Egan, l'authentique

Il s'était passé cinq ans depuis la parution de son album précédent quand Coral Egan a présenté son plus récent, The Year He Drove Me Crazy, en 2012. Ces cinq années auront permis à la chanteuse aux alliances jazz d'intégrer les éléments que la vie lui a imposés ou proposés, et d'en arriver à produire ce qu'elle considère comme son «meilleur album».
La sortie de Magnify en 2007 correspondait aussi à la naissance de sa fille Lola quelques mois plus tôt. Le défi de la nouvelle maternité en solo, combiné à une remise en question personnelle et professionnelle ont teinté le quotidien de l'artiste qui s'est par ailleurs retrouvée avec des polypes aux cordes vocales...
Finalement, après une période d'arrêt, Coral Egan a recommencé à créer en s'entourant de nouveaux collaborateurs dont Albert Chambers, qui a coécrit avec elle la majorité des dix chansons du disque. «C'est mon meilleur album. J'en suis fière. La pause était nécessaire; pour moi mais pour le public aussi, qui est bombardé de musique», soutient la Montréalaise.
«On dirait qu'il y a une obligation que les artistes produisent beaucoup, peu importe ce qui se passe dans leur vie personnelle. L'effet de cette «obligation» est qu'on a moins le temps pour travailler à l'intérieur d'un processus de création», observe-t-elle en appréciant le délai entre ses deux derniers disques.
Les trois premiers opus de Coral Egan avaient été réalisés par Charles Papasoff. Le quatrième tient plus d'une démarche collaborative où la chanteuse a laissé éclater le contrôle qu'elle s'était moralement approprié sur ses autres productions.
«Ce que je voulais faire, pour cet album, était de ne pas garder tout le contrôle, de faire confiance, de façon à ne pas me limiter dans les possibilités. Je me suis bien entourée. L'important est le casting. Il faut choisir les gens à qui on peut donner notre confiance. Cet album est spécial parce qu'il n'est pas juste conçu par moi. Je peux l'écouter avec plus de recul», décrit-elle.
Sur scène, samedi à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, la chanteuse sera entourée de quatre autres musiciens pour reproduire assez fidèlement le contenu du disque. «J'ai essayé de garder l'énergie et les beaux arrangements de l'album. Je suis connue comme auteure-compositrice jazz, mais j'ai quand même un style à moi. Je veux garder cette énergie-là sur scène aussi», explique la fille de la chanteuse jazz Karen Young.
L'authenticité fait partie du discours de l'artiste qui affirme: «J'aime ça partager l'intimité avec les gens, partager ce que je suis sur scène. Comme public, moi, j'aime sentir que la personne devant moi est vraie et pas juste une image. Moi, je ne suis pas une star, je n'ai pas une image à promouvoir. C'est la musique que je souhaite mettre à l'honneur. Je veux honorer la chanson, peu importe le style.»
Coral Egan est déjà en travail de création en vue d'un prochain projet. Mais aucune date de parution d'album ne peut être envisagée, premièrement pour respecter l'idée de prendre son temps pour créer «sans obligation», et deuxièmement parce la chanteuse devra trouver une nouvelle maison de disques, puisque son contrat avec Justin Time est terminé.