Réjean Hébert

Construction du centre d'hémodynamie de 6,5 M$ au CHRTR cet été

Le courant passe à nouveau entre le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, et la direction du Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières.
Et pour cause! Il n'était plus question de coupes de services, vendredi, mais bien du début de la construction cet été du nouveau centre d'hémodynamie, de la création d'un centre affilié pour le traitement du cancer du poumon et enfin de la désignation du CSSS de Trois-Rivières comme Centre régional en gestion de la douleur chronique en consortium avec le Centre de réadaptation InterVal. Exit donc, le dossier Optilab. Place aux bonnes nouvelles, et ce, toujours dans le cadre de la tournée extraordinaire du caucus du Parti québécois en Mauricie et au Centre-du-Québec.
Déjà annoncé par l'ex-ministre de la Santé et des Services Sociaux, Yves Bolduc, le nouveau centre d'hémodynamie a franchi la dernière étape de sa concrétisation dimanche, avec la confirmation du début de sa construction cet été, pour une ouverture à l'automne 2015. Rappelons que l'hémodynamie est la science de la circulation sanguine qui permet de poser des diagnostics et de traiter divers problèmes touchant principalement les artères qui alimentent le coeur.
L'annonce faite dimanche consiste en un investissement non récurrent de 6,5 millions $, rendu nécessaire par le nombre de procédures coronariennes qui pourraient être réalisées localement, soit 1500.
«Ce volume est assez important pour assurer la qualité de l'acte médical et nous encourage à maintenir le corridor de services avec l'Institut de cardiologie de Montréal uniquement pour les cas plus complexes ou à risques élevés et qui nécessitent des soins ultraspécialisés», a confié le ministre Hébert.
Concrètement, cet investissement permettra d'agrandir de 610 mètres cubes le sous-sol de l'aile B du CHRTR et de 323 mètres carré son rez-de-chaussée. Ces travaux de construction, évalués à 3,7 M$, seront assumés à hauteur de 1 M$ par la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières et de 2,7 M$ par l'Agence de santé et des services sociaux Mauricie et Centre-du-Québec.
Le ministère investira pour sa part 2 881 000 $ pour l'acquisition de l'équipement et du mobilier. À ces investissements totalisant 6 581 000 $ s'ajoute aussi un budget annuel de 2 750 000 $ alloué au CSSS par le ministère pour le fonctionnement du nouveau centre.
La députée de Champlain, Noëlla Champagne, a souligné que cet investissement permettra à la population de la région d'être soignée dans un délai optimal et surtout à proximité de chez elle, tout en dégageant des places à l'Institut de cardiologie de Montréal. Soulignant la contribution importante de la fondation régionale pour la santé Trois-Rivières, Mme Champagne a confié que cela lui donnait l'envie d'envoyer un chèque... tout en invitant la population à faire de même.
Une autre annonce, chaudement applaudie par les médecins qui assistaient au point de presse du ministre de la Santé, concernait la désignation du Centre hospitalier affilié universitaire régional du CSSS de Trois-Rivières comme centre régional affilié pour le traitement du cancer du poumon (chirurgie). La directrice générale du CSSS de Trois-Rivières, Lucie Letendre, s'est réjouie de cette annonce qui confirme le rôle régional du Centre hospitalier affilié universitaire dans  plusieurs spécialités et qui s'inscrit dans la volonté de l'établissement d'offrir des services intégrés dans la lutte au cancer.
Le docteur Yves Lamirande, directeur des services professionnels et des affaires médicales du CSSS de Trois-Rivières, a renchéri en déclarant «qu'en concentrant dans notre établissement toutes les chirurgies pour le cancer du poumon traitées dans la région, cela contribuera au maintien de l'expertise de l'équipe multidisciplinaire. Ainsi, ce sont plus de 125 patients par année qui pourront être traités localement par des spécialistes en chirurgie, pneumologie, oncologie, pathologie, radiologie, ainsi qu'en soins intensifs et en médecine nucléaire.»
Le ministre Hébert a également profité de son passage au CSSS Trois-Rivières pour annoncer que l'établissement, en consortium avec le centre de réadaptation InterVal, a passé haut la main le processus de désignation et formera ainsi le Centre régional en gestion de la douleur chronique de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Le mandat du nouvel organisme sera d'assurer la prestation de services cliniques de deuxième ligne, destinés aux personnes souffrant de douleur chronique, de veiller à la diffusion de connaissances propres à ce champ d'activité, et d'offrir un soutien aux intervenants de première ligne de la région.
On a précisé que ce volet d'enseignement et de transfert de connaissance devra répondre aux besoins des professionnels de la santé dans un contexte de formation continue et se concrétiser avec la collaboration du Centre d'expertise en gestion de la douleur chronique du Réseau universitaire intégré de santé de l'Université de Montréal. «Ce centre de douleur chronique sera un soutien pour les gens qui retournent chez eux après une intervention», a noté Mme Letendre.
Bien que le ministre Hébert en était déjà à sa 3e visite au CHRTR depuis un an et demi, et que la directrice générale du CHRTR, Lucie Letendre, ait admis que ces annonces venaient compléter, pour un temps du moins, la gamme des services offerts dans cet établissement, (on attend la concrétisation de la deuxième phase du CHRTR) la députée Noëlla Champagne a invité le ministre à revenir pour une quatrième annonce.
À plusieurs reprises, le docteur Hébert a souligné «l'expertise» et du CHRTR ainsi que «les services» de qualité qui y sont offerts. «Je l'ai dit au niveau des laboratoires et je tiens à le répéter», a-t-il confié comme pour sceller la paix une fois pour toutes.  
Rappelons que les conclusions d'un rapport du ministère de la Santé  recommandait le transfert d'une partie des services du laboratoire du CHRTR vers Sherbrooke, ce qui avait semé la consternation dans le milieu médical régional. Une idée qui a été abandonnée depuis, a assuré le ministre.
Interval maintenant
Présente à la conférence de presse du CHRTR, dimanche, la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, a rappelé que c'est le ministre Yves Bolduc qui, en juillet 2012, avait annoncé l'autorisation du déploiement du service d'hémodynamie dans cet établissement.
Cette petite précision politique faite, la députée a dit espérer que les yeux se tournent maintenant vers le Centre de réadaptation InterVal qui a besoin d'investissements majeurs.
«Il faut regrouper sur un seul site les pavillons d'InterVal. C'est notre prochain cheval de bataille en santé dans la région. J'en ai parlé à  Noëlla Champagne. InterVal est le parent pauvre des infrastructures. Ses locaux sont vétustes. Le dossier est monté et prêt, il ne reste qu'à en faire une priorité.»
Lorsqu'on lui demande si elle est maintenant rassurée sur la pérennité du laboratoire du CHRTR dans le cadre du projet Optilab, la députée a répondu que oui, même si comme tout le monde, «elle n'a pas bien saisi ce qui c'était passé au juste dans le dossier».
Le ministre Réjean Hébert est donc reparti avec le bénéfice du doute.