Quelques dizaines de personnes se sont rendues lundi à l'hôtel de ville afin de signer le registre pour s'opposer au règlement d'emprunt de 53,1 M$ pour la construction du futur colisée.

Colisée: déjà plusieurs dizaines de personnes ont signé le registre

Le règlement d'emprunt de 53,1 M$ afin d'aller de l'avant avec la construction du nouveau colisée municipal au District 55 ne plaît visiblement pas à tout le monde.
À l'occasion de l'ouverture du registre permettant aux citoyens de s'exprimer sur ce projet, plusieurs dizaines de personnes se sont rendues à l'hôtel de ville, lundi, afin de le signer pour s'opposer au règlement d'emprunt, le plus important jamais entériné par le conseil municipal depuis la fusion de 2002.
L'adoption d'un tel règlement d'emprunt doit faire l'objet d'une signature de registre pour être réputé approuvé. D'ici jeudi soir, 19 h, les citoyens habilités à voter qui sont en désaccord avec ce règlement d'emprunt peuvent se rendre à l'hôtel de ville et signer le registre. Si 2031 personnes se présentent et signent, le conseil municipal devra soit abandonner le règlement d'emprunt, soit procéder par référendum.
Lundi avant-midi, on comptait une vingtaine de signatures sur le registre. Or, dès le début de l'après-midi, d'autres personnes se sont présentées, allant même jusqu'à une dizaine de personnes en vingt minutes à un moment où Le Nouvelliste se trouvait sur place. Difficile toutefois de dire combien de personnes au total ont signé, la Ville se refusant à dévoiler les résultats avant la fin de la période de signatures, jeudi soir.
Le règlement d'emprunt de 5 M$ servant à financer les services professionnels, comme les plans et devis, n'avait pourtant fait l'objet que d'une très petite contestation et avait été réputé approuvé assez aisément en janvier 2016. Or, à entendre les personnes qui sortaient de l'hôtel de ville après avoir signé, lundi, ce montant passe cette fois difficilement dans le contexte actuel.
«Je ne veux pas d'un colisée déficitaire qu'on va payer à coûts de taxes mal utilisées. Je suis outré que le District 55 se développe en modèle digne des années 70, pendant que le centre-ville meurt. Ce sont des terres arables où l'on aurait pu planter des arbres, cultiver, mais ce n'est pas le genre d'affaires que le maire penserait.
Le modèle actuel est classique: les risques vont aller au public et les profits iront au privé. La bière et les hot-dogs, ce sont les chums du maire qui vont les vendre, mais les éventuelles réparations iront sur nos comptes de taxes. C'est un développement avec lequel je ne suis pas d'accord», a résumé Dominic Bérubé.
De son côté, la coordonnatrice du Comité logement Trois-Rivières, Diane Vermette, tenait elle aussi à apposer sa signature sur le registre.
«Je travaille dans le communautaire et j'aimerais mieux qu'on investisse pour le monde que pour de la brique», résume celle dont l'organisme travaille actuellement sur un projet de logements sociaux de type coopérative sur les terrains de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, et qui espère que son projet, «plus structurant», recevra lui aussi toute l'attention de la Ville lorsque le temps sera venu.
Information
Appelé à commenter la signature du registre par plusieurs citoyens, le conseiller municipal et candidat à la mairie, Jean-François Aubin, soutient que la Ville a besoin de glaces supplémentaires, mais qu'il faudra tenir compte de l'opinion des gens si la contestation dépasse les 2031 signatures.
«À mon avis, il faudra s'asseoir avec les citoyens. Si autant de gens se montrent en défaveur du projet tel qu'il est, c'est que ça ne répond pas à leurs attentes et qu'il faudra travailler pour rendre le projet acceptable», remarque-t-il.
M. Aubin rappelle que la Ville a plusieurs arénas qui cheminent vers leur fin de vie utile ou qui auraient besoin d'investissements majeurs, et qui n'obtiendront pas une aide financière aussi importante que pour une nouvelle construction, étant donné que Québec assumera 50 % de la facture du nouveau colisée. Ayant voté en faveur du règlement d'emprunt, comme l'ensemble du conseil municipal, il se dit cependant prêt à écouter les citoyens si la contestation devait être très forte.
Malgré plusieurs tentatives, il n'a pas été possible de joindre le maire Yves Lévesque, lundi, pour obtenir ses commentaires. En entrevue à Radio-Canada Mauricie, le maire a indiqué que le projet avait déjà traversé deux étapes importantes, soit l'achat du terrain à près de 4 M$ ainsi que le processus des plans et devis, nécessitant un emprunt de 5 M$.
«Si on voulait s'opposer, il fallait s'opposer au départ. On ne s'oppose pas une fois que le projet est sur les rails et que tout est avancé», a-t-il déclaré.