Le président du Syndicat des professeur(e)s, Pierre Baillargeon.

Colisée à l'UQTR: l'enthousiasme n'est pas partagé par tous

Le scénario présenté mercredi par la direction de l'UQTR concernant le projet de colisée sur le campus sera présenté au conseil d'administration de la Fondation de l'UQTR, le 13 mai, a indiqué hier le président, Jean-Guy Paré.
Ce dernier estime que la Fondation pourrait s'engager dans ce projet de la même manière qu'elle l'a fait dans celui du campus de Drummondville.
Pour le campus de Drummondville, rappelle-t-il, la Fondation avait amassé 8,3 millions $. Cet argent servira à la construction et à alléger le règlement d'emprunt de 30 millions $.
Si l'UQTR reçoit 26 millions $ de subventions du gouvernement pour son projet de colisée, elle devra faire un règlement d'emprunt pour défrayer le solde de son projet de 53 millions $ présenté mercredi.
La Fondation prévoit une prochaine campagne en 2017 et entend donc dédier une partie des fonds au colisée du campus trifluvien afin de diminuer la dette de l'Université dans ce projet. M. Paré perçoit le projet de colisée ou Centre d'excellence régional académique et sportif (CERAS) très positivement. «Ça va mettre de la vie sur le campus», dit-il.
Mais tous ne partagent pas l'enthousiasme de la direction et de la Fondation.
Le président du Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR, Pierre Baillargeon, reconnaît qu'on ne peut pas être contre la création d'un Centre d'excellence régional académique et sportif.
«La question est qu'on nous chante la chanson que l'Université est sous-financée», rappelle-t-il. Lors de la dernière négociation, le Syndicat avait même modéré ses demandes «en fonction des besoins de l'Université. On n'a pas demandé d'augmentation de salaire. On est allé avec le coût de la vie. On a été à l'écoute», rappelle-t-il, «parce qu'ils sont dans le rouge», dit-il.
«Et les gouvernements n'investissent plus dans les universités», ajoute M. Baillargeon. «Donc, on n'a pas les moyens, mais on a une belle opportunité. Durant les 25 ou 30 prochaines années, il faut que les engagements pris par les autres partenaires fassent en sorte qu'on n'aille pas piger dans le budget de fonctionnement», dit-il. En d'autres termes, comme le résumait le Syndicat dans la dernière édition de son journal interne: «Les sommes destinées à l'enseignement et à la recherche ne doivent surtout pas servir à payer le salaire du conducteur de zamboni.»
Pierre Baillargeon compare la situation actuelle à un couple ayant beaucoup de difficultés à boucler les fins de mois et qui gagnerait tout d'un coup une maison de luxe dont il n'arriverait pas à défrayer les coûts d'électricité et d'entretien.
Le président de l'Association générale des étudiants de l'UQTR, Mathieu Roy se dit rassuré lorsque la direction promet que le budget de fonctionnement de l'Université ne serait pas touché par l'implantation de l'infrastructure comme telle. Là où il se pose des questions, c'est sur la capacité à long terme de l'UQTR de supporter cette infrastructure.
Il n'y a pas de budget qui a été déposé encore pour le long terme», dit-il. «Le rectorat s'est montré ouvert à le donner. Par contre, ce ne sont pas des données qu'il possède pour l'instant», indique M. Roy, à la lumière de la rencontre tenue mercredi matin avec la direction.
L'AGÉUQTR s'inquiète aussi pour la question du stationnement du campus «qui est déjà à pleine capacité», indique Mathieu Roy. Bref, résume-t-il «la grande question qui reste, c'est: est-ce qu'on a les moyens de nos ambitions sur le long terme?»
Le président du Syndicat des professeurs de l'UQTR indique qu'il serait souhaitable que la direction de l'UQTR fasse un sondage auprès de la communauté universitaire concernant le projet.