Le Centre intégré en pâtes et papier du campus de l'UQTR ne sera finalement pas vendu pour taxes impayées

CIPP... tous les fils sont maintenant attachés

Tous les fils sont maintenant attachés dans le dossier du transfert du Centre intégré en pâtes et papiers. Le Nouvelliste a appris que le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, a confirmé une aide financière de 7,2 M$ sur 10 ans qui permettra à l'Université du Québec à Trois-Rivières d'acquérir le CIPP et de maintenir ses activités de recherche et de formation.
Pour une raison inconnue, l'annonce officielle n'a pu être faite avant le déclenchement de la campagne électorale. Une lettre du ministère, datée du 28 février, confirmant les intentions de Québec, a été acheminée à la rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali. On y lit que conséquemment à cette entente, l'université trifluvienne pourra contracter un prêt de 8,5 M$ remboursable sur une période de 10 ans afin de procéder à l'acquisition de l'immeuble du CIPP. On ajoute que le prêt pourra servir à rembourser les sommes dues par le CIPP, soit 6,5 M$ en taxes municipales et 600 000 $ en taxes scolaires de même que le paiement des taxes de vente applicables, 1,4 M$, lors de l'acquisition de l'immeuble.
En outre, le ministère de l'Enseignement supérieur versera à l'UQTR une aide financière pendant 10 ans de 7,2 M$ de même que les intérêts en découlant. Le montant de l'aide financière tient compte de l'engagement de la Ville de Trois-Rivières à verser une aide de 1,3 M$ à la fondation de l'UQTR dès le remboursement des taxes municipales dues par le CIPP.
En acquérant l'immeuble, l'UQTR recevra également une subvention de 1,2 M$ sur une base annuelle pour les espaces occupés à des activités d'enseignement selon les règles budgétaires de financement en vigueur pour les terrains, les bâtiments et le maintien des actifs.
De son côté, le ministère des Ressources naturelles continuera d'assumer ses responsabilités liées au remboursement du solde de la dette hypothécaire sur l'immeuble s'élevant à près de 16 M$.
Enfin, la Ville de Trois-Rivières recevra du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire une compensation en lieu de taxe d'environ 600 000 $ par année.
Du côté de l'UQTR, la vice-rectrice Johanne Giguère était très heureuse de la tournure des événements, même si la façon dont l'université a appris la nouvelle ne lui a pas permis de servir vin et petits fours pour la célébrer. Mme Giguère dit avoir pris connaissance de la décision de Québec le 10 mars dernier seulement, date d'arrivée de la lettre datée du 28 février.
«Je dirais que le projet de règlement est très favorable pour l'université et qu'il met fin à un dossier de longue haleine, débuté en 2007, a-t-elle commenté. Ce genre de dossier n'est jamais simple lorsqu'il y a de l'argent en cause. C'est souvent long, complexe et ça implique plusieurs ministères et partenaires. Pour arriver à une concertation, il faut franchir les étapes une à la fois et s'assurer que tout le monde est d'accord. C'est long. Disons qu'on a traversé plusieurs élections avec ce dossier», a-t-elle souligné en riant franchement.
La prochaine étape concerne les titres de propriété du CIPP, la fermeture de ses états financiers et la fin des activités de l'organisme sans but lucratif qui disparaît. Quant à ce qui se passe à l'intérieur, ce sera business as usual, autant pour les chercheurs que les professeurs.
Mme Giguère a aussi tenu à souligner que l'UQTR a toujours travaillé étroitement avec la Ville et le ministère de l'Enseignement supérieur pour dénouer ce dossier.
«Contrairement à ce qui a pu se dire, on n'a jamais senti du côté de la Ville la moindre confrontation ou une volonté de ne pas régler le dossier. C'était une question de gestion de risque et je pense que la Ville avait atteint son seuil de tolérance, ce qu'on respecte, car nous gérons aussi des fonds publics. L'avis de vente pour non-paiement de taxes ne nous a pas placés en confrontation, on s'est plutôt remis au travail ensemble pour tenter de dénouer ce dossier-là», a conclu la vice-rectrice.
Il va sans dire que le candidat péquiste dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, s'est réjoui de la fin heureuse de ce dossier litigieux, même si l'annonce n'a pu être faite officiellement par le gouvernement.
«Ça (l'annonce) permet de sauver un centre de recherche. Nous, on croit à l'économie du savoir et à l'innovation. Ça permet d'assurer la relance de l'industrie forestière. Ce qui se fait au CIPP n'est pas très connu mais c'est très intéressant, c'est de la recherche très poussée, dont du papier bioactif. C'est important pour nous qu'il y ait un maillage entre le savoir et les entreprises et pour cela, il faut des centres de recherche. Il fallait que ça reste. C'est aussi une bonne nouvelle pour la Ville, comme pour l'UQTR. C'est un geste du Parti québécois qui démontre que Trois-Rivières est importante pour le Parti», a-t-il conclu.