CHRTR: «On ne peut rester sans se battre» - Julie Boulet

L'ex-ministre déléguée à la Santé et aux Services sociaux et actuelle députée libérale de Laviolette, Julie Boulet, estime que la décision de Québec dans le dossier Optilab de transférer une partie des activités d'analyse des laboratoires de Trois-Rivières vers ceux de Sherbrooke ne peut être basée sur autre chose que la politique partisane, puisque ce déplacement favorise le comté du ministre de la Santé, Réjean Hébert.
«C'est triste, décevant et inéquitable pour la Mauricie, a-t-elle confié. La région doit se mobiliser pour défendre ce dossier. C'est très important», prévient-elle.
Mme Boulet rappelle qu'après des années de travail intense, la Mauricie peut maintenant se vanter d'avoir un pôle d'excellence en médecine avec un laboratoire performant et qu'il faut protéger ces acquis.
«On dit que les coûts économisés seraient négligeables, que ça désorganiserait nos services professionnels et que l'organisation des soins serait moins optimale, alors je ne comprends pas. Absolument pas. Quels sont les arguments à la base de ce choix? J'ose croire que la décision du ministre n'est pas arrêtée.»
Mme Boulet ajoute que si la région ne réagit pas, elle sera inquiète pour la suite des choses. «Quand des services glissent vers une autre région, tu te demandes où ça va finir. On a travaillé tellement fort pour faire du CHRTR un pôle d'excellence, un hôpital supra régional. Tout le monde est satisfait des services et de l'équipe de spécialistes en place. Si on a de la difficulté à recruter à l'avenir parce que les spécialistes n'ont plus les outils nécessaires pour travailler, c'est là que la population risque d'être touchée. Ça ne fait pas de sens cette décision! On est partis de si loin et on est si fiers de ce centre hospitalier-là. Si on lui enlève des moyens, j'ai de grandes inquiétudes.»
La députée est d'autant plus surprise d'apprendre que même l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec ignore tout de l'argumentaire de la décision, que l'agence connaît cette dernière depuis le mois de décembre.
«Qu'est-ce qu'elle a fait l'agence pour défendre la région? J'ai un certain malaise vis-à-vis ça, moi», note-t-elle tout en admettant que la position de l'agence est très inconfortable, prise entre le ministère et la population. «C'est offensant pour la population. Comment se fait-il qu'on n'ait pas posé plus de questions, qu'on n'ait pas gratté plus que ça? On ne laisse pas faire ça. On ne peut rester sans se battre pour notre hôpital.»
La députée ajoute qu'elle espère que sa collègue de Champlain, Noëlla Champagne, saura exiger et obtenir des explications lors de la rencontre qui doit avoir lieu aujourd'hui avec le ministre responsable de la région, Yves-François Blanchet, et le CSSS de Trois-Rivières, à un endroit et une heure qui demeuraient encore inconnus, hier en fin d'après-midi, le ministre Blanchet ayant refusé de donner ces informations au Nouvelliste.
La députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, a contacté pour sa part le cabinet du ministre Hébert, ainsi que l'agence de santé pour tenter d'obtenir des explications.
«J'ai aussi envoyé une lettre au ministre Hébert avec copie au ministre responsable de la région, Yves-François Blanchet, ainsi qu'à la députée Noëlla Champagne, pour leur dire que j'implorais le ministre de ne pas amputer les laboratoires du CHRTR dans l'élaboration de son projet Optilab. Au bureau du ministre Hébert, on m'a dit qu'on comprenait la situation, qu'il y aurait une rencontre et qu'ils étaient très à l'écoute. Alors, j'espère un dénouement heureux.»