Le projet Optilab pourrait créer des changements importants dans le fonctionnement des laboratoires des centres hospitaliers de la région.

CHRTR: Bécancour pourrait aussi être touchée

Bien qu'on ait tenté de se faire rassurant mercredi, au ministère de la Santé et des Services sociaux au sujet du projet Optilab déposé en décembre dernier et de ses répercussions sur la région gérée par l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec, et surtout sur le laboratoire du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, plusieurs questions restent sans réponse.
Une de ces dernières concerne le Centre de santé et des services sociaux Bécancour-Nicolet-Yamaska. En effet, le docteur Christian Carrier, chef du département de biologie médicale du CSSSTR-CHAUR et président de la table des chefs de médecine spécialisée de la Mauricie et du Centre-du-Québec, craint que de nouveaux pouvoirs administratifs soient attribués en fonction de structures qu'on appelle les RUIS (réseau universitaire intégré de santé).
Il en existe quatre au Québec reliés à l'Université de Sherbrooke (dont relève tout le Centre-du-Québec), l'Université de Montréal (dont relève la Mauricie), l'Université McGill et l'Université Laval.
Ils ont été créés en 2003 par l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, afin de favoriser la concertation, la complémentarité et l'intégration des missions de soins, d'enseignement et de recherche des établissements de santé ayant une désignation universitaire et des universités auxquelles sont affiliés ces établissements.
Sachant cela, des intervenants du réseau de la santé se demandent pourquoi les CSSS de Drummondville et d'Arthabaska-et-de-l'Érable seraient les seuls touchés par la nouvelle réorganisation des laboratoires mais pas le CSSS Bécancour-Nicolet-Yamaska, lui aussi membre du RUIS de Sherbrooke.
Mais surtout, on veut savoir si le ministère de la Santé remet en question l'organisation des services de santé qui s'est toujours faite sur la base d'un territoire sociosanitaire défini, et administré par une Agence de santé et de services sociaux.
Le Nouvelliste a pu parler mercredi à une attachée de presse du ministre (ce dernier étant retenu à l'étranger)  mais sans obtenir de réponse à toutes ses questions, sinon que la logique des regroupements de laboratoires est effectivement bel et bien basée sur les territoires des RUIS.
«On est rendus à l'étape de mise en oeuvre et de la concrétisation sur le terrain (du projet Optilab), explique Ariane Lareau. C'est pourquoi, il y aura des rencontres dans les prochaines semaines. Si des problèmes sont soulevés en termes de services à la population, d'impacts imprévus ou de difficultés de faisabilité, le ministère sera à l'écoute. Une attention particulière sera portée au travail qui sera fait par les deux agences soit Mauricie-Centre-du-Québec et Estrie.»
Cela dit, on est aussi très clair au ministère: seuls les échantillons prélevés au Centre-du-Québec prendront la direction du laboratoire de Sherbrooke. Le projet Optilab ne mentionne pas de transfert de patients.